Reprendre la Plume

16 Avr. 2017

Par: PIERRE COURTEMANCHE, Directeur général de RESAM de 1992 à 1997 --- Reprendre la plume dans ce journal après plus de vingt ans me procure du plaisir, un peu de nostalgie et de nombreux sourires.

Pour ceux et celles qui ne me connaissent pas, j’ai été le second directeur général de RESAM succédant en 1992 à mon bon ami Gérald Beaulieu. Que de bons souvenirs à sillonner le Québec durant six années et rencontrer des milliers de personnes provenant de tous les horizons mais partageant la passion de faire pousser la forêt et du développement des régions.

Que d’heures passées à discuter et à débattre sur le rôle des sociétés d’aménagement et de la place que doit occuper la forêt privée dans le développement du Québec. Des échanges souvent animés et passionnés qui en ont dérangé certains et inspiré d’autres. «Que voulez-vous!», comme disait le premier ministre qui a déclenché une mobilisation formidable des forces régionales de la province. Élu en octobre 1993 après 10 années dans l’opposition, le gouvernement Chrétien décide de se retirer du financement de la forêt privée. Albert à Québec qui ne portait pas les groupements forestiers dans son coeur, joue l’opportuniste et réduit proportionnellement le budget de l’aide à l’aménagement. C’était la crise, la vraie. Plusieurs pensaient que nous allions disparaître. Certains se réjouissaient mais d’autres beaucoup plus nombreux s’inquiétaient.

On s’est battu et on a gagné contre toute attente. Nous avons mobilisé tout le Québec, des milliers de lettres et de résolutions adressées à tous les députés provinciaux et fédéraux de la belle province. Ce journal a été pour moi un outil d’information redoutablement efficace (à cette époque les réseaux sociaux n’existaient pas). Le nombre et la qualité des appuis reçus nous galvanisaient et nous rendaient plus audacieux. Le monde forestier s’était mis en marche et on ne pouvait nous arrêter.

Puis, un beau jour de 1994 Christos Sirros, ministre des Ressources naturelles me téléphone et me demande ce que je veux pour arrêter tout ce bruit et ces protestations. Un instant que j’ai savouré. Un sommet sur la forêt dans moins d’un an, voilà ce que nous voulions.

Vous connaissez la suite, nous avons redoublé d’ardeur, travaillé en équipe, forgé des alliances et jouer du coude quand il le fallait pour asseoir un nouveau régime pour la forêt privée et inclure dans la Loi sur les forêts le financement de l’aménagement forestier. Le Sommet sur la forêt privée de 1995 a confirmé le rôle et la place des sociétés d’aménagement. J’avais l’appui du monde, celui qui veut faire avancer les bonnes idées et qui cherche des solutions. Ma tâche a été facile. N’oubliez pas que la plus grande richesse de la forêt c’est vous, le monde forestier.

Salutations et au plaisir.

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