UMQ à Washington: bilan positif de la mission

Gilles Potvin, maire de Saint-Félicien, Pierre Corbeil, maire de Val-d’Or, John Parisella, ancien délégué général du Québec à New York, Déborah Bélanger, mairesse de Rivière-Rouge, Alexandre Cusson, maire de Drummondville et Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre

Gilles Potvin, maire de Saint-Félicien, Pierre Corbeil, maire de Val-d’Or, John Parisella, ancien délégué général du Québec à New York, Déborah Bélanger, mairesse de Rivière-Rouge, Alexandre Cusson, maire de Drummondville et Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre

Photo: courtoisie

12 Juin. 2017

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) est satisfaite de sa mission à Washington qui a eu lieu du 14 au 16 mai. Les délégués ont dressé un bilan positif. Une solution négociée plutôt que les tribunaux est souhaitée par toutes les parties.

Marie-Claude Boileau

La délégation québécoise était composée d’ALEXANDRE CUSSON, maire de Drummondville et premier vice-président de l’UMQ, de quatre membres du Comité sur la forêt, soit DÉBORAH BÉLANGER, mairesse de Rivière- Rouge, GILLES POTVIN, maire de Saint-Félicien, JEAN-MAURICE MATTE, maire de Senneterre et PIERRE CORBEIL, maire de Val-d’Or. Ils étaient accompagnés de JOHN PARISELLA, ex-délégué général du Québec à New York.

Au cours de leur séjour, les élus ont rencontré les dirigeants de la US Lumber Coalition et de la National Association of Home Builders. Ils ont aussi discuté avec une demi-douzaine de membres du Sénat américain, dont les représentants du Maine et de New York.

Les rencontres n’ont pas été vaines, selon M. Cusson. Les échanges ont été intéressants. Étant donné que les États-Unis sont le paradis des lobbyistes, on pense qu’ils peuvent avoir une influence. «Selon certains, la US Lumber Coalition a presque un veto sur la solution que pourrait accepter le gouvernement. Nous avons pu rencontrer la haute direction de cette organisation », dit-il.

SENSIBILISATION ET INFORMATION

La mission avait deux objectifs. En entrevue avec Le Monde Forestier, M. Cusson a expliqué que le but était d’une part de sensibiliser les partenaires aux impacts de l’imposition des droits compensateurs tant du côté canadien qu’américain.

Pour celui-ci, l’objectif est atteint. «Certains étaient d’accord avec nous. D’autres posaient des questions. La US Lumber Coalition était évidemment plus sceptique, mais ils reconnaissaient quand même qu’il y avait des conséquences du côté américain », mentionne-t-il.

Dans un deuxième temps, les maires désiraient faire connaître le régime forestier québécois. «On a constaté qu’il faudrait faire plus. Le régime forestier, revu en 2016 et où une partie du bois est vendu aux enchères, est basé sur celui de plusieurs états américains. On a vu que malgré l’excellent travail de RAYMOND CHRÉTIEN, il est peu connu.

La Chambre des représentants, le sénat, etc., ça fait beaucoup de gens à qui parler. Il faut donc poursuivre notre travail de sensibilisation et de pédagogie. Pour nous, c’est une évidence», soutient-il.

PROCHAINES ÉTAPES

Y retourneront-ils? M. Cusson ne l’exclut pas. Mais la prochaine étape est de transmettre leurs observations à leurs partenaires fédéral et provincial. «On verra comment, avec nos partenaires, on pourrait peutêtre répondre à cette méconnaissance du régime forestier. Nous, on s’est engagé autant auprès de M. (Justin) Trudeau que de M. (Philippe) Couillard de revenir sur nos conclusions de nos discussions. Après, on verra quelles sont les meilleures actions», indique le viceprésident de l’UMQ.

Les maires veulent poursuivre leur travail pour leurs communautés forestières qui sont très touchées par ce conflit. Ainsi, ils continueront à rapporter ce qui se passe dans leurs municipalités. «Nous vivons la réalité terrain. Si le conflit devait se régler devant les tribunaux et que ça prend 3 ou 4 ans à régler, il serait trop tard. Les travailleurs seront partis. Ils iront chercher du travail ailleurs et nos jeunes seront démotivés. Des programmes dans nos Cégeps devront fermer. Ça fait partie des conséquences que l’on vit déjà. Il y a des programmes de formation qui sont en danger», soutient le maire de Drummondville.

Selon l’UMQ, il est nécessaire de parvenir à un accord. «Une entente négociée, ça demeure la meilleure solution, mais pas à n’importe quel prix. Elle doit permettre aux deux pays d’atteindre la plupart de leurs objectifs», conclut-il.