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Une tuile de plus au bilan sylvicole 2025

Pour mon dernier éditorial en 2025, j’avais prévu dresser avec vous un bilan de l’année, mais comme je n’ai que 700 mots je ne vous ferai qu’un bilan de la sylviculture et vous reviendrai en début d’année 2026 pour la suite. J’ai choisi la sylviculture, car les solutions sont à la portée de notre gouvernement provincial pour y fournir de l’aide et des solutions à court et moyen termes. Elles ne dépendent absolument pas de l’humeur de notre voisin du sud ni des négociations du gouvernement fédéral avec lui. Je vous parlerai donc d’un système d’octroi de contrats comportant d’importances lacunes, qui devront être corrigées et de la tuile de plus qui s’est abattue sur nous avec la consultation de la grille de taux.
 
Le début de l’année 2025 a été le théâtre d’une course contre la montre pour trouver un nouveau registraire prêt à reprendre le flambeau du Bureau de normalisation du Québec (BNQ) pour le Programme de certification des pratiques de gestion des entreprises sylvicoles (PGES). Les associations devaient réaliser l’exploit, en moins de trois mois, de trouver un nouveau registraire, signer un contrat avec lui, réviser le cahier des charges et s’assurer qu’il puisse prendre le relais du BNQ au 1er avril 2025. SmartCert a accepté de relever le défi avec les associations et a réalisé sa première saison d’audits sans trop d’embûches.
 
La grille de taux pour les traitements sylvicoles non commerciaux 2025-2026 a aussi requis une bonne partie de notre attention en début d’année. Après deux ans de baisse des taux pour intégrer les résultats de la dernière enquête sur les coûts, la grille en consultation ne prévoyait aucune indexation comparativement à l’année précédente pour commencer à lui attribuer une partie de l’effet de la transposition des prix des appels d’offres. Après nos représentations, le BMMB s’est ravisé en acceptant d’indexer la part liée aux travailleurs. Si la totalité de l’effet de la transposition avait été attribuée à la grille, le BMMB estimait que plus de 60 % des entreprises sylvicoles auraient fermé faute de revenus suffisants : signe que le système comprend d’importantes lacunes qui doivent être corrigées.
 
La grille de taux 2026-2027 est actuellement en consultation. Le BMMB procède à un ajustement des taux lorsqu’un écart de plus ou moins 10% entre un taux de la grille et les résultats des appels d’offres adjugés est constaté. Ainsi, le BMMB propose dans sa grille en consultation une baisse générale des taux en éducation de peuplement et en préparation de terrain. Pour le reboisement, une légère hausse est proposée. Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts a mis en place une mesure d’intégration progressive des ajustements qui s’échelonnera sur trois ans, afin d’en atténuer l’effet. Cela signifie qu’il prévoit encore deux autres années de baisse. Une tuile de plus s’abat donc sur le secteur forestier, mais cette fois le ministère en a le plein contrôle et choisit, pour le moment, d’ajouter des difficultés à un secteur déjà durement éprouvé!
 
Le 9 octobre, Rexforêt a lancé son appel d’offres public pour la conclusion des contrats répartis à plusieurs fournisseurs. Dans cet appel d’offres, Rexforêt avait décidé de changer les règles du jeu concernant les déclarations de capacités pour mieux contrôler les doubles déclarations. Ce changement des règles a été révélé aux entreprises une fois qu’elles ne pouvaient plus rien faire pour adapter leurs stratégies pour éviter de perdre des parts de marché. Les associations ont fortement critiqué ces façons de faire en précisant qu’elles n’étaient pas contre le fait de mieux contrôler les doubles déclarations, mais que ces règles auraient dû être changées lors de la première année d’application des CRPF, et non pas lors de l’appel d’offres, une fois que les dés étaient jetés. Rexforêt semble bien avoir compris le message et prévoit d’autres modifications de règles qui pourront s’appliquer dès le début de la saison 2026-2027.
 
Il devient donc urgent de s’asseoir avec le MRNF pour changer ce système qui force les entreprises à se cannibaliser. Ce sera là notre principal défi pour la sylviculture en 2026!
 
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