C’est le temps de s’organiser
Je préfère vous avertir d’entrée de jeu : il sera ici question de forêt publique. Eh oui, cela concerne aussi directement plusieurs organisations de propriétaires forestiers. Dans plusieurs régions, les activités réalisées en forêt publique permettent de consolider les opérations, de maintenir des équipes et de rentabiliser des équipements. Elles offrent aussi, dans certains cas, une forme de stabilité lorsque les conditions de marché sont plus difficiles en forêt privée.
Mais soyons francs : la forêt publique traverse actuellement une zone de turbulence majeure. On assiste à une combinaison de facteurs qui créent une imprévisibilité rarement vue. Révision des contrats, mécanismes de transposition pour établir les taux, flou budgétaire pour 2027-2028 et les années suivantes, retrait des enchères, diminution de la production de plants dans les pépinières, baisse de la possibilité forestière, prise en compte des revendications des Premières nations… la liste est longue. Pour plusieurs entreprises d’aménagement forestier, cette accumulation de changements crée un environnement extrêmement difficile à gérer.
Il ne s’agit pas ici de pointer du doigt une organisation ou des individus. Le contexte est complexe, et les décisions prises s’inscrivent souvent dans des contraintes multiples. Mais une chose est claire : le système actuel est sous pression et ne répond plus adéquatement aux besoins du terrain. D’ailleurs, dans les dernières semaines, le message politique a été explicite : il faut réfléchir à un nouveau régime forestier et ce sont les acteurs du milieu qui doivent contribuer à le définir.
C’est là que les choses deviennent intéressantes. Car pendant que la forêt publique est plongée dans l’incertitude, la forêt privée présente un tout autre visage. Malgré un contexte économique difficile, on y observe de la croissance, une certaine prévisibilité et une capacité à s’adapter aux réalités du terrain. Sans idéaliser le modèle, force est de constater que certains éléments fonctionnent bien : une proximité avec les propriétaires, une organisation territoriale ancrée dans les régions, une capacité d’ajuster les interventions et une gouvernance qui permettent de prendre des décisions en lien direct avec les réalités locales.
La question n’est donc pas de transposer un modèle à l’identique, mais bien de s’inspirer de ce qui fonctionne. Qu’est-ce que l’on peut apprendre des succès de la forêt privée pour inspirer l’évolution de la forêt publique? Il existe certainement des pistes : une plus grande place aux acteurs régionaux, une meilleure prévisibilité des budgets et des mandats, une responsabilisation accrue des gestionnaires sur des territoires donnés, ainsi qu’une vision à plus long terme qui dépasse les cycles annuels. Mais ces réponses ne peuvent pas être uniformes, elles doivent émerger des régions.
Et c’est précisément là que se situe le message de cet éditorial. Il ne s’adresse pas spécifiquement aux groupements forestiers, mais à l’ensemble des acteurs régionaux qui expriment une insatisfaction face à la situation actuelle : entreprises, organisations, travailleurs et partenaires du milieu forestier. Si le constat est partagé, et il semble l’être de plus en plus, alors il devient nécessaire de passer à l’étape suivante.
Se parler. Se structurer. S’organiser.
Définir, collectivement, ce que l’on souhaite offrir aux Québécois en matière de gestion du territoire et d’aménagement forestier durable. Qu’est-ce qu’un modèle performant pourrait avoir comme caractéristiques? Quel rôle pour les régions? Quelle place pour les différents acteurs? Comment assurer à la fois la performance économique, la durabilité écologique et la vitalité des communautés? Ces questions sont complexes, mais elles ne peuvent pas rester sans réponse.
Car dans un contexte où les repères actuels s’effritent, ceux qui auront pris le temps de réfléchir, de proposer et de s’organiser seront en meilleure position pour influencer la suite des choses. À l’inverse, attendre que les solutions viennent d’en haut, sans articulation régionale forte, comporte un risque réel : celui de voir émerger des modèles déconnectés des réalités locales. L’histoire récente nous rappelle pourtant une chose importante : les meilleures solutions en aménagement forestier sont souvent celles qui s’appuient sur une connaissance fine du territoire et sur l’engagement des acteurs qui y vivent et y travaillent.
C’est cette force qu’il faut mobiliser aujourd’hui. Non pas dans une logique de réaction ou d’opportunisme à court terme, mais dans une perspective structurante, à moyen et long terme. Il ne s’agit pas de « sauter dans le tas », ni de chercher à tirer avantage d’une situation difficile, mais bien de prendre acte du moment que nous traversons.
Un moment charnière. Un moment où les règles du jeu sont appelées à évoluer. Et dans ces moments-là, il y a toujours deux options : subir les changements ou contribuer à les façonner.
Le message est simple : c’est le temps de s’organiser.
Mais soyons francs : la forêt publique traverse actuellement une zone de turbulence majeure. On assiste à une combinaison de facteurs qui créent une imprévisibilité rarement vue. Révision des contrats, mécanismes de transposition pour établir les taux, flou budgétaire pour 2027-2028 et les années suivantes, retrait des enchères, diminution de la production de plants dans les pépinières, baisse de la possibilité forestière, prise en compte des revendications des Premières nations… la liste est longue. Pour plusieurs entreprises d’aménagement forestier, cette accumulation de changements crée un environnement extrêmement difficile à gérer.
Il ne s’agit pas ici de pointer du doigt une organisation ou des individus. Le contexte est complexe, et les décisions prises s’inscrivent souvent dans des contraintes multiples. Mais une chose est claire : le système actuel est sous pression et ne répond plus adéquatement aux besoins du terrain. D’ailleurs, dans les dernières semaines, le message politique a été explicite : il faut réfléchir à un nouveau régime forestier et ce sont les acteurs du milieu qui doivent contribuer à le définir.
C’est là que les choses deviennent intéressantes. Car pendant que la forêt publique est plongée dans l’incertitude, la forêt privée présente un tout autre visage. Malgré un contexte économique difficile, on y observe de la croissance, une certaine prévisibilité et une capacité à s’adapter aux réalités du terrain. Sans idéaliser le modèle, force est de constater que certains éléments fonctionnent bien : une proximité avec les propriétaires, une organisation territoriale ancrée dans les régions, une capacité d’ajuster les interventions et une gouvernance qui permettent de prendre des décisions en lien direct avec les réalités locales.
La question n’est donc pas de transposer un modèle à l’identique, mais bien de s’inspirer de ce qui fonctionne. Qu’est-ce que l’on peut apprendre des succès de la forêt privée pour inspirer l’évolution de la forêt publique? Il existe certainement des pistes : une plus grande place aux acteurs régionaux, une meilleure prévisibilité des budgets et des mandats, une responsabilisation accrue des gestionnaires sur des territoires donnés, ainsi qu’une vision à plus long terme qui dépasse les cycles annuels. Mais ces réponses ne peuvent pas être uniformes, elles doivent émerger des régions.
Et c’est précisément là que se situe le message de cet éditorial. Il ne s’adresse pas spécifiquement aux groupements forestiers, mais à l’ensemble des acteurs régionaux qui expriment une insatisfaction face à la situation actuelle : entreprises, organisations, travailleurs et partenaires du milieu forestier. Si le constat est partagé, et il semble l’être de plus en plus, alors il devient nécessaire de passer à l’étape suivante.
Se parler. Se structurer. S’organiser.
Définir, collectivement, ce que l’on souhaite offrir aux Québécois en matière de gestion du territoire et d’aménagement forestier durable. Qu’est-ce qu’un modèle performant pourrait avoir comme caractéristiques? Quel rôle pour les régions? Quelle place pour les différents acteurs? Comment assurer à la fois la performance économique, la durabilité écologique et la vitalité des communautés? Ces questions sont complexes, mais elles ne peuvent pas rester sans réponse.
Car dans un contexte où les repères actuels s’effritent, ceux qui auront pris le temps de réfléchir, de proposer et de s’organiser seront en meilleure position pour influencer la suite des choses. À l’inverse, attendre que les solutions viennent d’en haut, sans articulation régionale forte, comporte un risque réel : celui de voir émerger des modèles déconnectés des réalités locales. L’histoire récente nous rappelle pourtant une chose importante : les meilleures solutions en aménagement forestier sont souvent celles qui s’appuient sur une connaissance fine du territoire et sur l’engagement des acteurs qui y vivent et y travaillent.
C’est cette force qu’il faut mobiliser aujourd’hui. Non pas dans une logique de réaction ou d’opportunisme à court terme, mais dans une perspective structurante, à moyen et long terme. Il ne s’agit pas de « sauter dans le tas », ni de chercher à tirer avantage d’une situation difficile, mais bien de prendre acte du moment que nous traversons.
Un moment charnière. Un moment où les règles du jeu sont appelées à évoluer. Et dans ces moments-là, il y a toujours deux options : subir les changements ou contribuer à les façonner.
Le message est simple : c’est le temps de s’organiser.
Dernière édition
Avril 2026