Rendez-vous national de la forêt québécoise

Le Rendez-vous de la relance

Jocelyn Lessard, directeur général de la FQCF, Marc Beaudoin, directeur général de RESAM, et Pierre-Maurice Gagnon, président du conseil d’administration de la Fédération des producteurs forestiers du Québec durant le Rendez-vous.

Jocelyn Lessard, directeur général de la FQCF, Marc Beaudoin, directeur général de RESAM, et Pierre-Maurice Gagnon, président du conseil d’administration de la Fédération des producteurs forestiers du Québec durant le Rendez-vous.

Photo: Guy Lavoie

26 Nov. 2013
Claude Morin

« La filière bois québécoise entre aujourd’hui dans une nouvelle étape et se tourne vers l’avenir. Ensemble, nous ferons en sorte que la forêt du Québec continue de nous enrichir. Qu’elle foisonne d’emplois et qu’on y fasse pousser la fierté ». – PAULINE MAROIS, première ministre du Québec.

Préparation exemplaire, respect mutuel, diagnostic clairvoyant, dégagement de consensus, investissements significatifs et présence de la première ministre aux délibérations ont favorisé le succès du Rendez-vous national de la Forêt québécoise à Saint-Félicien au Lac- Saint-Jean, les 21 et 22 novembre derniers. Un cadre financier global évalué à 675 M $ réparti sur trois ans, des budgets prévisibles, trois chantiers majeurs de suivi du Rendezvous et surtout, la reconnaissance du travail bien exécuté en forêt semblent avoir procuré un nouvel élan au secteur forestier québécois.

La fierté retrouvée

Embourbé dans une crise qui n’en finissait plus de finir, le secteur forestier québécois veut se donner une nouvelle impulsion, autant dans le soutien aux emplois existants que dans le développement de nouveaux créneaux prometteurs. « La forêt est au coeur de notre histoire et elle doit retrouver le sentiment de fierté chez tous les Québécois » a mentionné la ministre des Ressources naturelles, MARTINE OUELLET. L’instigateur et cheville ouvrière du Rendez-vous de Saint-Félicien, le député de Roberval, DENIS TROTTIER, abonde dans le même sens : « Je pense que les personnes qui oeuvrent dans le secteur de la forêt sont des gens fiers du métier qu’ils exercent. Il faut maintenant redonner à toutes et à tous cette fierté collective à l’égard de la forêt et des produits du bois. Pour moi, le bois est une ressource noble, écologique et surtout renouvelable. C’est pourquoi, je suis un ardent promoteur de l’ensemble de la filière bois qu’elle soit liée à la semence ou aux marchés internationaux. La forêt, c’est l’or vert de demain, » a tenu à exprimer l’adjoint parlementaire aux dossiers Forêts.

Un large consensus

Parmi les démarches préalables pour favoriser les accords lors du Rendez-vous de Saint-Félicien, élus et fonctionnaires ont considéré les points de vue d’environ 150 personnes, représentant une quarantaine de groupes impliqués d’une manière ou d’une autre en forêt publique ou privée. Cette nécessaire préparation a contribué à la pertinence des échanges et a facilité le dialogue entre les partenaires. Malgré les lourdes pertes subies durant la récente crise économique et financière, le secteur forestier demeure un acteur dominant de l’économie québécoise : l’industrie, à elle-seule, procure un emploi à 63 mille personnes et possède des infrastructures manufacturières dans toutes les régions du Québec.

Pour le président du Conseil de l’industrie forestière du Québec, ANDRÉ TREMBLAY, il faut mettre en valeur le fait que le Québec est devenu un chef de file de la certification forestière sur son territoire. « Il faut qu’on sache sur la scène internationale que le Québec est le leader mondial en terme d’aménagement forestier. Je pense que c’est une responsabilité conjointe de l’industrie et des gouvernements de porter ce message », a-t-il indiqué.

Le Rendez-vous a suscité la mise sur pied d’un Forum stratégique gouvernement – industrie qui a reçu le mandat d’identifier les priorités d’action pour assurer la pérennité et le développement de l’industrie. La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, en coprésidera les destinées avec un dirigeant d’entreprise. Un Comité interministériel sur les entrepreneurs forestiers devrait permettre d’identifier les problématiques et de trouver des solutions. Plusieurs autres champs d’actions ont aussi obtenu l’assentiment général des participants dont celui d’insuffler un nouvel élan à la Charte du Bois, de publier la Stratégie d’aménagement durable des forêts (SADF) au début de l’année 2014 et de protéger les conditions des travailleurs de la forêt.

Investissements financiers prévisibles

Avec des investissements garantis sur une période de trois ans, le gouvernement du Québec a répondu aux demandes, fréquemment renouvelées, des partenaires qui souhaitaient connaître à l’avance les sommes dévolues à leur champ d’intervention. Au total, le cadre financier global du gouvernement représente ainsi une somme de 675 M$ répartie sur trois ans, sous forme de redevances, de mesures fiscales et du maintien des programmes réguliers. Trois contributions déterminantes ressortent du lot : un montant de 320 M$ est réservé pour moderniser l’industrie, 50 M$ pour un programme de biomasse forestière résiduelle et 45 M$ en soutien à l’attraction, la rétention et la formation de la main-d’oeuvre.

Les chiffres pour les travaux sylvicoles en forêt publique et privée apparaissent dans l’encadré : Budget des travaux sylvicoles. Les producteurs forestiers privés obtiendront le remboursement des taxes foncières à partir du premier janvier 2014, ce qui représente environ 10 M$ sur trois ans. Le gouvernement québécois s’engage également à soutenir l’acquisition d’équipements forestiers dans le cadre d’une enveloppe de 120 M$. Quatre projets pilotes de forêt de proximité pourraient voir le jour dans un avenir rapproché et trois chantiers spécifiques ont vu le jour au Rendez-vous. Le doyen de la Faculté de foresterie, géographie et géomatique de l’Université Laval, ROBERT BEAUREGARD, présidera le chantier sur la production de bois; MICHEL BELLEY, ancien recteur de l’UQAC, agira comme président du Chantier sur l’efficacité des mesures en forêt privée et, PAULE TÊTU, ingénieure forestier et ancienne sous-ministre aux Ressources naturelles, aura la responsabilité de présider le Chantier sur les améliorations à apporter à la mise en oeuvre du nouveau régime forestier.

Suivi du Rendez-vous

« Il nous faut maintenant traduire nos intentions en actions concrètes sur le terrain », a fait valoir la ministre Martine Ouellet, en conclusion du Rendez-vous de Saint-Félicien. Trois objectifs principaux ont animé les débats au Lac-Saint-Jean : A) Adapter la sylviculture aux ressources de la forêt québécoise; B) Transformer l’industrie et développer les filières à fort potentiel; C) Unir les forces pour assurer l’avenir de la filière bois. Plusieurs participants ont d’ailleurs décrit la filière forêt comme le moteur d’une nouvelle économie verte. Présent lors des délibérations, le chef du Parti libéral du Québec, PHILIPPE COUILLARD, a souligné l’importance d’une collaboration soutenue avec les représentants des Premières Nations ainsi que la nécessité de redorer l’image de la forêt auprès de l’ensemble des Québécois, plus particulièrement auprès des citadins. «

Voilà, une autre occasion de réunir les Premières Nations et nous qui sommes arrivés après, autour de la même table, pour parler de développement économique plutôt que de zones de conflit. Je crois également qu’il y a énormément d’avenir dans la forêt et qu’il devient nécessaire de mieux faire connaître auprès de la population les réalisations les plus significatives des divers partenaires dont la certification des façons de faire, les efforts axés vers le développement durable et le rôle vital de nos forêts dans l’écologie mondiale », a-t-il fait valoir. Pour le député de Roberval et adjoint parlementaire aux dossiers Forêts, Denis Trottier, chaque partenaire a maintenant un rôle d’exemplarité à jouer en lien avec le secteur forestier. « Ce que je souhaiterais c’est que non seulement le gouvernement fasse son devoir pour améliorer la filière bois mais que chaque organisation ici présente réussisse à trouver une action qui puisse servir d’exemple pour les autres », a-t-il proposé.