GROUPEMENT FORESTIER COOPÉRATIF DE LA BAIE-DES-CHALEURS

Refuges forestiers pour les membres

À ce jour, l’entreprise a créé deux prototypes. Le Boréalis (photo) possède deux étages, un toit en pente et une mezzanine tandis que le Canadensis a un étage ainsi qu’un toit avec deux pentes. Les deux bâtiments possèdent une superficie de 16x12

À ce jour, l’entreprise a créé deux prototypes. Le Boréalis (photo) possède deux étages, un toit en pente et une mezzanine tandis que le Canadensis a un étage ainsi qu’un toit avec deux pentes. Les deux bâtiments possèdent une superficie de 16x12

Photo: courtoisie

10 Oct. 2017

Le Groupement forestier coopératif de la Baie-des-Chaleurs se lance dans la troisième transformation! Il fabrique maintenant des refuges forestiers. Destiné aux membres, ce nouveau service pourrait également être proposé à plus grande échelle.

Marie-Claude Boileau

«On voulait depuis quelques années lancer un projet de troisième transformation. En même temps, on désirait innover dans nos services à nos membres. Une demande que l’on croyait intéressante était le côté villégiature des terres à bois. Dans toute la panoplie de services qu’on offre, c’est-à-dire coupe de bois, travaux sylvicoles et voirie, la construction de refuges forestiers pour terre à bois s’ajoute maintenant au panier », explique PIERRE-LUC DESJARDINS, directeur général du Groupement forestier coopératif de la Baie-des-Chaleurs (GFCBC).

À ce jour, l’entreprise a créé deux prototypes. Le Boréalis possède deux étages, un toit en pente et une mezzanine tandis que le Canadensis a un étage ainsi qu’un toit avec deux pentes. Les deux bâtiments possèdent une superficie de 16×12. M.Desjardins explique que l’ossature est faite en épinette blanche qui provient de la compagnie Temrex. La finition extérieure a été arrondie pour donner l’apparence du bois rond. Les murs sont des planches de 2×4 de cèdre embouveté. L’aménagement et la finition intérieurs sont au choix de l’acheteur.

Pour construire ces refuges forestiers, l’entreprise utilise surtout du cèdre de l’Est, une essence abondante dans la région, mais qui est peu mise en valeur. «Il y a beaucoup de possibilités forestières pour le cèdre, surtout dans le secteur de Bonaventure. Pratiquement tous nos propriétaires ont une cédrière. On l’aménage de façon convenable notamment en favorisant la régénération naturelle », fait-il savoir. Ainsi, le GFCBC récolte le cèdre chez leurs membres comme il le fait déjà. Une partie est donc acheminée à une usine qui les scie. Ensuite, la coopérative retourne chercher les planches, puis les assemble à son garage. Le directeur général se réjouit de pouvoir utiliser le bois localement et de pouvoir le mettre en valeur.

Selon M. Desjardins, les minichalets intéressent bien des gens. «Ça répond à un autre besoin. Le Boréalis intéresse ceux qui aiment le glamping et le plein air parce que ça permet d’avoir une chambre en haut et une salle de séjour en bas. Les forestiers sont plus intéressés à l’autre pour servir de refuge et de place pour se réchauffer », signalet- il. Le prix de vente est de 16 000 $ pour le Boréalis et de 12 000 $ pour le Canadensis. Les membres du GFCBC ont toutefois un rabais de 2000 $. «On leur propose [ces refuges] à prix très compétitifs. En même temps, ça nous porte à nous perfectionner pour ensuite être capable de viser l’exportation pour ces produits- là », avance-t-il.

La recherche et le développement pour leurs produits a été un point important sur lequel ils ont travaillé. «C’est assez difficile d’obtenir de l’aide pour la recherche et le développement. On n’en a pas eu beaucoup », fait-il savoir. Pour vendre les refuges forestiers à prix compétitifs, le GFCBC a cherché à améliorer la façon qu’on emboîte les panneaux pour qu’ils ne travaillent pas, qu’ils se manutentionnent et s’assemblent bien. «On a effectué beaucoup de travail pour optimiser la manutention et l’assemblage des panneaux. On s’est amélioré et l’on croit que ça va être intéressant à moyen terme », confi e-t-il.

Le GFCBC mijotait ce projet depuis plusieurs mois. Déjà lors de la construction de son garage en 2015, le groupement pensait utiliser une partie de l’espace pour ce produit. Ce n’est qu’en décembre 2016, après avoir reçu les plans réalisés par un architecte, que cette nouvelle aventure a été commencée. Deux employés ont été affectés aux refuges forestiers. «On travaille sur des soumissions qui pourraient créer plusieurs emplois si l’on obtient ces contrats. On regarde beaucoup les campings et les secteurs de villégiature », souligne-t-il. M. Desjardins raconte que le groupement a déjà oeuvré dans la troisième transformation. «Mais ce n’était pas notre expertise. On a donc fermé ce projet- là », dit-il. Toutefois, l’idée n’a pas été abandonnée pour autant. «On sait que ça prend de la troisième transformation pour mettre en valeur nos produits. Si l’on ne fait rien, on n’avancera pas. On veut prendre le leadership là-dedans. On veut contrôler notre destinée », conclut-il.