Renald Bernier

Prêts pour un autre 50 ans

24 Sep. 2021

Nous venons de vivre une année marquante. Une année qui restera dans la mémoire longtemps. Je parle de la sempiternelle COVID? Pas du tout! Évidemment, nos groupements ont, conjointement avec les propriétaires de lots boisés actifs, su encore une fois cette année se relever les manches et déployer tous les moyens d’adaptation nécessaires pour passer à travers les conditions exceptionnelles de la pandémie. À vous tous, je vous lève mon chapeau.

Quand je parle d’une année marquante, je ne réfère toutefois pas à cela mais à quelque chose d’autre infiniment plus positif et qui me remplit de fierté. En 2021, nous avons célébré le 50e anniversaire de la création de nos groupements forestiers. Un modèle d’affaires unique qui s’inscrit durablement dans le temps et est plus que jamais voué à un brillant avenir!

À défaut de discours au banquet du congrès encore malheureusement annulé cette année, je me suis fait un devoir de le répéter à l’assemblée générale annuelle en ligne à laquelle nos membres ont participé nombreux. Nous avons un très riche passé. Des habitants qui jusque-là̀ étaient cultivateurs, bûcherons, jobbeurs, camionneurs ou commerçants, sont devenus des administrateurs et gestionnaires d’entreprises collectives vouées à la gestion intégrée des ressources.

Si se lever face à un défi de cette ampleur est remarquable, développer des outils pour changer le cours de l’histoire l’est d’autant plus. C’est ce que les gens de la Ristigouche on fait il y a 50 ans en fondant le premier groupement forestier. Une si bonne idée qu’en quelques années, ce modèle a été étendu à tout le territoire du Québec.

La création des groupements forestiers a procuré des gains importants aux propriétaires membres et non membres en augmentant de façon significative les travaux d’aménagement sur leurs propriétés. Elle a permis la création de revenus pour ceux qui ne peuvent procéder à des travaux de récolte, donné accès à des prix de marché là où les productions ne sont pas contingentées, assuré la représentation des intérêts des propriétaires auprès des instances gouvernementales et des acteurs de marchés, en plus de préserver le patrimoine forestier pour les générations futures.

Mais il y a plus. Les groupements forestiers contribuent de façon exceptionnelle au développement des régions par le caractère d’innovation, d’implication et de défense des droits des propriétaires. Sur le plan de l’innovation, l’implication des groupements forestiers s’est fait remarquer dans la participation au sein d’entreprises de transformation ou dans le démarrage d’entreprises liées au domaine des ressources de la forêt.

L’histoire nous rappelle où l’on vient. Il est maintenant de notre devoir de continuer à avancer et chercher de nouvelles avenues de développement. Nous avons encore continué dans cette direction. Le chemin n’est pas sans heurts. Nous avons dû continuer à combattre les effets de la pandémie de Covid-19. Avec brio je dois dire.  Nous avons appris aussi que bien que le bois de la forêt privée soit important pour le Québec, les ajustements de prix tardent à se faire sentir et ce, même en marché très haussier. Il reste également encore à faire comprendre à certains décideurs que l’aménagement forestier est un outil pour la conservation des milieux humides et non un danger.

Du côté provincial, ce fut encore une année très occupée. Du côté budgétaire, nous avons poursuivi les efforts afin que les ajustements budgétaires liés à la Covid-19 soient maintenus, ce qui fut le cas.  Dans son budget annuel, le gouvernement a annoncé travailler à Simplifier le remboursement de taxes foncières aux producteurs forestiers en apportant des modifications à cette mesure afin de permettre l’obtention d’un remboursement même si la valeur des travaux d’aménagement forestier de l’année est inférieure au montant des taxes foncières.

Cette annonce s’ajoutait à une somme de 26 M$ sur cinq ans pour soutenir la mise en valeur des forêts privées, de même que la prolongation et la bonification du mécanisme d’étalement du revenu pour les producteurs forestiers privés. Soulignons aussi l’octroi d’un montant de 65 M$ pour accroître la contribution de l’industrie forestière à la lutte aux changements climatiques. Cette enveloppe servira à soutenir des initiatives aussi bien en forêt publique que privée.

Par ailleurs, plusieurs dossiers d’importances ont nécessité beaucoup de travail de la part des employés de Groupements forestiers Québec et des nombreux comités de travail. Le premier qui me vent en tête est celui de la révision ciblée du régime forestier. Cette annonce représentait beaucoup pour nous car le gouvernement a clairement signifié que la forêt privée faisait partie de sa stratégie. Nos efforts auront contribué à identifier trois mesures propres à la forêt privée. Parmi celles-ci, on retrouve la diminution de la charge administrative en donnant plus de latitude aux ingénieurs forestiers. À cela, nous pouvons ajouter le dépôt de la stratégie nationale de productions de bois qui fait aussi belle place à la forêt privée.

La dernière année a aussi été marquée par la tournée virtuelle de l’ensemble des régions. Cet exercice fut des plus enrichissants et a permis d’identifier des enjeux qui seront traités lors de la planification stratégique.

Parler de 2020-21, c’est aussi parler d’un travail en profondeur sur l’avenir des groupements forestiers. Ainsi, une collecte importante de données et une analyse méticuleuse auront permis d’identifier plusieurs balises pour épauler les groupements forestiers dans la recherche d’un modèle optimal de développement.

Dans ce même ordre d’idées, nous avons continué à travailler sur plusieurs dossiers qui peuvent aider rapidement les propriétaires regroupés. Parmi ceux-ci, notons l’autorisation par l’OIFQ de la signature électronique et l’obtention d’une dispense de l’AMF.  Il ne faudrait pas non plus passer sous silence les avancées importantes du développement informatique.  Aujourd’hui, nous avons non seulement un outil performant mais un service d’aide hors pair et une plateforme de développement enviable.

Finalement, nous avons continué à travailler avec nos collaborateurs de longue date que sont la FPFQ.  Ensemble, nous n’avons pas ménagé les efforts afin de faire atterrir la nouvelle réglementation sur les milieux humides.  Ainsi, nous avons mis en place un comité mixte pour revoir le plan d’aménagement bonifié et mis en place un groupe de travail avec le ministère de l’Environnement pour la formation sur ce nouveau règlement. Nous pouvons même ajouter le travail important pour l’application de la nouvelle catégorie d’immeuble pour favoriser l’activité forestière dans les municipalités, ainsi que les travaux de la cellule de crise sur la TBE en forêt privée.

Nous pouvons compter sur un réseau de 38 groupements forestiers qui partagent les mêmes objectifs de développement régional.  Aujourd’hui, nous sommes fiers du chemin parcouru et nous regardons avec confiance celui que nous devrons parcourir

Je vous remercie de partager votre passion pour la forêt privée et votre volonté de contribuer au développement de votre groupement forestier et de votre communauté. L’attachement et l’intérêt que vous portez à votre organisation provinciale ont une valeur inestimable. Encore une fois, vous faites la preuve que la recherche de consensus est beaucoup plus forte que l’isolement.

Permettez-moi finalement de remercier le conseil d’administration qui a su diriger la barque de main de maitre. Son avis éclairé́ a encore une fois permis à Groupements forestiers Québec de tirer son épingle du jeu. Un grand merci aussi à l’équipe d’employés. Leur grande disponibilité́ et leur connaissance des dossiers ont été́ de bon conseil pour moi.

Merci à tous pour votre soutien et continuons notre excellent travail en 2021-2022!