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Début de saison: que la force soit avec vous!

À l’écriture de ces lignes, les ouvriers de pépinières sont à l’œuvre pour entamer la prochaine production plants forestiers, la période de dégel et les restrictions de charges sur le réseau routier ont pris fin ou prendront fin dans quelques jours, et les premiers coups de plantoir sont donnés dans plusieurs régions marquant ainsi le début de la saison sylvicole. Dans ce début de saison 2026-2027 empreint d’incertitudes, je suis de plus en plus convaincu que c’est notre fierté et notre courage qui nous permettront de continuer et d’avancer.
 
Production de plants
En début d’année, les pépinières forestières privées ont encore eu une annonce de diminution de production pour 2026 comparativement à 2025. En trois ans, les superficies ensemencées ont baissé de 11%, ce qui amène certaines pépinières au seuil de la rentabilité. Mais cela ne touche pas seulement les pépinières, la sylviculture qui aura moins d’arbres à reboiser sera aussi affectée et éventuellement l’approvisionnement en bois en raison de l’effet sur la possibilité forestière.
 
Le ministère affirme que les baisses de commandes de plants s’expliquent par la diminution de la récolte. Cela ne nous rassure guère! Avec les annonces de fermeture d’usines qui se multiplient, la récolte de 2026 ne devrait certainement pas dépasser celle de 2025. Qu’adviendra-t-il alors de nos pépinières forestières privées? Pourrions-nous profiter de cette opportunité pour aller reboiser davantage des superficies brûlées en 2023 et qui, selon le Forestier en chef, seraient en échec de régénération?
 
Sylviculture
Je n’ai pas souvenir d’avoir vécu un début de saison sylvicole aussi chaotique. La directrice générale et moi en avons d’ailleurs amplement parlé dans nos éditoriaux précédents. Il est peut-être comparable à celui de 2020 lorsque la Covid est venue chambouler toutes nos façons de faire. Bref, la Fédération arrive à la conclusion qu’il n’est plus soutenable pour les entreprises sylvicoles de continuer à évoluer dans un système qui est conçu pour les mener à leur perte.
 
Transformation du bois
L'industrie québécoise de transformation du bois traverse une période très difficile. Les usines font face à de lourdes pertes financières en raison d'un marché du bois d'œuvre déprimé, des coûts d'approvisionnement élevés et des tarifs douaniers étatsuniens persistants. Les prix de vente ne couvrent plus les coûts de production, forçant des entreprises majeures à fermer temporairement ou définitivement certaines installations pour préserver leur viabilité à long terme.
 
Le projet de loi no 11 qui devrait donner un peu de souffle aux usines pour leur approvisionnement en bois a été ramené à l’agenda politique il y a de cela quelques jours. Sera-t-il adopté d’ici la fin de la session parlementaire le 12 juin prochain? On le souhaite ardemment.
 
Récolte
La réduction de la production et les fermetures temporaires ou définitives de plusieurs usines se répercutent directement sur les entrepreneurs qui se retrouvent en manque criant de contrats. Ils récoltent donc moins de bois et connaissent de longues périodes d'inactivité, ce qui s’ajoute à leur lourd fardeau financier.
 
Besoin d’une vision de développement stratégique
Je crois que tout le monde s’entend pour dire que l’ensemble du système régissant le secteur forestier doit être revu. Tous les partis politiques se sont d’ailleurs engagés à revoir le régime forestier. Mais cela ne sera pas suffisant. Pour retrouver un secteur forestier fort et innovant, il est impératif que le Québec se dote d’une vision de développement du secteur forestier. Une vision où le Québec considérera la sylviculture comme un investissement plutôt qu’une dépense, et où les actes d’aménagement forestier seront dictés par des ingénieurs forestiers terrains qui se baseront la science. 
 
J’ai posé beaucoup de questions dans cet éditorial, parce que le secteur forestier est en manque cruel de réponses. Présentement, nous avons tous l’impression de naviguer à l’aveugle. Tout capitaine de bateau nous dirait que c’est une très mauvaise idée si on souhaite éviter le naufrage. Alors le message est lancé à tous les partis politiques en vue des prochaines élections, le secteur forestier a besoin de deux éléments essentiels pour maintenir sa contribution à l’économie du Québec : une vision de développement stratégique du secteur et un nouveau régime forestier consensuel qui permettra aux entreprises d’être plus compétitives.
 
 
 
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Mai-juin 2026

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