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Une vision d’avenir de la forêt privée dans vos plateformes électorales SVP!

À l’approche de la prochaine campagne électorale, Groupements forestiers Québec a entrepris une démarche auprès des principaux partis politiques afin de leur soumettre une série de questions essentielles pour l’avenir de la forêt privée. Notre objectif est simple : nous assurer que les plateformes électorales reconnaissent pleinement le rôle stratégique des 29 000 producteurs forestiers regroupés que nous représentons, tout en proposant des pistes pertinentes pour nos partenaires, nos collaborateurs et les générations futures. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large d’établir une véritable vision d’avenir pour le secteur forestier et plus particulièrement, pour les propriétaires forestiers regroupés. 

La forêt privée a déjà été perçue comme un acteur secondaire du secteur forestier. Elle constitue maintenant un pilier économique régional majeur. Elle contribue à environ 21 % de l’approvisionnement forestier en provenance du Québec, soutient 1 300 emplois au sein des groupements forestiers et permet à des milliers de propriétaires de mettre en valeur leurs boisés de façon responsable. Derrière ces chiffres, il y a des familles, des entrepreneurs, des travailleurs sylvicoles, des transporteurs, des aménagistes, des communautés rurales et des entreprises de transformation qui dépendent d’une forêt productive, résiliente et bien accompagnée. 

Au cours des cinq dernières années, notre réseau a démontré sa capacité d’innovation et de progression. Les groupements forestiers ont connu une hausse de 10 % de leurs membres, une croissance de 44 % de leur chiffre d’affaires, une augmentation de 16 % des superficies sous aménagement et une progression de 42 % des ventes de bois. Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Ils découlent d’un engagement constant envers les propriétaires, d’une expertise de terrain reconnue et d’une volonté d’adapter nos pratiques aux nouvelles réalités économiques, environnementales et sociales. 

Mais cet élan demeure fragile. Les producteurs forestiers privés doivent composer avec des contraintes de plus en plus nombreuses : incertitude budgétaire, lourdeur administrative, règlements municipaux parfois abusifs, hausse des coûts d’opération, enjeux de mise en marché, tarifs douaniers, etc. Dans ce contexte, il est impératif que les partis politiques prennent position clairement. 

La première question est fondamentale : s’engagent-ils à augmenter, maintenir ou réduire les investissements en forêt privée au cours du prochain mandat? La prévisibilité des programmes d’aide est une condition essentielle pour planifier certains travaux, mobiliser les propriétaires et maintenir une capacité opérationnelle dans toutes les régions. Or, les investissements prévus en forêt privée passeraient de 87,2 M$ en 2025-2026 à près de 77 M$ en 2029-2030. Une telle trajectoire soulève des inquiétudes légitimes au moment même où la forêt privée doit en faire davantage pour contribuer à la résilience du territoire, à l’approvisionnement en bois et à la lutte contre les changements climatiques. 

La deuxième question porte sur l’allègement des contraintes administratives et réglementaires. Les propriétaires forestiers souhaitent investir dans leurs boisés, réaliser des travaux sylvicoles, récolter du bois et contribuer à l’économie locale. Encore faut-il que l’environnement réglementaire soit cohérent, prévisible et applicable. La modernisation de l’encadrement de l’aménagement en forêt privée, notamment par une plus grande uniformisation à l’échelle des MRC, peut faciliter le dialogue entre les forestiers et les officiers municipaux. En parallèle, nous demandons aussi au milieu municipal d’être prêt à mettre de l’avant des mesures pour réduire les obstacles qui freinent l’investissement en forêt privée. 

La troisième question concerne l’adaptation aux changements climatiques. La forêt privée joue un rôle important dans l’adaptation des écosystèmes forestiers. Le Québec passe progressivement d’une logique d’aménagement écosystémique à une approche de gestion des risques climatiques, afin de maintenir des forêts saines et résilientes. Les groupements forestiers sont de plus en plus actifs sur le terrain pour accompagner les propriétaires dans cette transition. Encore faut-il que les politiques publiques reconnaissent cette contribution et soutiennent les actions nécessaires : favoriser des projets de restauration en milieu forestier, la diversification des essences, des pratiques novatrices afin de s’adapter aux risques, etc. 

Enfin, nous avons voulu rappeler aux partis que la forêt privée n’est pas un problème à gérer, mais une solution à renforcer. Nos organisations investissent déjà dans des outils modernes : plateformes numériques, géomatique, drones, formulaires numériques, compas électroniques et solutions d’intelligence artificielle appliquées à la foresterie. Cette modernisation démontre que le réseau est prêt à faire sa part. Ce que nous demandons, c’est un partenariat clair, stable et ambitieux avec l’État. 

La prochaine plateforme électorale de chaque parti devrait contenir une vision d’avenir pour la forêt privée. Cette vision doit reconnaître la contribution des propriétaires de boisés, soutenir les investissements, réduire les lourdeurs inutiles, favoriser l’innovation et placer l’adaptation climatique au cœur des décisions. 

Les 29 000 producteurs que nous représentons proposent des solutions. Ils identifient les conditions nécessaires pour continuer à aménager leurs forêts, approvisionner l’industrie, soutenir les régions et transmettre aux générations futures un patrimoine forestier en santé. La forêt privée québécoise est en progression. Il appartient maintenant aux partis politiques de dire clairement s’ils souhaitent l’accompagner dans cette voie. 
 
 
 
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Juillet-août 2026

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