Logo Le Monde Forestier Menu

À la personne qui occupera le poste de ministre des Forêts

À l’écriture de ces lignes, l’identité de la personne qui occupera les fonctions de ministre des Forêts était toujours inconnue. Je m’adresse donc à vous sans biais, sans filtre, mais avec de grandes attentes. Notre secteur fait face à de très grands et nombreux défis. Nous avons donc besoin plus que jamais d’une personne forte et convaincue de l’importance du secteur forestier pour le développement économique du Québec. Votre tâche sera colossale. Pour réussir cet important défi, vous devrez faire preuve d’écoute pour bien comprendre nos enjeux complexes et d’un très fort leadership rassembleur pour avancer. Si vous souhaitez réellement apprendre et comprendre, nous serons vos meilleurs alliés. Le statu quo pour notre secteur n’est plus viable et nous mènera à notre perte si d’importants changements ne sont pas opérés rapidement. Laissez-moi donc vous parler de nos principales préoccupations.
 
Hausse du prix du carburant
Tout le monde sait que le prix du carburant a grandement augmenté dans la dernière année. Cependant, peu de personnes peuvent mesurer les réels impacts d’une telle hausse pour les entreprises du secteur forestier.
 
La semaine dernière, notre directrice générale a rencontré vos deux sous-ministres associés pour leur parler de cet enjeu. Bien évidemment, ils étaient déjà bien au fait du problème. Cependant, c’était la première fois qu’on leur présentait les impacts réels pour les entreprises avec des exemples concrets. Ils ont compris que les ajustements consentis jusqu’à présent sont loin de couvrir la réelle augmentation des coûts pour les entreprises sylvicoles. Ils ont également compris l’impact de l’utilisation du prix moyen du carburant pour 2025 dans le calcul mensuel des redevances plutôt que d’utiliser dans l’équation le prix moyen du carburant du mois précédent. Comme l’impact pour les entreprises va de quelques dizaines de milliers à quelques centaines de milliers de dollars, ce sera certainement le premier enjeu à court terme dont nous souhaiterons discuter avec vous. Les chantiers routiers, le transport de matières pour l’État et les grands contrats d’infrastructures intègrent des clauses d’ajustement de prix en fonction du prix du carburant pour protéger les entrepreneurs. Il est plus que temps que le secteur forestier ait droit à la même considération.
 
Système d’octroi de contrats en sylviculture
Le système actuel d’octroi de contrats en sylviculture est malsain pour les entreprises. Il est basé sur deux éléments complémentaires : des contrats à long terme signés entre une entreprise et le gouvernement (CRPF), rémunérés selon une grille tarifaire, et des appels d’offres publics octroyés seulement sur la base du prix au plus bas soumissionnaire. Pour maintenir ses CRPF, une entreprise doit absolument gagner des appels d’offres publics sur le libre marché des travaux sylvicoles. Dans le cas contraire, elle est condamnée à voir son volume de contrats à long terme diminuer avec les années. L’entreprise doit donc accepter de perdre de l’argent dans les contrats gagnés en appels d’offres publics pour ne pas perdre ses contrats à long terme où elle a une très faible marge bénéficiaire. Cela revient à dire que le système actuel force les entreprises à couper les prix, de sorte que les résultats des appels d’offres sont par le fait même biaisés et ne représentent pas les prix réels du marché.
 
En 2026, le ministère des Ressources naturelles et des Forêts a décidé de commencer à transposer les prix des appels d’offres publics sur la grille tarifaire de CRPF en répartissant l’effet sur trois ans plutôt que d’utiliser des enquêtes de coûts et des études de productivité comme il l’a fait pendant les treize dernières années. S’il poursuit dans cette voie, il détruira complètement l’environnement d’affaires des entreprises sylvicoles.
 
Par chance, votre parti s’est engagé à revoir le système d’octroi de contrats en sylviculture dans ses réponses aux questions posées par l’entremise de ce journal, mais aussi lors du Dialogue national sur la Forêt organisé le mois dernier par l’Université Laval. Nous sommes impatients d’entamer ce chantier avec vous.
 
Régime forestier
Je crois que ce besoin n’est plus à démontrer. Tous s’entendent sur la nécessité de revoir le régime forestier pour le rendre régionalisé et consensuel. Votre parti s’est d’ailleurs engagé à en déposer un nouveau avant la fin de l’année 2027. Nous avons hâte d’y travailler avec vous.
 
Alors, Madame ou Monsieur le Ministre, je vous confirme notre volonté de collaborer avec vous pour bâtir les nouveaux piliers d’un secteur forestier québécois fort et renouvelé.
Facebook Courriel

Partager

Dernière édition

Octobre-novembre 2026

Octobre-novembre 2026