De l’argent pour financer les projets des coops

12 Fév. 2020

Depuis quelques années, le fonds Essor et Coopération rend disponible 2,5 M$ en capital de risque pour alimenter le Fonds de financement des membres de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF). Le programme créé par la FQCF, avec le soutien de Desjardins Capital de risque et du ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI), est encore peu connu. Les organisations ont pourtant avantage à présenter des demandes!

Par Martin Claveau

«Sans doute est-ce encore dû à la méconnaissance du programme par nos membres,  mais à ce jour les demandes de financement sont inférieures aux prévisions initiales», soutient le directeur général de la FQCF, JOCELYN LESSARD.   Pour M. Lessard, il importe de faire connaître le programme pour que les coopératives en profitent.

YVON LÉTOURNEAU, directeur investissement Coopératives chez Desjardins Capital de risque, abonde dans le même sens. «Les coopératives vont peut-être chercher du financement ailleurs, mais elles auraient avantage à proposer des projets. À nos yeux, le programme est toujours pertinent et il demeure très accessible. Nous croyons que c’est idéal pour les coopératives forestières», analyse-t-il.

Besoin

L’origine de cette initiative remonte à 2012.  À l’époque, un sondage avait identifié de nombreux besoins pour les coopératives forestières en matière de financement. «Plusieurs coopératives considéraient que la difficulté d’obtenir du financement limitait leur développement. Depuis plusieurs années, les membres demandaient que l’accès au capital de risque soit simplifié.», selon Jocelyn Lessard.

Pour en simplifier le fonctionnement et le rendre plus efficace, le programme est entièrement géré par la Fédération québécoise des coopératives forestières. Elle administre le programme d’une valeur de 2,5 millions de dollars en recevant les demandes, en procédant à l’analyse des dossiers et en obtenant l’avis du comité d’analyse des investissements. Selon Jocelyn Lessard, «le programme est très accessible, mais seulement 700 000$ ont été décaissés à des coopératives. Il est important de faire connaître cette possibilité à nos membres», constate-t-il.

Le comité d’analyse des investissements est composé d’au moins deux administrateurs issus de la fédération. L’équipe est complétée par des experts externes qui connaissent bien le secteur. «C’était tout nouveau pour nous, mais nous avons structuré notre comité en conséquence et les projets sont présentés à des gens qui comprennent bien la dynamique des coops», affirme M. Lessard.

Levier

Les sommes prêtées servent de levier pour financer des projets de développement. «Le but est d’utiliser le programme comme levier pour permettre des montages financiers intéressants qui sont plus difficiles à obtenir sans capital de risque», énonce Jocelyn Lessard. Le programme est disponible pour couvrir des projets d’acquisition, des démarrages de nouvelles coopératives, des projets qui visent l’expansion ou des modernisations, des projets de relève ou de renforcement de la structure financière des coopératives. Afin de répartir les risques, chaque coopérative ne peut pas emprunter plus de 300 000 $. Par ailleurs, le programme n’est pas utilisable dans des situations de redressement. Jusqu’à maintenant, il a été utilisé dans le cadre d’un projet industriel ou dans des projets d’acquisition d’équipements forestiers.

Être membre a ses privilèges

Les sommes sont accessibles seulement aux coopératives membres de la FQCF. Les coopératives peuvent cependant utiliser le programme pour emprunter des sommes pour contribuer au financement d’équipements de leurs membres. Un entrepreneur qui désire faire l’acquisition de machinerie pourrait bénéficier d’un prêt de la coopérative qui bénéficierait du programme de financement des membres.

Dans le contexte actuel, c’est intéressant. Pour certains entrepreneurs, il est difficile d’amasser les importantes mises de fonds qui sont exigées pour acheter de la machinerie. Ce type de levier peut donc s’avérer utile pour développer les affaires et améliorer la productivité.

Amortissement

Le programme comporte d’autres avantages. Les prêts peuvent être amortis sur sept ans et comporter un moratoire sur le capital pendant la première année et durant les périodes d’inactivité. Si un équipement forestier n’est pas utilisé durant une période (saison morte), la coopérative pourrait être exemptée de rembourser le capital du prêt durant cette période. De plus, en général, quand c’est possible, le prêt s’effectue sans garantie, ce qui est avantageux pour préserver le bilan de la coopérative. Enfin, il n’y a pas de restriction sur les montages financiers à concevoir avec des institutions financières

M. Lessard souligne que le projet a déjà permis la réalisation de plusieurs projets novateurs. C’est le cas, notamment, de la Coopérative de travailleurs sylvicoles Abifor qui a ainsi pu plus facilement se lancer dans le domaine de la préparation de terrain.