SOCODEVI: projet forestier au Honduras

Janette Truchon et Luc Fortin au centre de la photo lors d’une mission au Honduras. Mme Truchon et M. Fortin étaient membres de la coop forestière Kinojévis-Abijévis à l’époque.

Janette Truchon et Luc Fortin au centre de la photo lors d’une mission au Honduras. Mme Truchon et M. Fortin étaient membres de la coop forestière Kinojévis-Abijévis à l’époque.

photo: courtoisie SOCODEVI

4 Fév. 2016

Épaulée par l’expertise du secteur forestier québécois dont la Fédération québécoise des coopratives forestières (FQCF), SOCODEVI a contribué de façon concrète au renforcement d’entreprises coopératives agroforestières au Honduras, dans le cadre du projet COOPFORH. Aujourd’hui, 26 coopératives honduriennes réalisent une gestion forestière durable sur une superfi cie totale de 65 000 hectares de forêt naturelle et voient leur performance économique s’améliorer.

Collaboration spéciale – Pedro Rodriguez

L’amélioration des conditions de vie des familles par le biais d’un usage rationnel et durable des ressources demeure l’objectif ultime de SOCODEVI dans ses interventions du domaine forestier à travers le monde.

Le succès du projet au Honduras trouve ses assises dans l’augmentation de la valeur ajoutée des produits de la forêt, le transfert d’outils de gestion, l’augmentation des moyens de production, l’élaboration de plans d’aménagement et la commercialisation du bois.

Diversification économique et augmentation de revenus

Le projet COOPFORH a mis en place un mécanisme de financement afin de soutenir la réalisation des activités forestières incluses dans les plans d’aménagement forestier, promouvoir les activités liées à la certification de la gestion forestière et de la chaîne de traçabilité, et encourager les projets de reboisement.

Un total de 142 projets de gestion forestière ont été approuvés et exécutés, pour un montant de 433 862$ CAN au profit de 25 coopératives agroforestières. À la fin du projet, 10 forêts communautaires de forêts feuillues possédaient une certification FSC et 7 coopératives de forêt de pins avaient reçu le premier rapport d’audit et devaient recevoir leur certification dans les mois suivants.

Au cours de l’année 2009, le projet a créé un fonds de commercialisation de résine géré par la Fédération FEHCAFOR qui a permis de commercialiser les produits de 22 coopératives. Des 1 071 tonnes métriques (TM) commercialisées par ce mécanisme en 2010 avec un prix de 470 $ CAN/TM, un volume de 3 208 TM a été atteint en 2014 avec un prix de 680,83 $ CAN/TM, générant un chiffre d’affaires de 2,18 millions $ CAN durant cette même année, ce qui représentait 4 fois le chiffre d’affaires de 2010.

Chaque année, la FEHCAFOR distribue une partie de l’excédent de l’activité de gemmage sur la base de la production de chacune des coopératives, et de l’année 2009 à mars 2015, le montant des excédents distribués a été de 52 633 $ CAN.

Le COOPFORH a appuyé l’installation de 2 scieries dotées d’équipement canadien d’une grande efficacité, permettant d’obtenir un rendement optimal de la matière première. L’investissement total réalisé dans les deux scieries atteint un montant de 312 168 $CAN. Le projet a également appuyé 9 coopératives dans l’installation d’ateliers d’ébénisterie pour un investissement total de 587 486 $ CAN.

Un programme de formation a été mis en oeuvre avec la collaboration de l’École du Meuble de Victoriaville dans le domaine de l’ébénisterie, et par le biais de cette initiative, des membres des coopératives bénéficiaires ont pu acquérir des connaissances techniques et de gestion pour développer leur propre atelier dans leur communauté.

Sur la question d’égalité homme-femme, des progrès importants ont été atteints, spécifiquement quant à l’augmentation de la participation des femmes au membership des coopératives qui est passé de 72 femmes en 2009 à 257 à la fin du projet, soit une progression de 8,9 % à 22 % du membership total au cours du projet.

L’appui de la FQCF et du secteur forestier

«L’appui technique et organisationnel fourni par les experts des coopératives forestières et du secteur forestier du Québec a été essentiel pour le développement du projet COOPFORH. Chacune des missions d’assistance technique réalisées sur le terrain a contribué à améliorer la performance des coopératives appuyées», affirme M. RICHARD TRUDEL, chargé de programmes à SOCODEVI.

Les spécialistes de la FQCF ont notamment contribué à améliorer les techniques de récolte forestière afin d’augmenter la productivité et réduire les coûts. Les coopérateurs et coopératrices du Québec ont également offert de nombreuses formations concernant le fonctionnement de l’entreprise coopérative, la gestion des ressources humaines et les opérations forestières en forêt feuillue et de pin, notamment sur l’utilisation, entretien et affûtage de scies mécaniques, et sur la logistique des opérations.

«Parmi les missions réalisées par les experts de la FQCF, soulignons, par exemple, celle réalisée par Mme JEANNETTE TRUCHON et M. LUC FORTIN de la coopérative Kinojévis- Abijévis. Leur visite technique a permis de former les producteurs forestiers du Honduras sur les techniques d’abattage sécuritaire.

Mme Truchon a pu démontrer aux Honduriens qu’une femme peut manipuler une tronçonneuse aussi bien qu’un homme – ce qui a d’ailleurs étonné les forestiers locaux, et que l’effort physique peut être grandement diminué si on fait usage de bonnes techniques de coupe», souligne M. Trudel. Mené par SOCODEVI au Honduras de 2009 à 2015, le projet COOPFORH a été soutenu financièrement par le gouvernement du Canada.