Scierie Petit-Saguenay: une relance de 1,6 M$

D’ici la fin juin, M. Vaillancourt espère pouvoir rentrer dans la scierie pour entreprendre des réaménagements, mettre à niveau certains équipements et faire l’entretien. «Puis, il faudra commencer à faire des tests de production. En juillet, on fera de la formation et l’évaluation des lignes. On débuterait la production normale en août», informe-t-il.

D’ici la fin juin, M. Vaillancourt espère pouvoir rentrer dans la scierie pour entreprendre des réaménagements, mettre à niveau certains équipements et faire l’entretien. «Puis, il faudra commencer à faire des tests de production. En juillet, on fera de la formation et l’évaluation des lignes. On débuterait la production normale en août», informe-t-il.

Photo: Guy Lavoie

29 Juin. 2012
Marie-Claude Boileau

La fermeture de la Scierie du Petit-Saguenay avait créé une onde de choc en 2009. Après un espoir de relance, puis son abandon, la résilience s’est installée. La persévérance et la ténacité de sa communauté ont permis de mobiliser les forces vives de la région et de relancer les activités de l’usine de sciage. Maintenant que le financement est attaché, ne reste qu’à préparer son redémarrage.

Même s’il reste encore des étapes à franchir avant que la scierie se remette à fonctionner, les plus importantes ont été surmontées. Le 25 mai dernier, la Coopérative de solidarité Valoribois est le nouveau propriétaire de la scierie. Plusieurs partenaires importants participent financièrement au projet, notamment le gouvernement du Québec, le CLD du Fjord, Développement économique Canada, la SADC, la Fiducie du Chantier de l’économie sociale. En tout, plus de 1,6 M$ seront investis dans sa relance. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour la communauté, entre autres, parce qu’elle permettra de s’attaquer à la problématique de l’effeuillement du tremble. MATHIEU VAILLANCOURT, président de la Coopérative de solidarité Valoribois, raconte que la région a un contexte particulier. Au temps de la colonisation, on y venait pour chercher des essences forestières spécifiques comme le pin blanc, le cèdre et les épinettes, que ce soit pour construire des bateaux ou produire la pulpe. Aujourd’hui, ces trois essences ont quasiment disparu de la forêt. Il en est résulté qu’au fil des ans, la région a connu plusieurs petites crises forestières, dont celle de 1995. «Ici, le contexte socioéconomique de la foresterie est plus en dents de scie qu’ailleurs», reconnaît-il. La disparition de ces essences a provoqué une pression sur le milieu forestier. En conséquence, c’est le tremble qui domine. «On est dans un environnement dégradé, qui ne pousse pas selon son plein potentiel», mentionne M. Vaillancourt qui est également le directeur général de la Coopérative Quatre-Temps. Pour remédier à la situation, diverses organisations ont mis sur pied le Groupe des Partenaires pour le Développement forestier durable (PDFD) de Charlevoix et du Bas-Saguenay. «Leur mission est de restaurer le milieu forestier pour que les localités et les sociétés puissent en vivre et prospérer», fait-il savoir. Le Groupe des PDFD a obtenu, en 2009, un laboratoire rural de la politique nationale de la ruralité en plus d’élaborer un nouveau mode de gestion du territoire forestier. En 2009, la Scierie Petit-Saguenay, qui avait commencé à scier du tremble et amorçé un transfert vers le peuplier, cesse ses activités. C’est le choc dans la communauté lorsqu’on apprend que la petite scierie de 110 000 mètres cubes ferme ses portes. Trente personnes perdent leur emploi. «Elle avait son importance. Dans un milieu défavorisé comme Petit- Saguenay, qui a seulement 750 habitants, ça représente 5% de la population», souligne M. Vaillancourt. Un projet de relance avec Perfecta a dû être abandonné. La communauté décide alors d’unir ses forces et de mettre sur pied une coopérative de solidarité pour relancer l’usine. Constituée en février 2011, la Coopérative de solidarité Valoribois réunit plusieurs partenaires locaux : les coopératives Quatre-Temps et Ferland-Boilleau, le Centre de développement économique de Petit- Saguenay, le Groupe des PDFD ainsi que tous les travailleurs. L’organisme élargit sa base de membres en allant chercher notamment des équipementiers, des entrepreneurs et des gens d’affaires. Ayant en main des lettres d’appui du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, la Coop Valoribois réussit à convaincre de sérieux investisseurs. De plus, Produits forestiers Résolu a accepté de faire des échanges de résineux sous CAAF en plus d’allonger 100 000$ pour acheter leur approvisionnement. Depuis le 25 mai, la Coopérative de solidarité Valoribois est maintenant propriétaire de la scierie et des terrains. Actuellement en phase de démarrage, l’organisme est en discussion avec Hydro-Québec pour rebrancher l’usine de sciage. Celle-ci sera plus petite qu’en 2009. La production sera de 40 000 mètres cubes et une quinzaine d’anciens employés seront rappelés. Bien qu’elle ait diminué de moitié, Mathieu Vaillancourt prévoit que la scierie sera rentable dès la deuxième année. L’objectif est de transformer le tremble, le bouleau et autres résineux en produits de niche. «On prévoit être la pierre angulaire pour la 2e et 3e transformation dans notre milieu. La scierie étant très versatile, on peut imaginer tous produits », indique-t-il. D’ici la fin juin, M. Vaillancourt espère pouvoir rentrer dans la scierie pour entreprendre des réaménagements, mettre à niveau certains équipements et faire l’entretien. «Puis, il faudra commencer à faire des tests de production. En juillet, on fera de la formation et l’évaluation des lignes. On débuterait la production normale en août», informe-t-il.

Biomasse et séchoir

Le projet possède un volet de biomasse forestière. En fait, leur modèle d’affaires prévoit l’installation d’un séchoir. «La biomasse est un jalon important. On va récupérer les résidus pour alimenter la bouilloire de notre séchoir et le chauffage de la scierie. On revendra les résidus excèdentaires à d’autres», indique le président de la coopérative Valoribois.