William Lebel

Une belle rencontre de famille

16 Déc. 2021

Avec cette fameuse pandémie, nous avons tous dû modifier nos moyens de communication autant personnels que professionnels. Les échanges sont devenus virtuels et relativement « straight ». Un interlocuteur, un récepteur, un sujet, on parle à tour de rôle et merci à la prochaine! Nous étions en train de nous transformer en de véritables avatars vivants. Un personnage numérique qui peut avoir la représentation graphique que nous souhaitons de nous-mêmes sans pour autant mettre les efforts pour porter réellement cette image. On peut même rester en pyjama! Occasionnellement, la profondeur des échanges devenait inversement proportionnelle à l’épaisseur de nos écrans. Bien sûr ces communications virtuelles ont permis de sauver du temps et des dépenses de déplacements.  Mais je crois qu’il va falloir le doser.

C’est du moins le constat que je fais suite à ma participation au colloque de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) tenue les 25 et 26 novembre dernier à Lac Delage. Un rendez-vous où 85% des coopératives membres étaient représentés par une soixantaine de délégués. J’ai vraiment apprécié. Et ce que j’ai le plus aimé ce sont les contacts humains. Pas nécessairement physiques (maudit contexte Covid), mais en personne trois dimensions et avec les expressions attachées à des mots.  Ces mêmes mots qui peuvent-être entendus dans une vidéoconférence, mais qui semblent plus réels, plus remplis de sens entendus en personne… « live ».  Et contrairement au « ZOOM » on s’est permis de parler d’autres sujets, de nos réalités quotidiennes, de nos réussites et de nos problèmes.  Eh, oui, nos problèmes… pis ça fait du bien d’en parler et d’entendre nos pairs sur la vraie vie. C’est dans ce moment que nous réalisons que nous ne sommes pas seuls et que le réseau est bien là, là et vivant.

Mais qu’est-ce que le réseau?  Aurez-vous tendance à répondre que le réseau est la FQCF?  Pour ma part, le réseau est l’ensemble des coopératives forestières du Québec et non la FQCF. Une petite nuance qui me semble importante, je m’explique. Les coops forestières ont décidé de s’unir et de se donner un outil privilégié pour les soutenir dans leur développement local et global. Cet outil sera utile seulement si les membres conviennent de lui donner les moyens et ressources d’intervenir dans les domaines identifiés. Et considérant la grande variabilité d’activités couvertes par l’ensemble des membres, il est possible que les retombés ne soient pas toujours applicables à l’instant et à l’ensemble à la suite d’une priorisation. Mais tous gagneront à avoir un outil crédible et performant qui les sert.

Dans ce sens, chaque coop doit faire les efforts pour renforcer le réseau. En entretenant des liens avec les autres coopératives, nous augmentons notre cohésion et facilitons notre prise de position commune pour prioriser les activités de la FQCF, comme il a été fait lors du dernier colloque. Un réseau ne peut être plus vivant et plus fort que la force des liens de ses membres. Et les liens se développent par la réalisation d’expériences communes, réussites ou échecs, qui font en sorte d’accroître le sentiment de confiance réciproque.

Nous ne pouvons confier le renforcement du réseau uniquement à la FQCF. Nous ne pouvons pas substituer nos propres responsabilités aux autres. Nous devons tous y travailler et y consacrer des efforts et de l’intérêt. Je suis convaincu que plusieurs parmi vous connaissez les forces des employés de la FQCF. Ils sont des atouts très précieux. J’ai davantage eu d’occasions de m’en rendre compte depuis le début de mon mandat de président, pour avoir discuté avec plusieurs de ceux-ci. Et je vous avoue que nous avons la chance d’avoir des personnes dévouées à la cause des coopératives et à leurs succès.

En terminant, si les sites de rencontre en ligne permettent d’entrer en contact avec d’éventuels partenaires en fonction d’un certain profil qui pourrait vous intéresser, il serait surprenant n’est-ce pas, une fois que le « match » semble fait, que la suite se passe uniquement par la voie du numérique? Pour les mêmes raisons (peut-être pas totalement toutes les mêmes raisons!), l’usage du numérique pour le renforcement de notre réseau devra se pondérer. À la base, nous sommes des entreprises collectives qui fondamentalement font place à la personne. Et cette personne a besoin d’échanges réels. Je nous souhaite donc une nouvelle année où le Covid et ses variants nous laisseront nous rassembler!