Gérald Beaulieu

Curieux de nature

Gérald Beaulieu est un maniaque de pêche

Gérald Beaulieu est un maniaque de pêche

Courtoisie

21 Mai. 2019

Bien qu’il ait grandi sur une ferme, et que l’agriculture fut une de ses options d’études, c’est vers la forêt que s’est tourné Gérald Beaulieu, directeur de Cecobois. Un choix qui a permis à l’ingénieur forestier de toucher à divers domaines de la foresterie, de la traçabilité des produits à la coopération internationale en passant par le redressement financier et la construction en bois. À un peu plus d’un an de la retraite, il est toujours passionné par son métier.

Marie-Claude Boileau

C’est à Baie-des-Sables, un village situé à la porte de la Gas- pésie, que grandissent GÉRALD BEAULIEU et ses 13 frères et sœurs. Son père exploite une ferme agricole. C’est là-bas qu’il a ses premiers contacts avec la forêt. Très entrepreneur, son père utilisait le bois de ses boisés pour construire des bâtiments. «Très jeune, j’accompagnais mon père en forêt parce que j’étais un des plus vieux de la famille. On allait faire de la coupe et du transport de bois. J’ai même travaillé deux étés au moulin à scie pour scier notre bois qui a servi à construire notre grange-étable », raconte-t-il.

Accepté également en agriculture, c’est pour la foresterie qu’il décide d’aller étudier à l’Université Laval. «À l’époque, le professeur Bellefeuille m’a transmis sa passion pour la forêt du Québec», se remémore-t-il.

M. Beaulieu mentionne qu’il a eu beaucoup de chance lorsqu’il obtient son diplôme en 1982. Sa cohorte est «très importante», dit-il. Or, le Québec vit sa pire crise économique. Le taux de chômage est élevé alors que les taux d’intérêt sont de 20%. Le jeune bachelier en génie forestier se fait engager par la Commission scolaire de la Matapédia où l’on veut lancer un Centre régional d’expertise en foresterie en collaboration avec les commissions scolaires de la région et les cégeps. «C’est un projet pour lequel on a obtenu le financement. J’ai terminé l’étude de faisabilité. Par la suite, j’ai commencé ma carrière comme directeur de ce centre», indique-t-il. Il y restera un peu plus d’un an.

Ensuite, il postule pour le poste de directeur général du Regroupement des sociétés d’aménagement du Québec (RESAM) qu’il obtient. Puisque l’organisation démarrait, tout était à développer. «J’ai structuré l’association, bâti la gouvernance et les projets et lancé l’ancêtre du journal Le Monde Forestier. Ç’a été une aventure pas mal intéressante», commente-t-il. En tout, il y demeurera durant six ans.

Lorsqu’il quitte RESAM en 1992, c’est pour entamer une maitrise en gestion de projet à l’UQTR. Après ses vacances, il reçoit toutefois une proposition avant le début de ses études. «On m’a offert le poste de directeur général de la Coopérative forestière de Ferland-Boilleau qui éprouvait des difficultés financières. Elle avait perdu beaucoup de sous dans la faillite de Panneaux Chambord. J’ai été engagé comme directeur général de 1992 à 2000», mentionne-t-il.

M. Beaulieu accepte ensuite un poste au Guatemala avec la SOCODEVI. «J’avais quelques projets à gérer, mais à mi-temps, je travaillais à mettre en place un réseau forestier durable en Amérique latine. Ça m’a amené à voyager beaucoup pour rencontrer des gens et des organisations afin de le développer. J’ai fait ça durant trois ans», fait-il savoir.

À son retour au Québec en 2003, il devient directeur du département des produits à valeur ajoutée chez FPInnovations, autrefois Forintek. Puis, en 2012, il part pour œuvrer pour Geotraçabilité, une start-up en technologie de l’information pour la traçabilité des produits à partir de la source jusqu’au marché. Il s’occupera du développement des affaires pendant quatre ans. Depuis 2016, il est le directeur de Cecobois. «Ça sera mon dernier emploi», dit-il précisant qu’il partira à la retraite le 31 mars 2021 après une carrière diversifiée de 39 ans en foresterie.

Gérald Beaulieu a apprécié chacune de ses expériences de travail. «Ça nous permet d’assouvir notre curiosité, mais aussi de tester notre capacité d’adaptation et de réaction face à des choses complètement inconnues. Ça forge beaucoup le caractère et ça nous ouvre les yeux sur toute cette disparité économique qui existe autour de la  planète et la complexité de ces grands modèles de gouverne- ments, mais aussi tous les comportements humains à travers ça», indique l’homme qui se décrit comme très curieux de nature. D’ailleurs, chaque fois qu’il avait à voyager, il prenait un peu de temps pour lire et s’informer sur le pays, le type de gouvernement en place, les enjeux de société et les ressources naturelles.

En prévision de la retraite, lui et sa conjointe se sont acheté une maison dans son village natal. Un de ses frères cultive la terre familiale, alors que d’autres ont leur propre ferme. Il compte bien leur donner un coup de main à sa retraite, et notamment sur leurs lots boisés. Un de ses amis exploite une érablière. Ne le cherchez donc pas en mars et en avril, car il fabrique du sirop d’érable. Maniaque de pêche tout comme sa compagne, ils ont quelques voyages de prévus. « Je suis très serein par rapport à ma retraite. Ça va me faire un pincement au cœur de partir, mais il faut passer à autre chose. La curiosité fait que j’aimerais consacrer ma vie à vivre d’autres expériences », dit-il.

Autrement, il s’attend à aider ses enfants qui ont des projets de construction et de rénovation. Le clan Beaulieu compte huit enfants et six petits-enfants. Par ailleurs, sa mère âgée de 87 ans vit toujours sa maison non loin de la sienne à Baie-des-Sables. «Ce sont autant de raison pour m’arrêter de travailler et partager ce bonheur avec les êtres chers», conclut-il en ajoutant que sa famille est tricotée serrée.