Sous-ministre Richard Savard

Une tournée pour vanter les bonnes pratiques forestières québécoises

«C’est la première fois que le Québec sort pour vanter ses pratiques forestières», assure le sous-ministre Richard Savard. Sur la photo, une trousse de déversement pour éponger d

«C’est la première fois que le Québec sort pour vanter ses pratiques forestières», assure le sous-ministre Richard Savard. Sur la photo, une trousse de déversement pour éponger d'éventuels dégâts causés par la machinerie en forêt.

Photo: Guy Lavoie

20 Jan. 2015

En apprenant que des entreprises internationales acheteuses de produits forestiers québécois s’étaient montrées préoccupées par les pratiques forestières en vigueur au Québec, LAURENT LESSARD, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, a émis le souhait de mieux faire connaître ces pratiques. Pour atteindre cet objectif, le sous-ministre, RICHARD SAVARD, s’est rendu lui-même à Londres et dans quelques villes américaines pour rencontrer les représentants d’une douzaine d’entreprises d’importance dont entre autres la bien connue, Home Depot. Selon M. Savard, cette minitournée de promotion s’est avérée fort positive.

Mélanie Grenier

«C’est la première fois que le Québec sort pour vanter ses pratiques forestières», assure d’emblée le sous-ministre. C’est sans flafla que cette tournée s’est déroulée alors que Richard Savard, accompagné d’un professionnel, a profité de la London Pulp Week, qui avait lieu à Londres en novembre dernier pour rencontrer les représentants de plusieurs entreprises alors rassemblées en un seul endroit. Il a par la suite visité quelques sièges sociaux américains. Toutes les rencontres ont eu lieu «face à face», ce qui a d’ailleurs contribué au succès de la tournée. «La réussite de l’opération est due à ça», croit M. Savard.

La question du caribou préoccupe

Les 11 entreprises rencontrées ont pu prendre connaissance de détails factuels concernant les méthodes d’aménagement des forêts québécoises et de façon plus spécifique sur la gestion des populations de caribous forestiers, des forêts anciennes et des ententes avec les Premières Nations.

C’est que, de plus en plus, les entreprises internationales tiennent à s’assurer que les produits du bois proviennent de milieux où les pratiques environnementales sont solidement implantées et respectées. C’est la question du caribou forestier qui a, semble-t-il, soulevé le plus de questionnements. «C’est notre plus gros défi en matière d’aménagement des forêts», confirme le sous-ministre.

Le propriétaire parle

Ce dernier a tenté de convaincre les grandes entreprises du fait que le Québec était constamment à la recherche d’équilibre entre l’exploitation forestière et la protection de l’environnement. Mais c’est en mentionnant que l’État était propriétaire de 90% de la forêt de la province qu’il a définitivement obtenu l’attention de ses interlocuteurs. Il semblerait que ce soit un fait méconnu à l’étranger et qui existe d’ailleurs très peu. «En tant que propriétaire, le gouvernement est plus habilité que les entreprises québécoises à parler du régime forestier québécois», croit M. Savard. «On a été bien reçu. Les gens ont été impressionnés et contents qu’on aille les voir», ajoute-t-il.

Des emplois à protéger

En tout temps lors de ses présentations, le sous-ministre a gardé un objectif en tête, soit celui de préserver des emplois. «Quand on perd une scierie, c’est gros, mais quand on perd une usine de pâtes et papiers, ça fait très mal», observe-t-il. S’il est difficile de mesurer les résultats de la tournée, M. Savard croit que déjà, certains acheteurs qui avaient décidé de diminuer leurs achats ont changé d’idée.

Le CIFQ satisfait

Au Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), on apprécie beaucoup les efforts fournis par le sous-ministre. «Ça a calmé beaucoup d’inquiétudes, principalement chez les utilisateurs de papier, confirme ANDRÉ TREMBLAY, président-directeur général du CIFQ. Les gens ont compris qu’il y avait un pilote dans l’avion.» M. Tremblay croit d’ailleurs que le Québec a tout intérêt à faire connaître son régime forestier. «On n’a pas à être gêné de notre régime. On n’est pas parfait, mais on est conscient des enjeux et quand on les explique, les gens comprennent», croit-il.

Il ajoute aussi que le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada devraient faire connaître les pratiques forestières à plus grande échelle. «Ce qui reste à faire, c’est de s’adresser non seulement à une clientèle ciblée, mais au grand public au Canada et à l’étranger», conclut le gestionnaire.

La tournée terminée, mais…

La tournée de M. Savard est désormais terminée, mais le sous-ministre n’écarte pas la possibilité de rencontrer une ou deux autres entreprises supplémentaires. «L’offre du ministre tient toujours», dit-il, transmettant ainsi la proposition à des entreprises forestières qui voudraient bénéficier de son intervention.