Trois bonnes nouvelles pour la Coopérative forestière des Appalaches

Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Martin Béland, directeur général de la CFGA et Serge Rousseau, président du Conseil régional de Kamouraska et Chaudière-Appalaches chez Desjardins.

Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Martin Béland, directeur général de la CFGA et Serge Rousseau, président du Conseil régional de Kamouraska et Chaudière-Appalaches chez Desjardins.

Photo: courtoisie

17 Mai. 2018

Les bonnes nouvelles s’accumulent pour la Coopérative forestière de gestion des Appalaches (CFGA). Elle a reçu d’importants coups de pouce financiers qui lui permettront de développer et de propulser sa filière de biomasse forestière.

Marie-Claude Boileau

Les membres de la CFGA se sont lancés dans la production de biomasse il y a trois ans. Ils ont mis sur pied une filiale, CFGA Énergie. Les résidus du bois qu’ils transforment servent à chauffer l’hôpital de Montmagny, leur principal client. Leur chiffre d’affaires est d’environ 350 000$ par année. La coopérative possède un centre de conditionnement à Montmagny sur un terrain loué. Aujourd’hui, ils caressent l’idée d’agrandir leur installation.

En fait, ils souhaitent devenir propriétaires d’un site et avoir plus d’espace pour transformer leur biomasse. De plus, ils aimeraient remplacer une remorque à plaquettes. Pour faire progresser l’entreprise, ils avaient besoin de financement. Le Mouvement Desjardins a lancé il y a un an le Fonds de 100 M$. La mission est d’agir comme un «levier financier permettant au Mouvement Desjardins de valoriser la distinction coopérative, de renforcer son rôle de leader socioéconomique afin, notamment, de soutenir des projets porteurs pour les membres, les communautés et les régions».

À la mi-mars, on a annoncé un investissement de plus de 1,7 M$ en appui à des projets porteurs pour la région de Kamouraska et Chaudière-Appalaches. Parmi ceux soutenus, la CFGA a reçu 75 000$ pour le développement de sa filière biomasse forestière. Toujours pour le même projet, l’organisation a obtenu la somme de 205 000$ du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR). Rappelons qu’il s’agit d’une enveloppe de 100 M$ destinés aux régions, à l’exception de celles de Montréal et de la Capitale-Nationale, «afin d’investir dans des projets mobilisateurs ayant un rayonnement régional ».

Les projets sont sélectionnés et priorisés par un comité régional de sélection en fonction des priorités de développement propres à chaque région. Pour Chaudière-Appalaches, une des priorités est de «maximiser les retombées de la forêt dans les communautés avec une perspective de développement durable». MARTIN BÉLAND, directeur général du CFGA, est heureux d’avoir obtenu ces aides financières. «Ces montants vont nous aider à élargir notre clientèle de base. De plus, ça nous permettra d’améliorer nos installations et nos équipements afin d’augmenter notre productivité et notre chiffre d’affaires», mentionne-t-il. Bref, agrandir leur installation et trouver de nouveaux clients leur permettra de consolider le travail, de sécuriser des emplois et d’augmenter leur chiffre d’affaires.

LE PROJET

La coopérative cherche présentement un terrain de 4 à 5 hectares pour y installer leur centre de conditionnement. «On veut avoir de la place pour être en mesure d’entreposer la biomasse de façon optimale», précise le directeur général. Chaque année, l’organisation transforme 2400 tonnes anhydres de biomasse.

Le deuxième volet à leur projet est de trouver de nouveaux clients. Des discussions sont en cours avec des organisations qui détiennent des séchoirs dans leur région. M. Béland croit qu’ils connaitront le dénouement au cours des prochains mois. Par ailleurs, le directeur général confie qu’il a eu une troisième bonne nouvelle. Leur contrat avec l’hôpital de Montmagny a été renouvelé. «Nous avons remporté l’appel d’offres. C’est un contrat de trois ans avec deux années d’option. Ça veut dire qu’on sera en mesure d’approvisionner l’hôpital jusqu’au printemps 2024», se réjouit-il.

Celui-ci croit que toutes ces bonnes nouvelles aideront CFGA Énergie à dénicher de nouveaux clients, et ce, malgré l’annonce de l’arrivée du gaz naturel dans leur région. Par ailleurs, la coopérative travaille avec Service Forêt Énergie pour regarder les projets en attente dans la Communauté urbaine de Québec puisqu’il s’agit d’un territoire visé. Le directeur général de la CFGA lance d’ailleurs un appel aux entreprises intéressées : «S’il y en a qui ont des projets dans la région de Québec et de Chaudière-Appalaches, qu’ils nous contactent, on va les rencontrer et on va essayer de trouver une façon de bien les servir.»

M. Béland confie que c’est un de leurs principaux défis, puisqu’il souhaite augmenter le chiffre d’affaires. «Parce que la qualité et le conditionnement de la biomasse, ça fait deux ans qu’on en fait et ça fonctionne bien. On sait comment faire. Il faut juste trouver de nouveaux clients», souligne-t-il. Actuellement, un employé s’occupe de la transformation et de la livraison de la biomasse. À cela, il faut ajouter tous les emplois en forêt. «Ça prolonge la saison de travail de plusieurs entrepreneurs locaux qui oeuvrent dans la récolte et le transport», indique Martin Béland. La biomasse provient de secteurs d’enchère en forêt publique et la CFGA s’approvisionne également dans les forêts privées environnantes. Le directeur général ajoute qu’ils détiennent un permis de récolte de 12 000 tonnes en forêt publique. Une fois au centre de conditionnement, les résidus sont broyés. Quant à la biomasse, elle est livrée en plaquettes.