Rexforêt: bilan d’une première saison avec un rôle accru

Jean Dussault, directeur du BNQ (à gauche) remet le certificat ISO 14001 à Marc Lamontagne, directeur général de Rexforêt.

Jean Dussault, directeur du BNQ (à gauche) remet le certificat ISO 14001 à Marc Lamontagne, directeur général de Rexforêt.

Photo: Guy Lavoie

13 Jan. 2014
Guy Lavoie

Le travail de Rexforêt a changé. Après une première saison dans le contexte du nouveau régime forestier, l’organisation a vu son rôle et ses interventions en forêt augmentés significativement. Le Monde forestier s’est entretenu avec son directeur principal aux opérations, l’ingénieur forestier Jacques Bélanger.

«Je dirais que a cela a une année de changement, de transition. Le nouveau régime forestier, avec ses forces et ses points à améliorer, a forcé les entrepreneurs à s’ajuster, et nous aussi», indique JACQUES BÉLANGER. Par ailleurs, Rexforêt est beaucoup plus impliqué dans nos forêts publiques si on compare avec son volume de travail précédant l’implantation du nouveau régime en avril dernier : «Ce n’est pas comparable, notre volume de travail s’est multiplié par trois. On avait vu venir le train mais il a fallu s’ajuster dans nos façons de faire.» Justement, question de faire face à la musique, l’organisation a procédé à des embauches. Par rapport à 2012, neuf personnes ont rejoint l’équipe, soit cinq du côté administratif et quatre en opérations. Certains postes saisonniers sont devenus réguliers. Au final, 130 personnes travaillent chez Rexforêt pour livrer l’ensemble des programmes, soit 77 réguliers et 53 saisonniers, et ce, dans toutes les régions du Québec. De façon plus spécifique, pour coordonner la réalisation du programme régulier, il y a 74 réguliers et 29 saisonniers. Pour la mise en oeuvre du nouveau régime, le ministère des Ressources naturelles (MRN) et Rexforêt ont conclu une entente de délégation pour 5 ans.

Appels d’offres

«Un des gros changements concerne les appels d’offres. Nous avons eu la responsabilité de les gérer, d’organiser les visites terrains…», mentionne M. Bélanger qui est déçu du résultat. Pas des appels d’offres eux-mêmes ni du processus, mais des baisses qui résultent de cette nouveauté. «De façon générale, on parle d’une baisse importante des prix par rapport à la grille de taux, soit en dessous de -20%. Ce n’est pas de notre faute, mais si on pose la question aux entrepreneurs, ils en sont un peu amers. Au Rendez-vous sur la forêt québécoise, ils ont demandé des changements qui vont dans le sens d’éviter une dégradation des conditions de travail des travailleurs sylvicoles pour le futur.» Un autre aspect que le directeur aux opérations juge moins positif, ce sont les difficultés rencontrées avec certaines prescriptions sylvicoles. Le budget total des opérations sous la responsabilité de l’organisation s’approche de 180 M$ pour l’année 2013-2014. En comparaison, il était de 83 M$ en 2012-2013. «On s’est déployé à la grandeur du Québec. Ce sont des opérations d’envergure : on s’occupe de toute la sylviculture en forêt publique. 132 M$ sont investis dans l’exécution des trois familles de traitement pour le programme régulier.» Ces trois familles sont la préparation de terrain, le reboisement et l’éducation de peuplement. Il s’agit donc des types de traitement et du volume d’affaires qui sont donnés à contrat aux entrepreneurs. Concernant les contrats et leur gestion, M. Bélanger prévoit quelques changements pour l’an prochain. «Une chose qu’on va améliorer, c’est le processus administratif relatif à la rédaction des contrats. Il y avait un peu de lourdeur cette année. On va simplifier et réduire la paperasse. On s’est engagé auprès des entrepreneurs, on a déjà de bonnes idées. » Un autre changement touchera la planification. «La planification collaboratrice avec les entrepreneurs sera au programme l’an prochain. On souhaite que les entrepreneurs participent à la planification des travaux sylvicoles non commerciaux. Des travaux comme la délimitation des blocs, les inventaires et des propositions de traitement.» Rexforêt est entre l’arbre et l’écorce. Comme l’organisation (qui a son siège social à Québec et des bureaux régionaux à la grandeur de la province) gère les opérations pour le compte du ministère, elle est en quelque sorte la ressource du MRN sur le terrain pour la réalisation des travaux sylvicoles. Est-ce que les gens font la différence entre le MRN et Rexforêt? «Notre rôle est mieux compris qu’il ne l’était au début de l’année», pense Jacques Bélanger. Finalement, M. Bélanger se félicite d’avoir su mettre en place un processus efficace de paiement aux deux semaines, et à la demande du MRN d’un système d’auto-évaluation des travaux par les entrepreneurs. «On a de bonnes équipes en région. Dans certaines régions, on faisait déjà de l’auto-évaluation, maintenant c’est généralisé. On a demandé à l’entrepreneur de s’évaluer lui-même, et nous, on appliquait un plan de conformité. Pour nous, c’était une nouvelle façon de faire, mais pour l’entrepreneur aussi. Il y a toujours place à amélioration, mais ça va bien avec cette nouvelle façon de faire, et cela évite les dédoublements».

Certificat ISO 14001

Le 4 décembre dernier, Rexforêt a reçu du Bureau de normalisation du Québec (BNQ) la certification environnementale ISO 14001. Le certificat couvre toutes les activités d’aménagement forestier sous sa responsabilité, et plus particulièrement, les travaux de sylviculture. Ce certificat s’étend à l’ensemble des régions du Québec. MARC LAMONTAGNE, directeur général de Rexforêt : «Les enjeux environnementaux occupent une place de plus en plus importante dans notre société et ce certificat ISO 14001 confirme l’engagement de notre organisation à adopter des pratiques environnementales qui répondent à des standards mondialement reconnus. Le Québec est un leader à l’échelle internationale en matière de certification forestière. Notre système de gestion environnementale s’inscrit dans un courant d’excellence pour un aménagement durable de nos forêts». Depuis l’entrée en vigueur du nouveau régime forestier en avril 2013, le ministère des Ressources naturelles (MRN) est responsable de l’aménagement des forêts québécoises. Le MRN a conclu avec Rexforêt une entente de cinq ans (2013-2017) en vertu de laquelle il délègue des responsabilités à Rexforêt, notamment pour la réalisation des travaux sylvicoles sur la forêt publique. Rappelons que Rexforêt est une filiale d’Investissement Québec (IQ) et depuis 1999, elle assure la mise en oeuvre opérationnelle de programmes gouvernementaux d’aménagement forestier et de création d’emplois en forêt. Rexforêt gère annuellement plus de 150 millions de dollars investis en sylviculture par le gouvernement du Québec.