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Les prochains mois : comprendre et agir

Au nom de Groupements forestiers Québec (GFQ), je tiens d’abord à féliciter l’ensemble des candidates et candidats élus lors de la récente élection québécoise, et plus particulièrement les membres du nouveau gouvernement formé par le Parti Québécois. Une campagne électorale est exigeante. Elle demande de l’énergie, de l’écoute et une grande disponibilité. Le travail de député à l’Assemblée nationale n’est pas de tout repos non plus. Représenter une population, défendre des dossiers régionaux et contribuer aux orientations d’un gouvernement exigent du jugement, de la rigueur et une réelle volonté de comprendre. 

Dans mon éditorial de juillet, j’écrivais que GFQ avait entrepris une démarche auprès des principaux partis politiques afin que l’avenir de la forêt privée soit clairement reconnu dans les plateformes électorales. Notre objectif était simple : rappeler le rôle stratégique des 29 000 producteurs forestiers regroupés qui proposent des solutions concrètes pour aménager leurs forêts, approvisionner l’industrie, soutenir les régions et transmettre un patrimoine forestier en santé aux générations futures. Aujourd’hui, à la suite de l’élection, ce même fil conducteur demeure : il faut passer de la reconnaissance politique à l’action gouvernementale. 

Les prochaines semaines et les prochains mois seront donc déterminants. Ils permettront aux nouveaux élus de prendre connaissance des dossiers, de rencontrer les acteurs du terrain et de se faire une tête sur les approches à privilégier. On ne se le cachera pas : la foresterie est un secteur complexe à maîtriser. Elle touche l’économie régionale, l’environnement, l’aménagement du territoire, les propriétaires privés, les travailleurs, les industriels, les communautés et les changements climatiques. Il serait illusoire de croire que toutes les réponses peuvent être trouvées en quelques semaines. J’ai rarement vu des décisions structurantes se prendre dans les tout premiers mois d’un nouveau gouvernement. Et c’est probablement une bonne chose. En forêt, les décisions prises trop rapidement, sur la base d’informations incomplètes ou non validées, peuvent avoir des conséquences importantes et durables. Les premiers mois doivent donc servir à écouter, à comprendre et à poser les bonnes questions. 

Pour GFQ, cette période est essentielle. Notre rôle sera de nous assurer que les décideurs comprennent bien l’environnement d’affaires des propriétaires et producteurs forestiers, de même que la contribution des groupements forestiers au développement des régions. Les groupements représentent plus de 29 000 propriétaires de forêts privées et génèrent un chiffre d’affaires de près de 300 M$. Ce n’est pas marginal : c’est une force économique, sociale et environnementale bien enracinée dans les territoires. 

Notre priorité sera aussi de rappeler l’importance du regroupement volontaire des propriétaires. Cette approche collective favorise la collaboration, l’équité, la saine gouvernance et une meilleure capacité d’action sur le terrain. Elle permet d’offrir un accompagnement professionnel, de planifier les interventions, d’améliorer la mise en valeur des boisés et de contribuer à des objectifs publics. Ces paramètres sont d’ailleurs encadrés et audités par le gouvernement du Québec. 

Le secteur forestier a besoin d’un nouveau régime forestier. Le Parti Québécois s’est engagé à déposer un projet de réforme d’ici la fin de 2027 et s’est montré favorable à une modernisation du cadre réglementaire et légal applicable à la forêt privée. Ce chantier devra être mené avec sérieux, ouverture et pragmatisme. Dans les prochaines années, la forêt publique risque de représenter une source d’approvisionnement moins importante. La forêt privée devra donc être considérée comme un partenaire stratégique déjà structuré et actif. 

Dans l’éditorial de juillet, nous soulevions aussi une inquiétude : les investissements prévus en forêt privée passeraient de 87,2 M$ en 2025-2026 à près de 77 M$ en 2029-2030, au moment même où la forêt privée doit en faire davantage pour contribuer à la résilience du territoire, à l’approvisionnement en bois et à la lutte contre les changements climatiques. Cette question devra faire partie des discussions avec le nouveau gouvernement. 

En toute transparence, notre approche n’est pas de dénigrer d’autres acteurs ou de chercher à prendre leur place. Nous croyons plutôt à une approche de solution et de passage à l’action. Prévisibilité, agilité, résilience et collaboration seront des mots clés pour la suite. 

C’est cette approche qui me motive comme président de GFQ. J’espère que le nouveau gouvernement adoptera le même état d’esprit : écouter, comprendre, rassembler et agir. Une chose est certaine : la forêt privée est prête à contribuer.  
 
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