Rexforêt : début d’une deuxième saison

Le budget total d’exécution sous la responsabilité de Rexforêt pour cette saison est de 190M$. Sur la photo, un reboiseur au travail.

Le budget total d’exécution sous la responsabilité de Rexforêt pour cette saison est de 190M$. Sur la photo, un reboiseur au travail.

Photo: Guy Lavoie

12 Août. 2014
Guy Lavoie

Le nouveau régime forestier en est à sa deuxième saison. Rexforêt est maintenant au coeur de cette nouvelle façon de gérer la forêt québécoise. À mi-juillet, Le Monde Forestier a rencontré son directeur général, MARC LAMONTAGNE, pour faire un portrait de l’état de la situation en ce début de deuxième saison de la période des travaux sylvicoles 2014-2015.

Le budget total d’exécution sous la responsabilité de Rexforêt pour cette saison est de 190M$. Il provient des travaux sylvicoles non commerciaux (autour de 174M$), des éclaircies commerciales de plantation résineuse (12M$ dont 6M$ en crédits sylvicoles gouvernementaux et 6M$ en revenus de vente de bois) et de divers travaux comme le martelage ou différents inventaires (4 M$). À titre de comparaison, l’an dernier le budget total se situait autour de 160M$. Est-ce que tout cet argent disponible a été investi dans nos forêts en 2013-2014 ? « Oui, et c’est l’objectif de faire la même chose avec les sommes disponibles pour l’année en cours » précise monsieur Lamontagne.

Familles de traitements

Question de bien illustrer l’ampleur des différents types d’intervention dans les forêts du Québec, le directeur général nous présente les investissements par types de traitements : 41M$ pour la préparation de terrain, 34,5M$ pour le reboisement et 70M$ pour l’éducation de peuplement (éclaircie précommerciale, le nettoiement et l’entretien de plantation). La balance des sommes investies par l’État québécois va principalement en travaux de voirie forestière, en transport des plans, en planification et suivi de travaux.

Améliorations et nouveautés

«Nous avons été à l’écoute de nos partenaires et nous avons simplifié certaines procédures » explique monsieur Lamontagne. «Tout n’est pas parfait, mais nous avons fait un autre pas dans la bonne direction.» Entre autres, il estime à 20% la baisse du nombre de contrats. «Pas parce qu’on a moins de volume, mais parce qu’on a regroupé des contrats pour en réduire le nombre.»

Il souligne une autre amélioration importante : la plus grande utilisation des communications électroniques. Par exemple, Rexforêt dispose maintenant d’un nouveau site Internet (ici), d’un site FTP pour les annexes standards aux contrats et d’un mode de facturation électronique. Ce modèle de facturation a été testé au Saguenay- Lac-Saint-Jean l’an dernier et est maintenant la norme.

L’an dernier, les signatures de contrat se sont principalement déroulées en juin et juillet. Cette saison, dès le mois d’avril, les entreprises détentrices d’ententes de réalisations de travaux sylvicoles (ERTS) ont été rencontrées pour prendre connaissance de l’endroit où s’exécuteraient les travaux, du type de travaux, de l’envergure, etc. Les parties ont ainsi pu mieux planifier leurs travaux et signer environ un mois plus tôt, soit en avril et en mai.

Finalement, tant pour la qualité que pour le rythme de la production des prescriptions sylvicoles par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Marc Lamontagne note une amélioration significative par rapport à la saison dernière. «Encore une fois, ce n’est pas parfait, mais nos partenaires sont généralement plus satisfaits.» D’ailleurs, au 4 juillet, 310 contrats totalisant 117,5M$ étaient signés.

Une autre demande des entreprises a été introduite cette saison : les exécutants peuvent maintenant échanger des travaux pour des raisons de rentabilité. Certaines règles s’appliquent, mais deux détenteurs d’ERTS peuvent s’entendre entre eux et procéder à un échange gagnant- gagnant. Il y a autour de 140 entreprises sylvicoles qui oeuvrent sous contrat pour Rexforêt. Elles doivent être certifiées pour leurs pratiques environnementales, soit par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) (et leur certification CEAF) ou détenir une certification ISO 14001. Mais 60 entreprises bénéficient de la certification de Rexforêt et travaillent sous son certificat ISO 14001. Est-ce que la charge de travail qu’apportent ces 60 entreprises à Rexforêt s’intègre bien aux autres opérations? Marc Lamontagne : «pour l’instant tout va bien. On va en faire un bilan à la fin de la saison, mais jusqu’ici ça va bien.»

Appels d’offres et «clauses travailleurs»

Les appels d’offres sont une nouveauté importante du nouveau régime. La saison dernière 9,3M$ en travaux ont été distribués par appels d’offres publics (AOP). Cette année ce sera 23,7M$, représentant près de 17% de l’enveloppe d’exécution de travaux disponible. Selon Marc Lamontagne, en 2013-2014 les résultats des AOP pour le reboisement démontrent que les taux furent de 18% plus bas que la grille des taux de 2013. Il constate qu’en date de juillet 2014, sur 23 projets pour un investissement de 3,6M$, la baisse est plutôt de 8% sur la grille de 2014. «En plus, presque tous les contrats ont été attribués (pour le reboisement).»

Pour les éclaircies précommerciales et la préparation de terrain, seulement 10 projets sont réalisés ou en cours à la mi-juillet. 33 projets ont été accordés par AOP sur une prévision d’environ 175. En regard du nombre peu élevé de projets accordés dans les deux derniers types de travaux pour l’instant, le directeur général n’ose pas se prononcer sur les résultats de la présente saison.

Monsieur Lamontagne n’aurait pas laissé partir le représentant du Monde Forestier sans lui parler d’un ajout qu’il considère important cette année pour les AOP : des «clauses travailleurs ». Ces dispositions contractuelles demandent aux soumissionnaires de conserver les mêmes conditions de travail des employés pour des contrats provenant d’AOP que pour les autres travaux de l’entreprise sous ERTS. «Si une entreprise remporte un appel d’offres et que nous jugeons le prix très bas, une lumière rouge s’allume. On s’assure auprès de l’entreprise que malgré ce prix, elle respecte toutes les dispositions du contrat. Et on prend très au sérieux ces – clauses travailleurs – ». Au besoin, Rexforêt dispose d’un pouvoir d’enquête sur les pratiques des entreprises.