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Un nouveau cycle

Dans les derniers jours, une nouvelle importante pour le réseau des groupements forestiers est passée un peu inaperçue. À première vue, cela peut sembler plutôt technique voire un peu administratif. Pourtant, derrière ces mots un peu bureaucratiques se cache quelque chose d’essentiel pour le fonctionnement des groupements et pour les propriétaires forestiers qui en font partie. 

Comme près de 12 000 abonnés de ce journal sont des propriétaires de boisé membres d’un groupement (total de 29 000 membres), je me permets de profiter de cet éditorial pour vous partager quelques informations sur le fonctionnement du modèle d’affaires des groupements forestiers. Je vous fais toutefois une promesse : avec l’arrivée du printemps, les prochains éditoriaux seront un peu plus terrain! 

La nouvelle dont il est question concerne le début d’un nouveau cycle d’audit du modèle d’affaires des groupements forestiers. Les groupements forestiers fonctionnent selon un cadre reconnu par l’État. Ce cadre repose sur un document appelé document des exigences du modèle d’affaires des groupements forestiers, qui définit les règles et les principes permettant d’assurer une gouvernance saine et une gestion collective efficace des forêts privées. Un cycle d’audit de cinq ans encadre le tout. Concrètement, chaque groupement doit démontrer qu’il respecte ces exigences à travers deux mécanismes principaux : 
• une revue documentaire annuelle, qui permet de vérifier certains éléments administratifs et de gouvernance; 
• une visite sur site tous les cinq ans, où l’on examine plus en profondeur le fonctionnement du groupement. 

Au moment d’écrire ces lignes, le document accessible publiquement est toujours la version 2018. Toutefois, une nouvelle version 2026 sera publiée par le gouvernement dans les prochains jours afin d’actualiser certaines dispositions et tenir compte de l’évolution du réseau. 

Ces exigences existent d’abord pour protéger ce qui fait la force du modèle des groupements forestiers : des organisations collectives, détenues par des propriétaires forestiers et gouvernées démocratiquement. Elles visent notamment à s’assurer que : 
• chaque propriétaire membre peut participer au développement de son organisation; 
• le pouvoir s’exerce de façon démocratique; 
• les membres sont traités équitablement; 
• les décisions sont prises dans l’intérêt collectif des propriétaires. 

La reconnaissance officielle de ce modèle par le gouvernement n’est pas anodine. Elle permet de revenir aux objectifs initiaux du programme, soit : 
• regrouper les superficies forestières; 
• maintenir une expertise professionnelle forte partout au Québec; 
• maximiser l’effet de levier des investissements publics; 
• soutenir un bassin de travailleurs compétents, bien encadrés en matière de santé et sécurité. 

Autrement dit, les groupements ne sont pas simplement des organisations de services. Ils constituent un outil structurant pour l’aménagement durable de la forêt privée au Québec. 

Quelques ajustements à venir 
Je me permets de vous partager quelques éléments en primeur concernant les ajustements actuellement en finalisation dans le modèle d’affaires. Sans entrer dans tous les détails techniques, ces modifications visent surtout à : 
• clarifier certaines exigences de gouvernance; 
• améliorer la transparence et la reddition de comptes; 
• mieux encadrer certains aspects de planification des travaux forestiers; 
• préciser certaines attentes concernant le fonctionnement des organisations. 

Un élément mérite d’être mentionné plus particulièrement. Pour toutes les décisions liées au Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées et aux nouveaux budgets consacrés à la forêt privée, les groupements devront démontrer clairement que chaque personne dispose d’un seul vote, peu importe la forme juridique du groupement.  

Ces ajustements ne changent pas l’essence du modèle. Ils viennent plutôt moderniser certains aspects et confirmer la solidité d’un cadre qui a fait ses preuves depuis plus de cinquante ans. Il faut voir ces évolutions pour ce qu’elles sont : des avancées pour des organisations de propriétaires qui reposent sur des principes de démocratie, d’équité et de transparence. 

La valeur de la prévisibilité 
Respecter ce modèle et réussir les audits comporte aussi un avantage majeur pour les groupements : la prévisibilité. Cette prévisibilité est essentielle pour planifier les travaux, maintenir des équipes professionnelles compétentes et organiser les interventions forestières sur plusieurs années. 

Dans un contexte où plusieurs acteurs du secteur forestier soulignent le manque de prévisibilité des investissements en forêt publique, le modèle des groupements forestiers continue justement de se distinguer par cette stabilité. 

Depuis plus de cinquante ans, les groupements forestiers permettent à des milliers de propriétaires de mettre en valeur leur forêt de manière professionnelle, structurée et durable. 

Le nouveau cycle d’audit qui débute est donc bien plus qu’un simple exercice administratif. C’est aussi l’occasion de rappeler que ce modèle collectif continue d’évoluer tout en restant fidèle à ses principes fondateurs. Et pour les milliers de propriétaires forestiers qui participent à cette aventure collective, c’est la preuve que leur organisation demeure démocratique, transparente et tournée vers l’avenir. 

Et promis, au prochain éditorial, avec l’arrivée du printemps, on parlera un peu moins de gouvernance… et un peu plus de forêt, de terrain et de travaux sylvicoles. 
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Mars 2026

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