Pépinières

Un hiver difficile pour les plants

Les régions les plus touchées sont le Saguenay- Lac-Saint-Jean, l’Abitibi, le Nord-du-Québec, l’Outaouais, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.

Les régions les plus touchées sont le Saguenay- Lac-Saint-Jean, l’Abitibi, le Nord-du-Québec, l’Outaouais, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.

Photo: Guy Lavoie

11 Sep. 2013
Marie-Claude Boileau

Même s’il est trop tôt pour dresser un bilan officiel, le début de la saison dans les pépinières a été difficile pour certaines d’entre elles. Les conditions hivernales auraient nui à plusieurs plants.

«Il y a eu un phénomène de gel racinaire qui a touché certaines pépinières, principalement dans le sud du Québec. On fait des investigations pour comprendre ce qu’il s’est passé», indique NICOLAS BÉGIN, conseiller en communication au ministère des Ressources naturelles (MRN) précisant qu’il ne peut établir un bilan détaillé. «Oui, nous savons qu’il y a des plants qui ont été affectés par la température et le gel hivernal. Mais il est encore tôt pour évaluer l’ampleur des dommages. C’est plus tard, en saison, que l’on sera en mesure de dresser un portrait qui sera représentatif de la réalité, c’est-à-dire lorsque la livraison des plants sera terminée et que nous aurons terminé notre analyse», explique-t-il. Celui-ci ajoute qu’il appartient au producteur de s’assurer que les plants seront préparés afin de résister aux conditions hivernales. En date du 2 juillet, il y a 45% des plants qui ont été livrés sur les sites de reboisement.

Les pépinières sont présentement en pleine période de production pour répondre aux demandes des reboiseurs. «Ce qu’on fait, c’est que l’on trie les lots de plants, on s’assure de la qualité, on contrôle les insectes et les maladies, etc. Au MRN, on s’assure que les plants vont être prêts pour répondre à la demande des reboiseurs. Évidemment, c’est selon le contexte de chaque pépinière: ce que chacune est censée faire. Il faut comprendre que nous avons des standards de qualité à respecter. Ça ne veut pas dire que les plants ne sont plus bons, mais ça pourrait être le cas. C’est seulement le temps qui pourra nous le dire. Il est un peu tôt pour évaluer la situation correctement», fait-il savoir.

Pour 2013, on estime qu’entre 120 et 500 millions de plants forestiers seront livrés aux reboiseurs. Il s’agit toutefois d’une diminution par rapport à l’an dernier en raison de la baisse du niveau de reboisement. En moyenne, la production se situe entre 139 et 160 millions de plants forestiers livrés annuellement, soit des résineux, des feuillus et des peupliers hybrides. Y aura-t-il des manques de plants? «Difficile à quantifier, répond M. Bégin. On sera en mesure de le voir à la fin de saison, car il y a des plants qui peuvent encore s’améliorer en qualité durant les prochaines semaines.» Reste que si cet aspect devenait réalité, des solutions seraient envisagées.

Le MRN dispose de différentes pistes advenant qu’on manque de plants. Parmi les solutions envisageables, il pourrait y avoir la possibilité d’utiliser le petit surplus de plants qui existe, de l’ensemencement supplémentaire, des ajustements au calendrier des reboiseurs, etc. Les régions les plus touchées sont le Saguenay- Lac-Saint-Jean, l’Abitibi, le Nord-du-Québec, l’Outaouais, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. Précisons qu’il existe 16 pépinières publiques au Québec et 13 pépinières privées qui produisent des plants forestiers. Selon M. Bégin, le cas le mieux documenté est actuellement celui de la pépinière publique de Saint-Modeste dans le Bas-Saint-Laurent où le manque de neige a causé des pertes de plants par gel racinaire. Du côté du privé, on a recensé des cas de gel hivernal à la pépinière Baie-des- Chaleurs, Société d’aménagement rural de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (Sargim) et Bechedor.