Sécurité : les chemins forestiers sous toutes leurs coutures

Une équipe de FPInnovations s’est attaquée, dès 2008, à la problématique de la sécurité routière en forêt. Résultat: ce sont des innovations technologiques en matière de laser et de vidéo, installées sur un véhicule, qui sont venues à la rescousse.

Une équipe de FPInnovations s’est attaquée, dès 2008, à la problématique de la sécurité routière en forêt. Résultat: ce sont des innovations technologiques en matière de laser et de vidéo, installées sur un véhicule, qui sont venues à la rescousse.

Photo: Guy Lavoie

4 Déc. 2012
Mélanie Grenier

Les routes forestières et autres chemins multiusages sont parfois très fréquentés. Mais leur grande utilité n’est pas nécessairement synonyme de sécurité. C’est à la suite de demandes venues de l’Ouest canadien, là où plusieurs accidents sur les routes d’accès aux ressources étaient à répertorier, qu’une équipe de FPInnovations s’est attaquée, dès 2008, à la problématique de la sécurité routière en forêt. Résultat: ce sont des innovations technologiques en matière de laser et de vidéo, installées sur un véhicule, qui sont venues à la rescousse.

«On nous a demandé de trouver un moyen d’évaluer de grands tronçons de route», rapporte GLEN LÉGÈRE, gestionnaire de recherche chez FPInnovations. Le centre de recherche a donc pris comme point de départ un concept déjà utilisé sur les routes asphaltées pour ensuite l’adapter aux chemins forestiers. Il s’agit d’un système de cartographie géoréférencée équipé de scanners laser (LiDAR), de caméras vidéo digitales à haute définition et d’un système de navigation (GPS) de haute précision, installé sur un véhicule, qui sert d’outil de collecte de données hautes performances. De façon concrète, ça signifie que le véhicule recueille des données en trois dimensions et des images vidéo de la route et de son emprise.

L’informatique en renfort

Une fois les données recueillies, c’est un logiciel informatique, développé spécialement pour les chemins forestiers, qui prend la relève. «Avec les données laser, on peut faire l’équivalent de la route. Le logiciel fait un modèle numérique. Il fait aussi l’extraction automatisée de tous les panneaux de signalisation», explique M. Légère. Le modèle ainsi créé est si précis qu’en un clic, on peut calculer la distance entre deux éléments. «On n’a qu’à cliquer sur l’écran et prendre des mesures», remarque M. Légère. Les données fournies comprennent également des détails sur l’état de la chaussée (défauts de surface, problèmes de drainage et d’érosion, etc.) et sur les risques d’accident.

Les problèmes à régler

C’est d’ailleurs vraiment au niveau de l’analyse que FPInnovations a développé une expertise puisqu’il ne possède pas ces fameux véhicules utilisés pour collecter les données. Au Québec, seul le ministère des Transports (MTQ) en possède deux. Le centre de recherche loue plutôt les services de consultants privés pour faire cette portion du travail et se concentre sur la création de rapports d’analyse. Ces rapports permettent de faire des recommandations qui concernent plusieurs problématiques de sécurité récurrentes telles que : la conception géométrique des courbes est déficiente pour une vitesse affichée; la végétation rend la distance de visibilité horizontale inadéquate pour une vitesse affichée; les caractéristiques du terrain rendent la distance de visibilité verticale et horizontale inadéquate pour une vitesse affichée; les vitesses affichées ne correspondent pas aux vitesses maximales sécuritaires permises; une signalisation additionnelle est requise, etc.

Le service vous intéresse ?

Depuis 2010, FPInnovations accepte des contrats de ses membres. Relativement peu utilisée jusqu’à maintenant au Québec, l’offre de service a tout de même suscité un certain intérêt alors qu’elle a été présentée au Demo international 2012 de St-Raymond-de-Portneuf en septembre dernier. «Je n’ai pas reçu d’appels depuis», précise tout de même M. Légère. Si des entreprises québécoises souhaitent faire analyser une ou plusieurs routes, elles devront débourser entre 400 $ et 500 $ du kilomètre estime M. Légère. «Plus il y a de kilométrage, moins c’est cher au kilomètre», précise cependant le chercheur. Selon les conditions de la route et son accessibilité, plus de 100 km peuvent être analysés par jour.