Congrès RESAM 2017

Un congrès différent et réussi

Autre ajout cette année au congrès, une visite sur lot. Durant cette sortie, les congressistes discutaient avec des spécialistes et avaient l’opportunité de voir fonctionner quatre machines forestières : deux pour la récolte et deux transporteurs.

Autre ajout cette année au congrès, une visite sur lot. Durant cette sortie, les congressistes discutaient avec des spécialistes et avaient l’opportunité de voir fonctionner quatre machines forestières : deux pour la récolte et deux transporteurs.

Photo: Guy Lavoie

26 Sep. 2017

On dit que le passé est garant de l’avenir. Le rendez-vous annuel des groupements forestiers qui avait lieu les 11,12 et 13 septembre derniers, à Rimouski, sous le thème «Hier. Aujourd’hui. Demain.» avait justement l’objectif de porter un regard sur le passé et de s’en inspirer pour continuer à prospérer, mais aussi de porter un regard éclairé vers l’avenir.

Guy Lavoie

Les hôtes du congrès 2017, l’équipe de la SER de la Neigette et son directeur général BERNARD OUELLET ont mis le paquet pour accueillir leurs confrères de tout le Québec. Cette année, en plus des groupements et des invités habituels du monde forestier en général, environ 90 propriétaires de lots et plus de 40 opérateurs de machineries forestières étaient attendus pour le 11 septembre.

Question que tout un chacun y trouve son compte, l’équipe de la SER, en collaboration avec celle de RESAM, avait préparé trois programmes distincts. Autre ajout cette année, une visite sur lot. Durant cette sortie, les congressistes discutaient avec des spécialistes et avaient l’opportunité de voir fonctionner quatre machines forestières : deux pour la récolte et deux transporteurs. La récolte mécanisée en forêt privée prend de plus en plus d’ampleur et, tant pour les propriétaires de lots, pour les gestionnaires de groupements forestiers que pour des opérateurs de machinerie, observer des équipements à la fine pointe de la technologie à l’oeuvre et pouvoir discuter avec leurs distributeurs est une addition majeure à la programmation du congrès RESAM.

VISITE TERRAIN EN CINQ STATIONS

Un propriétaire avait accepté qu’une visite terrain se tienne sur son lot, celui-ci situé à plus ou moins 15 minutes de l’Hôtel Rimouski où se tenait le congrès. Sur place, il y avait cinq stations à visiter. MARTIN LEPAGE, directeur des services forestiers à l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées du Bas-Saint-Laurent nous a dressé un portrait du reboisement dans le Bas-Saint-Laurent. Selon lui, 100 000 ha en plantation (soit environ 14 % de la forêt privée productive dans la région) ont été mis en terre principalement entre 1982 et 1995.

Son potentiel de récolte par éclaircie commerciale est actuellement très élevé: plus de 4 500 ha/année pour la période de 2014 à 2028. Il explique aussi qu’en 2010 son Agence a mené une étude sur les éclaircies commerciales de plantations effectuées par de la machinerie plus imposante que des petits engins de débardage ou encore traitées manuellement. Cette étude a permis de cerner les conditions d’opération, les contraintes, les coûts et autres données essentielles pour passer à la récolte de plantation mécanisée. En 2016, 600 ha ont été récoltés de cette façon dans le Bas-St-Laurent. Gageons sur une hausse de ce type de récolte pour les années à venir.

Au sujet des éclaircies commerciales, LAURENT GAGNÉ a, de façon éloquente, illustré un de ses avantages. M. Gagné, du Collectif régional de développement du Bas-Saint-Laurent, lui-même propriétaire de lot, a présenté deux tranches d’un arbre de la même essence et de peuplements voisins. L’impressionnante différence de circonférence entre la rondelle provenant du peuplement ayant subi trois éclaircies commerciales et celle qui n’a reçu aucune éclaircie a de quoi convaincre. Il définit l’éclaircie commerciale comme un « type de coupe partielle dans les jeunes peuplements qu’on peut appliquer selon différentes modalités, essentielle pour maintenir une croissance optimale des meilleures tiges, une biodiversité… et des emplois! »

L’hôte du congrès, la SER de la Neigette, avait aussi délégué sur le terrain l’ingénieur forestier YANNICK BRISSON. Il nous a parlé de la SER qui est présentement en processus de fusion avec la SER de la Métis (voir Le Monde Forestier, Vol 31, Numéro 5 pages 1 et 2). À terme (la fusion entrera en vigueur le 1er février 2018) la nouvelle entité s’appellera le Groupement forestier Métis-Neigette. Elle comptera 1719 membres et 150 employés.

En plus de ces trois présentations extérieures, deux équipementiers étaient sur place afin de démontrer les prouesses et décrire les caractéristiques de leurs machines. A.L.P.A. Equipment, du Nouveau-Brunswick et Équipement SMS de la région de Québec. Sur le terrain, Équipement SMS a démontré les capacités d’une multi Komatsu 901 équipée d’une tête C93. Pour sa part, A.L.P.A. a fait fonctionner une Ponsse Scorpion King. Les deux concessionnaires soutiennent que ces machines sont parfaitement adaptées aux éclaircies commerciales en forêt privée. Une chose est certaine : ces démonstrations illustraient bien le thème du congrès RESAM 2017. Les groupements forestiers, qui opéraient manuellement en forêt dans les années 70, sont maintenant de plus en plus dans les opérations mécanisées et l’innovation qu’elle impose: positionnement par satellite, normes de consommation et d’émissions, entretien à la fi ne pointe, opérateurs hautement qualifiés, etc.

TBE

Cela eût été une erreur de passer sous silence un sujet important pour la forêt privée et les propriétaires de lots. En avril 2016, le gouvernement du Québec annonçait un investissement de 10M$ sur 4 ans pour combattre la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE). La Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) est la mandataire de cette lutte importante pour les propriétaires de lots. Elle a engagé un ingénieur forestier, DAVID GAGNON, afin de gérer le programme. Il est venu exposer le plan de lutte qui en est à ses premiers pas.

DANIEL BÉLANGER aussi de la SER de la NEIGETTE, a complété en expliquant la stratégie de récolte dans un contexte de TBE. Il a divisé sa présentation en 4 portions: 1 : l’aspect environnemental de ces récoltes; 2 : un volet important pour plusieurs propriétaires: l’esthétisme; 3 : ce qui a trait à la foresterie elle-même, c’est-à-dire les préjugés, les stratégies régionales de récolte et les mesures à prendre; 4 : les nombreux impacts économiques de l’intervention ou non lors d’une épidémie.

EN VRAC

Soulignons la visite du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), LUC BLANCHETTE. En plus de prendre la parole au banquet, il a passé quelques heures au congrès pour discuter avec le conseil d’administration de RESAM et avec plusieurs membres de la communauté forestière sur place. Plusieurs autres sujets et conférences ont été abordés lors du congrès : santé et sécurité, assurances, optimisation des techniques d’abatage, la main d’oeuvre et l’avenir de la forêt privée et de ses intervenants. Une cinquantaine de partenaires et d’exposants étaient aussi sur place.