Quel genre de Québec souhaitons-nous léguer aux prochaines générations?
Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, j’ai souvent l’impression que nous tenons pour acquis tous nos avantages de vivre dans une social-démocratie. Avec nos programmes sociaux, nos services de garde à bas prix et nos bas tarifs d’électricité, le Québec se distingue par ses politiques publiques axées sur l'économie de marché, mais aussi sur la justice sociale via une forte intervention de l'État pour assurer la redistribution des richesses visant à garantir l’accès universel à l’éducation, à la santé et à la culture. J’ai vécu quelques années à l’extérieur du Canada, ce qui m’a certainement aidé à comprendre et à apprécier les chances que nous avons d’avoir de tels privilèges. Mais le risque de perdre tous ces avantages est réel, si nous baissons notre vigilance ou si nous assoyons sur ces acquis sans nous rappeler toutes les luttes qui ont dû être menées pour les obtenir.
Vigie du CQCM
Le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) produit périodiquement une vigie sur les transformations qui influencent les coopératives et les mutuelles québécoises. Son bulletin de mars 2026 traite de démographie où l’enjeu du vieillissement de la population y est soulevé. Saviez-vous que le Québec a un taux de dépendance de 58 %, un des plus élevés des provinces canadiennes? Le taux de dépendance est le rapport entre les personnes inactives (les jeunes de 14 ans et moins, et les personnes âgées de 65 ans et plus), donc qui ne travaillent généralement pas, et la population en âge de travailler (les 15 à 64 ans).
Toujours dans cette vigie, cet enjeu démographique est mis en relation avec un récent sondage de Léger qui révèle que plus de la moitié des Québécois préfèrent maintenir le même niveau de taxes et d'impôts, quitte à diminuer les services offerts par l'État. Dans ce contexte, voyez-vous le risque de perte de privilèges?
En effet, face à la pression démographique et aux défis qu'elle représente pour les finances publiques, que feront les Québécois? Devront-ils se résigner et accepter d'élaguer les mesures sociales dont ils bénéficient, en ciblant l'essentiel, ou essayeront-ils plutôt d’innover?
Résignation ou innovation?
Pour ma part, je refuse de me résigner et d’accepter de perdre nos mesures sociales. J’ai toujours dit à mes enfants lorsque nous attendions dans les salles d’attente des hôpitaux que nous avions de la chance. Nous n’avions qu’à attendre, mais nous avions la certitude que leurs problèmes de santé seraient pris en charge par des médecins compétents. Je leur répétais que, dans de nombreux pays, tous les enfants n’avaient pas cette chance. Je vous avoue que cela ne donnait pas beaucoup de résultats sur leur patience immédiate à l’hôpital, mais maintenant qu’ils sont rendus grands, ils se souviennent de ces mots répétés à maintes reprises et je sais qu’ils seront prêts à se battre pour que le Québec conserve ses privilèges, notamment l’accès universel à la santé. Mais une fois cela dit, comment devons-nous nous y prendre? Comment trouver des solutions?
Une solution dans le mouvement coopératif et mutualiste?
J’aimerais bien avoir des réponses précises à mes deux questions précédentes, mais je n’ai que des pistes de solution à vous offrir. La réponse facile est d’augmenter les impôts, mais le contexte inflationniste et notre situation démographique fragilisent notre capacité d’absorption collective. Alors, que devons-nous faire?
Je vous l’ai souvent dit, toutes les coopératives sont nées pour répondre à un besoin. Je crois donc que le mouvement coopératif et mutualiste pourrait être, en partie, une solution pour jouer un rôle complémentaire à celui de l’État. Ce modèle d'avenir pourrait assurer un développement durable et inclusif, où la participation citoyenne renforcerait notre filet social face aux pressions budgétaires actuelles.
L'avenir pourrait donc passer par la coopération pour garantir l'accès universel aux acquis sociaux, plutôt que par la résignation ou l'austérité. Alors, en cette journée internationale des coopératives (4 juillet), à l’écriture de ces lignes, je vous invite à réfléchir à un rôle accru du modèle dans l’avenir du Québec. Nous sommes déjà une référence à travers le monde, alors mettons-en plein la vue!
Vigie du CQCM
Le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) produit périodiquement une vigie sur les transformations qui influencent les coopératives et les mutuelles québécoises. Son bulletin de mars 2026 traite de démographie où l’enjeu du vieillissement de la population y est soulevé. Saviez-vous que le Québec a un taux de dépendance de 58 %, un des plus élevés des provinces canadiennes? Le taux de dépendance est le rapport entre les personnes inactives (les jeunes de 14 ans et moins, et les personnes âgées de 65 ans et plus), donc qui ne travaillent généralement pas, et la population en âge de travailler (les 15 à 64 ans).
Toujours dans cette vigie, cet enjeu démographique est mis en relation avec un récent sondage de Léger qui révèle que plus de la moitié des Québécois préfèrent maintenir le même niveau de taxes et d'impôts, quitte à diminuer les services offerts par l'État. Dans ce contexte, voyez-vous le risque de perte de privilèges?
En effet, face à la pression démographique et aux défis qu'elle représente pour les finances publiques, que feront les Québécois? Devront-ils se résigner et accepter d'élaguer les mesures sociales dont ils bénéficient, en ciblant l'essentiel, ou essayeront-ils plutôt d’innover?
Résignation ou innovation?
Pour ma part, je refuse de me résigner et d’accepter de perdre nos mesures sociales. J’ai toujours dit à mes enfants lorsque nous attendions dans les salles d’attente des hôpitaux que nous avions de la chance. Nous n’avions qu’à attendre, mais nous avions la certitude que leurs problèmes de santé seraient pris en charge par des médecins compétents. Je leur répétais que, dans de nombreux pays, tous les enfants n’avaient pas cette chance. Je vous avoue que cela ne donnait pas beaucoup de résultats sur leur patience immédiate à l’hôpital, mais maintenant qu’ils sont rendus grands, ils se souviennent de ces mots répétés à maintes reprises et je sais qu’ils seront prêts à se battre pour que le Québec conserve ses privilèges, notamment l’accès universel à la santé. Mais une fois cela dit, comment devons-nous nous y prendre? Comment trouver des solutions?
Une solution dans le mouvement coopératif et mutualiste?
J’aimerais bien avoir des réponses précises à mes deux questions précédentes, mais je n’ai que des pistes de solution à vous offrir. La réponse facile est d’augmenter les impôts, mais le contexte inflationniste et notre situation démographique fragilisent notre capacité d’absorption collective. Alors, que devons-nous faire?
Je vous l’ai souvent dit, toutes les coopératives sont nées pour répondre à un besoin. Je crois donc que le mouvement coopératif et mutualiste pourrait être, en partie, une solution pour jouer un rôle complémentaire à celui de l’État. Ce modèle d'avenir pourrait assurer un développement durable et inclusif, où la participation citoyenne renforcerait notre filet social face aux pressions budgétaires actuelles.
L'avenir pourrait donc passer par la coopération pour garantir l'accès universel aux acquis sociaux, plutôt que par la résignation ou l'austérité. Alors, en cette journée internationale des coopératives (4 juillet), à l’écriture de ces lignes, je vous invite à réfléchir à un rôle accru du modèle dans l’avenir du Québec. Nous sommes déjà une référence à travers le monde, alors mettons-en plein la vue!
Dernière édition
Juillet-août 2026