William Lebel

Un modèle en évolution

24 Sep. 2021

Les premières coopératives forestières québécoises ont vu le jour en réunissant des travailleurs qui réalisaient, presqu’exclusivement, des travaux d’abattage et de transport de bois.  Avec le temps, plusieurs ont malheureusement disparus tandis que celles qui ont perduré ont passablement diversifié leurs activités.  Dans le cadre du présent exercice d’élaboration de la planification stratégique pour le réseau des coopératives forestière, la Fédération des coopératives forestière (FQCF), doit documenter les besoins de ses membres et convenir avec ceux-ci des priorités d’intervention ou de soutien pour appuyer leur développement.  Lorsque le modèle des coopératives est identique la recette peut être simple.  Mais la variabilité étonnante des activités réalisées par chacune des coopératives membres donne à réfléchir.

Je vous brosse un petit portrait.  Nous produisons dans notre réseau des petits fruits, du sirop d’érable, des plants forestiers et des plantes ornementales.  Nous récoltons et conditionnons de la biomasse forestière et des produits forestiers non ligneux.  Nous transformons la matière ligneuse en bois d’œuvre, en granules, en électricité et en litière.  Nous transportons des billes de bois, des plants forestiers, du bois d’œuvre et de la biomasse.  Nous offrons des services de forage, de consultants au niveau environnemental, d’aménagement multi-ressources, d’agroforesterie, d’aménagement paysager et plantation d’arbres, de calcul des émissions de GES et de reboisement en compensation, en agronomie et en gestion des érablières.  Nous sommes gestionnaires de pourvoirie et de camp forestier, propriétaire de quincaillerie, de camping et de complexe hôtelier.  Et pour terminer nous sommes propriétaire de casse-croute.  De tout pour tous les goûts!  Et je vous rappelle qu’il s’agit de coopérative forestière.

Cette diversité d’activité illustre bien une grande vitalité entrepreneuriale et un désir de développement.  Mais comment s’assurer une pleine cohérence du rôle de notre fédération dans un environnement où l’innovation des membres élargie leurs champs de compétence dans une grande variabilité d’horizons?

Premièrement par l’écoute.  L’écoute de nos membres, la considération de leurs contraintes et l’analyse de leurs problématiques.  Le département des ressources humaines de la FQCF en est un bel exemple.  Le contexte actuel de la main d’œuvre nécessite une attention dès plus particulière et la mise en commun de ce service a permis de développer un service spécialisé qui répond à un besoin qui avait été clairement exprimé chez les membres.  Ce type de service est d’ailleurs relativement universel.  Peu importe le secteur d’activité, la gestion des RH demande une même rigueur.

Deuxièmement, par la mise en relation.  En étant constamment en contact avec ses membres, la Fédération, est au fait des avancés de ses membres.  Lorsqu’un de ceux-ci exprime un besoin particulier ou un problème, la FQCF est en mesure d’inventorier les possibles solutions dans le réseau et d’initier les échanges entre deux ou plusieurs coopératives.  Dans ce cas on assiste à un bel exemple de mutualisation.   Ce partage étant à la base même du mouvement coopératif.

Troisièmement, par la force du réseau.  Le poids de l’ensemble de ses membres devient un atout de négociation pour des ententes commerciales.  Que ce soit pour de l’assurance collective, l’assurance générale, l’achat de carburant ou de ponceau… le réseau apporte du volume.  Alors que nous soyons gestionnaires de motel, que nous récoltions de la biomasse forestière, que nous faisions du scarifiage ou du transport de bois ce type d’entente peut réellement nous apporter de réelle économie.

Nous avons la chance d’avoir, à la Fédération, une équipe de gens passionnés et dévoués à la cause des coopératives.  C’est là la première étape pour faire progresser une organisation.  Nous avons également des membres qui se sont développés et qui poursuivre leur cheminement avec un désir de faire une différence pour leur propre membre et leur communauté.  Ils ont également un souhait de partage et cela est la deuxième étape pour s’assurer l’adhésion à une organisation comme la FQCF.  La diversité des activités réalisé par le réseau n’est surtout pas une contrainte à la légitimité du réseau mais davantage une force.   La force d’un groupe multidisciplinaire.

S’unir pour mutualiser nos forces est la clé.  Partager nos succès et nos échecs est un pas.  Mettre réellement en commun nos forces vives est le défi!  N’hésitons pas|