Carrefour Forêts 2019: Plus de 2000 personnes attendues

Jean-Pierre Saucier, directeur de la recherche au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Jean-Pierre Saucier, directeur de la recherche au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Courtoisie

29 Mar. 2019

Après une pause, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) revient avec un nouvel évènement visant à faire le point sur la recherche forestière. Présenté du 2 au 4 avril, le Carrefour Forêts 2019 réunira près de 200 intervenants au Centre des congrès de Québec. Plus de 2000 personnes issues de tous les secteurs de la forêt sont attendues.

Marie-Claude Boileau

Autrefois, le MFFP présentait un carrefour de la recherche forestière tous les quatre ans qui permettait de dévoiler les conclusions faites notamment par les chercheurs. Pour cette nouvelle mouture, on a décidé d’élargir les horizons. «Notre objectif est d’en faire un évènement de transfert de connaissances. Nous voulons créer un dialogue entre les praticiens et les producteurs de connaissances qu’ils soient des universitaires, des chercheurs du ministère ou d’ailleurs. Ça embrassera la forêt sous tous ses aspects de l’aménagement durable des forêts», explique JEAN-PIERRE SAUCIER, organisateur du Carrefour Forêts 2019.

DES CONNAISSANCES À LA CRÉATION DE VALEUR

D’ailleurs, le thème est «Des connaissances à la création de valeur». Ainsi, les chercheurs expliqueront les trouvailles et innovations, tout en écoutant les travailleurs parler de leurs besoins. La programmation de l’évènement sera «très riche et variée». La première journée sera axée sur la formation. «Ce sont des gens qui ont développé de la connaissance et ils vont l’exploser à d’autres qui pourraient devenir des bénéficiaires et des utilisateurs. On a 17 formations qui sont presque remplies. Les inscriptions vont très bien», indique M. Saucier. Les deux journées suivantes seront des colloques thématiques. En tout, il y en aura 16. «Certains durent une demi-journée, d’autres une journée complète. Toutes sortes de thèmes seront abordés. On a des colloques qui vont parler d’entrepreneuriat forestier, d’autres seront basés sur la connaissance de la dynamique des forêts et des effets des changements climatiques. Il y en a pour tous les goûts», souligne l’organisateur.

M. Saucier mentionne qu’ils se sont fixé un ambitieux objectif de 2000 personnes participantes au Carrefour Forêts. Il confie qu’ils sont en bonne voie d’atteindre leur but. «Justement en termes de conférenciers, nous aurons 200 intervenants. On s’attend à avoir beaucoup de personnes pour les écouter et échanger. Comme nous aurons des thèmes très variés, quels que soient les acteurs de la forêt, ils peuvent trouver des sujets qui vont rencontrer leurs intérêts. On pense qu’un producteur forestier y trouvera de l’intérêt pour les aspects d’entrepreneuriat, sur comment sa forêt risque d’évoluer en fonction des changements climatiques, etc.», fait-il savoir.

Tout au long de l’évènement, les participants pourront s’informer sur les sujets à travers des kiosques dans la salle d’exposition. «On a quelques kiosques commerciaux, certains seront institutionnels comme celui de la Faculté de foresterie, de géomatique et de géographie de l’Université Laval. Nous aurons surtout des kiosques thématiques où, par exemple, des équipes du ministère vont présenter les résultats de leurs recherches», précise-t-il. Il y aura également des affiches thématiques en lien avec les colloques et un concours d’affiches qui s’adresse aux étudiants du 2e cycle.

200 CONFÉRENCIERS

Parmi les 200 conférenciers au Carrefour Forêts, on retrouvera notamment le sous-ministre associé aux Forêts, RONALD BRIZARD qui parlera de la stratégie nationale de production de bois. Pour la question d’aménagement forestier dans un contexte de lutte aux changements climatiques, on accueillera plusieurs conférenciers, dont WILLIAM KEETON de l’Université du Vermont et YVES BERGERON de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Au colloque
sur la mise en valeur de la faune, les chercheurs MARTIN-HUGUES ST-LAURENT de l’Université du Québec à Rimouski et NANCY GÉLINAS de l’Université Laval discuteront du sujet. M. Saucier souligne qu’ils ont essayé de varier la provenance des conférenciers. Par exemple, au colloque sur la sylviculture et l’adaptation aux changements climatiques, ANTHONY D’AMATO de l’Université du Vermont partagera la tribune avec PATRICIA RAYMOND de la Direction de la recherche forestière. Dans un autre colloque sur l’effet des changements climatiques sur les feux et leur gestion, on retrouvera SYLVIE GAUTHIER du Service canadien des forêts et YAN BOUCHER de la Direction de la recherche forestière qui seront accompagnés d’autres chercheurs. Enfin, pour parler d’acceptabilité sociale en aménagement forestier durable, une des conférencières invitées est JANE TOLLER, préfète de la MRC de Pontiac.

COLLOQUE SUR L’ENTREPRENEURIAT FORESTIER

Le Groupe de travail sur l’entrepreneuriat forestier a accepté la proposition des organisateurs du Carrefour Forêts d’y organiser un colloque. «Ça sera notre troisième édition. L’objectif est de regrouper des gens qui se sentent concernés et qui ont la capacité d’intervenir pour améliorer la situation et la performance des entrepreneurs forestiers», explique LUC LEBEL, directeur de FORAC et membre du groupe de travail. Les présentations seront regroupées sous quatre thèmes : la technologie disponible pour les entrepreneurs, la maind’oeuvre et la formation pour le personnel et les entrepreneurs; les moyens de financement ainsi que la capacité d’anticipation des entrepreneurs.

Contrairement aux précédentes éditions, le colloque se déroulera avec des conférenciers plutôt que des ateliers. Les présentations seront suivies
de périodes d’échanges. Le colloque aura lieu toute la journée du 2 avril. En étant présenté dans le cadre du Carrefour Forêts, M. LeBel espère obtenir davantage de visibilité auprès des entrepreneurs forestiers et qu’ils auront des échos à travers la communauté forestière.

D’ailleurs, cette année, ils feront une place plus large aux entrepreneurs en travaux sylvicoles non commerciaux. «Il va y avoir des présentations sur l’entrepreneur de préparation de terrain, des participants et des représentants d’entreprise sylvicole. On pense que c’est une ligne pour l’avenir pour l’entrepreneuriat forestier», soutient le chercheur. Depuis quelques années, on a tendance à segmenter le travail. Mais le groupe de travail s’est rendu compte, en discutant de la capacité d’anticipation des entrepreneurs, que les éléments inclus dans le processus complet de planification autour de l’aménagement du territoire, comme la planification des chemins, des secteurs de récolte ou de l’éducation des peuplements, étaient liés. «Si jamais, on change une prescription de récolte, ça va venir affecter l’accessibilité du territoire. Si l’on a été obligé à la dernière minute d’aller en chemin l’hiver, ça aura des conséquences graves sur la personne qui avait planifié sa saison de plantation ou de préparation de terrain. Il y aura aussi des contrecoups sur les entreprises de reboisement ou de préparation de plants qui doivent se commettre trois ans à l’avance sur la production de certains types de plants», fait savoir M. LeBel.

La capacité d’adaptation est un thème important dans la vie d’un entrepreneur. D’ailleurs, il travaille avec la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) et le MFFP sur un projet de cartographie de processus afin qu’il y ait une grande interconnectivité entre les activités d’aménagement forestier et les entrepreneurs de récolte ou de travaux sylvicoles non commerciaux parce qu’eux aussi vivent les mêmes difficultés de capacité d’anticipation.

SIX APPLICATIONS POUR LA FORÊT PRIVÉE

Le 4 avril en après-midi, on présentera un colloque où l’on dévoilera six applications pour la forêt privée. «L’idée est de rassembler les intervenants en forêt privée dans le cadre d’un petit atelier pour qu’on puisse être ensemble au Carrefour Forêts afin d’échanger et de discuter sur notre secteur d’activités. Ça sera intéressant parce qu’on n’a pas beaucoup d’évènements où l’on peut regrouper tous les gens de la forêt privée», mentionne MARC-ANDRÉ RHÉAUME, directeur général adjoint à la Fédération des producteurs de bois du Québec (FPBQ). MARC BEAUDOIN, directeur général du Regroupement des sociétés d’aménagement du Québec (RESAM), ANDRÉ GÉLINAS du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et MARC-ANDRÉ CÔTÉ, directeur général de la FPBQ ont collaboré à l’élaboration de l’atelier.

L’activité vise à montrer comment fonctionnent six applications web qui permettront de faciliter le travail quotidien des intervenants en forêt privée. L’après-midi débutera par une visite virtuelle. Plutôt que d’aller en forêt, il est possible de voir des travaux sans se déplacer. «C’est un nouvel outil qui a été développé. On veut toujours montrer comment les travaux se font ou les résultats tant pour les propriétaires qui veulent effectuer des travaux que pour l’acceptabilité sociale des autres intervenants qui peuvent être intéressés par l’aménagement forestier. Mais on ne peut pas amener tout le monde en forêt», note M. Rhéaume. La seconde application est le portail AGIR faune-forêt. «C’est un outil pour les professionnels qui permet de faire une analyse du territoire autour d’un lot boisé par exemple afin de pouvoir bonifier un plan d’aménagement forestier pour réaliser un plan forêt-faune ou multiressource», souligne le directeur adjoint.

Ensuite, on présentera le logiciel RESAM GIS 2018 qui a été développé par les groupements forestiers. Celui-ci sert à la gestion des dossiers des propriétaires, du plan d’aménagement forestier à la facturation. On peut y associer des données géomatiques, des cartes, des informations des travaux sylvicoles, etc. Le MFFP dévoilera «Forêt ouverte», un outil qui permettra d’obtenir les données écoforestières. «Le ministère travaille depuis plusieurs années à rendre accessible des informations forestières. Avec cette interface web, on pourra aller chercher des cartes écoforestières, des photos aériennes, des images satellites, des données LiDAR, etc.», souligne-t-il.

Enfin, on terminera l’atelier en présentant iForUrb. Il s’agit d’un outil informatique qui permet d’évaluer, d’identifier les menaces d’un boisé par rapport aux changements climatiques comme les canicules, les sécheresses, les insectes, les maladies.

On peut consulter la programmation du Carrefour Forêts au mffp.gouv.qc.ca/les-forets/carrefour- forets/


Il est toujours possible de s’inscrire au Carrefour Forêts. L’accès aux trois journées coûte 270$ et pour une journée, 125$. On peut avoir accès à la salle d’exposition pour 20$.