Têtes abatteuses et multifonctionnelles

Tout réside dans le besoin des opérateurs de machineries

Certains opérateurs utilisent des têtes multifonctionnelles, d’autres pas. Tout dépend des besoins des opérateurs de machineries.

Certains opérateurs utilisent des têtes multifonctionnelles, d’autres pas. Tout dépend des besoins des opérateurs de machineries.

Photo: Guy Lavoie

11 Déc. 2013
Bernard Gauthier

Certains opérateurs utilisent des têtes multifonctionnelles, d’autres pas. Tout dépend des besoins des opérateurs de machineries et des coopératives forestières. Un rapide tour d’horizon auprès de trois entrepreneurs forestiers nous le démontre.

Ponsse

À la Coopérative forestière Girardville, la direction a effectué un virage majeur cette année. La coopérative a acheté des têtes d’abatteuses Ponsse et les sous-traitants sont propriétaires des abatteuses et des transporteurs. Ces derniers sont rémunérés au mètre cube. « Ce changement a été fait à la suite du nouveau régime forestier qui nous obligeait à diversifier notre clientèle pour augmenter notre volume. Et pour diversifier notre clientèle, il fallait être capable d’optimiser le produit de la forêt », explique JÉRÔME SIMARD, directeur général de la Coop Girardville.

À son avis, les têtes Ponsse procurent la meilleure optimisation et un travail d’abattage de finition satisfaisant. « L’objectif premier est d’optimiser la valeur du bois du territoire et non pas d’augmenter la vitesse et la rapidité puisque la majorité des opérateurs ont la même efficacité.» Pour la Coop Girardville, l’utilisation de plusieurs têtes n’est plus utile dans le cadre de la nouvelle orientation d’optimisation. « C’est la première année d’essais. Lorsqu’il y a des changements, le risque est présent certes, mais il existe une opportunité d’amélioration. Depuis que nos opérateurs maîtrisent leurs machines, la crainte est maintenant disparue. » La coopérative forestière regroupe 530 travailleurs cette année.

Direct Technologie

À la Coopérative forestière Ferland-Boilleau, près de Saguenay, l’entrepreneur forestier, JIMMY GAGNON, utilise une tête multifonctionnelle de marque Direct Technologie. Bien qu’il songe à acheter un modèle plus récent, Jimmy Gagnon se dit très satisfait pour le moment. « La conception de la tête multifonctionnelle permet de réparer plus facilement les pièces endommagées, car elles sont mieux disposées. De plus, la tête est simple d’entretien. Son économie de carburant est appréciable, de même que la performance du transport de l’huile vers les composantes. C’est ce qu’il y avait de mieux quand je l’ai achetée il y a quelques années. »

Entrepreneur forestier depuis 2001, Jimmy Gagnon possède également deux abatteuses et deux transporteurs. « La tête multifonctionnelle Direct Technologie possède une technologie unique qui influe sur la qualité et la coupe du bois en termes de longueur, de diamètre précis de l’arbre et de mesures de bois en mètres cubes réalisées pendant la semaine. Ainsi, les coupes sont plus écologiques et nous perturbons moins le sol. Les petits arbres et les tiges de bois sont mieux protégés et il y a moins d’érosion. »

Jimmy Gagnon cite en exemple le cas d’un arbre à abattre (résineux). Son appareil choisira le meilleur arbre pour maximiser la grosseur des billots, selon les besoins du client. « Mon ordinateur est capable de me dire et de calculer tout ce que je dois faire pour rentabiliser au maximum la coupe de chaque arbre et réduire les pertes. »

Machines hybrides

L’avenir appartient aux machines hybrides, selon Jimmy Gagnon. Le mouvement est déjà amorçé en Europe, ditil. Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’elles franchissent l’Amérique. « En Suède et en Finlande, les machines hybrides sont déjà opérationnelles. Ces deux pays sont très avancés dans le secteur de la foresterie, ils sont en avance sur nous. Ces appareils sont reconnus pour leur légèreté, leur grande économie de diesel et leur pollution sonore moins élevée. Pour la qualité des coupes des années à venir, ce sont des choses à penser. »

Coopérative forestière du Haut-Saint-Maurice

Contrairement aux deux coopératives précédentes, la Coopérative forestière du Haut-Saint-Maurice n’utilis e pas de têtes multifonctionnelles. Les arbres sont entièrement transportés chez Produits forestiers Résolu, près de la Tuque, où des tronçonneuses fixes font le travail à l’entrée de l’usine. « Nous utilisons 7 abatteuses-groupeuses en milieu forestier. C’est une question d’économie de coûts. Une tronçonneuse fixe représente 1 $ le mètre cube en coûts d’opération, alors que les entrepreneurs en forêt reçoivent environ 3,25 $ le mètre cube. Ici, l’environnement est mixte. Nous avons des bouleaux, trembles et merisiers, des essences d’arbres difficilement opérables avec des têtes multifonctionnelles », raconte SIMON TURCOTTE, directeur des opérations forestières à la Coopérative forestière du Haut-Saint- Maurice. Bien que quelques entrepreneurs aient déjà essayé de travailler avec des têtes multifonctionnelles en Haute-Mauricie, les résultats n’ont pas été concluants. C’est la raison pour laquelle la coop n’a jamais utilisé cette technique. «Nous recherchons plutôt une tête qui peut éventuellement façonner des feuillus. Et à ce jour, les résultats ne sont pas convaincants non plus. Un exemple? Prenons le cas du merisier. S’il n’est pas transporté à temps à l’usine après avoir été piqué par les rouleaux, le coeur du merisier risque d’être atteint et une perte de qualité s’en suit. C’est un gros inconvénient du feuillu, » poursuit Simon Turcotte.

À son avis, les têtes multifonctionnelles sont beaucoup plus pratiques pour certains types d’arbres comme les résineux. « Pour les feuillus durs, ce n’est pas utile. La tête multifonctionnelle n’est pas conçue pour façonner ce type de bois. » En revanche, ajoute-t-il, la tête multifonctionnelle a l’avantage de protéger le sol minéral. « Je vois une économie d’argent dans la construction des chemins qui ne se transforment pas ensuite en boue. » Pour Simon Turcotte, chaque journée est différente. Les imprévus sont multiples et cela fait partie de ses tâches. L’innovation et les nouveaux traitements appliqués en forêt sont d’autres sources de motivation. « J’aime beaucoup la diversité. Ce qui est planifié est bien différent par rapport à ce que nous entreprenons parce que nous devons gérer toutes sortes d’imprévus et d’inconvénients qui surgissent chaque jour. » Quant à la question du nouveau régime forestier, Simon Turcotte voit cela d’un bon oeil. « Ce régime est un élément majeur qui a secoué tout le secteur des entreprises forestières cette année. Cela nous aide à voir un peu plus la lumière au bout du tunnel, ce que nous cherchons depuis dix ans. »