Rivière-Bleue chauffée à la biomasse

La directrice municipale, Claudie Levasseur, fut étroitement impliquée dans le projet. Elle est confiante que l’investissement requis par ce projet, soit environ 800 000 $, sera rapidement épongé et engendrera des économies substantielles pour la communauté.

La directrice municipale, Claudie Levasseur, fut étroitement impliquée dans le projet. Elle est confiante que l’investissement requis par ce projet, soit environ 800 000 $, sera rapidement épongé et engendrera des économies substantielles pour la communauté.

photo: Guy Lavoie

17 Nov. 2015

Rivière-Bleue s’est récemment dotée d’un système intégré de chauffage à la biomasse forestière : une énergie verte et locale qui aérera le budget de la municipalité. Portrait d’une réussite qui risque d’en inspirer plusieurs!

Clara Canac-Marquis

Pour l’avenir

Depuis plus de trois ans, Rivière-Bleue travaille à l’implantation d’un réseau de chaleur alimenté par la biomasse forestière résiduelle. En octobre dernier, le projet s’est finalement concrétisé et, depuis lors, quelque sept bâtiments sont chauffés par la municipalité. Selon CLAUDIE LEVASSEUR, il s’agit d’un projet économiquement rentable qui s’inscrit dans une perspective de développement durable.

La directrice municipale fut étroitement impliquée dans le projet. Elle est confiante que l’investissement requis par ce projet, soit environ 800 000 $, sera rapidement épongé et engendrera des économies substantielles pour la communauté. «L’énergie produite par notre système de chauffage est beaucoup moins dispendieuse que celle produite par les énergies fossiles», note-t-elle. Selon madame Levasseur, cette énergie sera vendue à un coût de 8 cents/kWh, comparativement aux 10 cents/kWh actuellement payés aux producteurs de pétrole. Ainsi, la municipalité et ses clients du – réseau chaleur – prévoient épargner annuellement 60 000 $. Cela permettra de diminuer les pressions budgétaires que vivent actuellement l’école primaire et l’église de Rivière-Bleue.

La caserne de pompier, le bureau municipal, le complexe sportif et le centre Janelle feront également partie intégrante du réseau. Pour mener à terme son projet, Rivière-Bleue s’est alliée à de multiples partenaires. Notons le gouvernement du Québec, qui a octroyé un financement de 20% de l’investissement initial à travers le Programme d’aide financière pour des projets de conversion énergétique à la biomasse forestière résiduelle (lequel est actuellement suspendu), le Groupement forestier Témiscouata, la firme Gestion Conseils PMI ainsi que l’entreprise Transfab Énergie.

La biomasse résiduelle

Fort de son expérience en récolte et transformation de biomasse forestière, c’est le Groupement forestier de Témiscouata qui a obtenu le contrat d’approvisionnement pour le système de chaleur de Rivière-Bleue. Ainsi, à partir d’aujourd’hui, le Groupement devra produire et livrer annuellement à la municipalité près de 300 tonnes vertes de biomasse forestière préalablement séchée à l’air libre et mise en copeaux, ce qui s’ajoutera aux 20 000 tonnes qu’il récolte déjà.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la majeure partie de cette biomasse ne sera pas prélevée à même les parterres de coupes totales, mais plutôt lors des opérations de coupes partielles. FRANCIS ALBERT, directeur général du Groupement forestier de Témiscouata, explique que la biomasse forestière ne sera donc pas composée de houppiers, mais plutôt de bois non commercialisables au Témiscouata en raison de leur dimension, leur état ou leur essence.

La biomasse forestière sera récoltée tant en forêt publique qu’en forêt privée. L’équipement en place pour le système de combustion automatisé à grilles mobiles est la réalisation du manufacturier situé à Lévis, Transfab Énergie et de l’entrepreneur général de Québec, Lévesque et Associé. «Notre équipe est fier de pouvoir contribuer, de par notre équipement, à la réalisation d’un projet de réseau de chaleur de l’envergure de la municipalité de Rivière-Bleue, qui a fait le choix d’une production d’énergie verte à partir de la ressource locale» commente FRÉDÉRIC BLANCHET, directeur général de Transfab.

D’autres projets similaires

Au Québec, Rivière-Bleue est sans aucun doute la municipalité détenant le plus imposant réseau de chaleur alimenté à la biomasse résiduelle… mais n’est certainement pas la seule à emprunter ce virage à l’énergie verte. Actuellement, on trouve de telles installations dans différentes régions du Québec. La Vallée de la Matapédia en est un bon exemple: on y compte déjà neuf chaufferies du genre, et ce, dans un rayon de 30 km de la ville d’Amqui!

La firme Gestion Conseils PMI, qui a travaillé à l’élaboration du réseau cha leur de Rivière- Bleue, planche actuellement sur un concept similaire à Saint-Pascal de Kamouraska. Selon RENAUD SAVARD, président de Gestion Conseils PMI, les projets de chauffage à la biomasse résiduelle abondent, mais meurent dans l’oeuf, faute de financement. «Le gouvernement libéral a mis un arrêt sur le programme [d’aide financière] en 2014, et depuis, tout est en suspend», note-t-il. À suivre!