Regard tourné vers le futur pour les Industries TLT

15 Mar. 2021

Après la modernisation de son usine de moulurage bois de plancher, en vertu d’un investissement récent de 4 M$, Industries TLT, de Sainte-Monique, au Lac St-Jean, se tourne résolument vers l’avenir.  Les dirigeants de l’entreprise, qui appartient au Groupe Mono Serra depuis 2012, entrevoient un futur orienté vers la modernisation et l’innovation dans la transformation à haute valeur ajoutée des essences feuillues de la forêt boréale.

Martin Claveau

Industries TLT Inc. (ITLT) est un complexe intégré de sciage, de séchage et de transformation à valeur ajoutée détenant une garantie annuelle d’approvisionnement de 180 500 m³, dont 140 100 m³ en bouleau blanc et jaune et 40 400 m³ en peuplier faux-tremble.

De son côté, le Groupe Mono Serra, distribue des matériaux à la grandeur du Canada et des États-Unis dans des gammes spécialisées de recouvrement de plancher dont la céramique, la porcelaine, le plancher de bois franc, le plancher de vinyle et le plancher laminé. Le Groupe Mono Serra exploite également des divisions dans la fabrication d’armoire de cuisine (Collection Eurostyle) et de revêtement mural (Mur Design).

ITLT compte plus de 100 travailleurs dans ses installations de production de composantes de palettes, de bois ouvré sur mesure, de bois de plancher et de sous-produits de transformation.  « ITLT génère également de nombreux emplois directs et indirects en sous-traitance au niveau des opérations en forêt, de camionnage, de gestion des approvisionnements et de planification forestière.  Les retombées induites dans les communautés environnantes sont tout aussi importantes avec l’envergure de ces activités d’affaires de l’entreprise. » souligne ALAIN LABERGE, directeur forestier.

Des investissements importants ont été réalisés depuis 2019 afin de consolider ces emplois dans la région et de demeurer compétitif dans le secteur des produits forestiers feuillus de plus en plus concurrentiel.  Une des premières phases de son plan de modernisation consistait à implanter les plus récentes technologies de pointe dans le classement du bois par vision artificielle et de moulurage de bois de plancher. Pour que ce projet se concrétise, l’entreprise a investi plusieurs millions à même ses propres finances avec en complément une aide financière reçue de 2,15 M$ d’Investissement Québec.

La totalité de la production de bois de plancher mouluré est vendue à une autre division du Groupe Mono Serra, soit Planchers Mistral de Jonquière pour compléter les étapes de finition, d’emballage et d’expédition aux entrepôts du groupe. La maison mère se charge ensuite de commercialiser les produits et d’effectuer les livraisons aux clients des grandes surfaces : Rona, Home Depot, Lowes, Réno-Dépôt, etc.

L’arrivée des technologies de pointe

Le directeur général MARC DOUCET et le directeur des ressources humaines et de la santé sécurité au travail, JEAN PICARD, sont visiblement fiers des résultats obtenus depuis le démarrage du projet en janvier dernier. Le changement vers les technologies de pointe s’est imposé après une réflexion à l’interne de plusieurs mois sur le contexte évolutif des différentes opérations chez ITLT et chez Planchers MISTRAL. Malgré des efforts persistants, ces deux entreprises éprouvaient (et éprouvent encore) de la difficulté à recruter du personnel, alors que les besoins en main-d’œuvre pour maintenir les opérations sont grandissants.

Face à la pénurie de main-d’œuvre, les dirigeants du Groupe Mono Serra ont fait le pari de revoir les opérations afin d’optimiser le rendement de transformation de la fibre et de tirer le maximum des synergies du groupe et du bassin disponible de travailleurs. Dans cette perspective de renouveau, l’entreprise a fait l’acquisition d’un scanneur linéaire de classement du bois par vision artificielle et d’une moulurière à contrôles numériques avec une station connectée de mesurage optique des têtes de profilage. L’ajout de ces technologies de pointe permet à ITLT d’exploiter une nouvelle ligne de moulurage ultra performante avec les gains associés en productivité, en rendement et en qualité.

Un virage vers la vision artificielle

Grâce à ce que l’on appelle le classement des bois par la vision artificielle, plusieurs petits problèmes auxquels la compagnie faisait face trouvent maintenant des solutions concrètes. Cet équipement, conçu par l’entreprise beauceronne EBI Electric, est en fait un scanneur linéaire (Scanneur Inspector B) qui évalue chacune des pièces de bois selon les défauts en présence. Le processus d’itération dans l’évaluation des solutions possibles se fait en millièmes de secondes sur chaque pièce et de façon à déterminer la « meilleure » solution selon différents paramètres d’optimisation (dimensions, grades, volumes, prix).

Un des objectifs visés par cette technologie de classement est de s’assurer que nous obtenons à tout coup la meilleure solution d’optimisation au moulurage sur chacune des pièces de bois brut sec alimentant la ligne de production. Par rapport à un classement humain, le classement du bois par vision artificielle permet de maximiser le rendement de transformation et la valeur sur chaque pièce et ce, de façon stable et précis dans le temps. « Avec la problématique de disponibilité et de qualification de la main-d’œuvre pour cette opération traditionnelle en usine, le classement par vision artificielle était la solution à mettre de l’avant pour éliminer les irritants du facteur humain », nous expliquait le directeur général, Marc Doucet.

Lorsque bien suivie et contrôlée, l’opération de ce scanneur nous assure un rendement stable et une qualité uniforme du lundi au vendredi. Tout est sous contrôle maintenant, car un appareil comme celui-là tombe rarement malade », rigole Jean Picard. L’usine de seconde transformation fonctionne de 3 h du matin à 19 h 30 le soir, du lundi au jeudi et le vendredi, la production cesse à 13 h 30. « Nous aurons toujours besoin du bon jugement et de la rigueur de nos gens sur le terrain pour opérer ces nouvelles technologies car lorsque la vision voit « trouble » ces machines font des bêtises », souligne M Picard.

Cet équipement automatisé de classement du bois permettra de réduire les besoins de main-d’œuvre. La principale préoccupation du directeur des ressources humaines, Jean Picard, demeure tout de même de recruter des travailleurs pour les besoins des autres opérations dans les usines. « Grâce à ce nouvel équipement, nous serons toutefois en mesure de maintenir notre volume de production », explique M.  Picard. La nouvelle ligne de moulurage de bois de plancher est donc à la fine pointe de la technologie et comparable aux standards des leaders de cette industrie au Québec.

Un positionnement concurrentiel

La compagnie ITLT ne fabrique pas uniquement que du plancher de bois francs, la gamme de produits est variée :  composantes de palettes, bois débité sur mesure, bois de manutention et d’arrimage, bûches densifiées écoénergétiques, sous-produits de transformation, etc. Les essences de bois transformées, telles le bouleau blanc et jaune et le tremble proviennent des forêts environnantes de la région du Saguenay – Lac-St-Jean.

Un tiers du volume de production de la scierie va à la fabrication du plancher de bois francs et l’autre portion destinée aux produits de composantes de palettes et de bois débités selon diverses dimensions. Face à un marché de l’emploi difficile, l’entreprise est devant un constat inévitable de se réinventer. « Nous demeurerons agressifs et imaginatifs dans notre recrutement. Il est important et capital pour nous de demeurer compétitifs. Nous tenons à être parmi les leaders dans notre secteur d’activités », affirme le coordonnateur des ressources humaines, Jean Picard.

Un changement de cap obligé

Il y a quelques années, l’entreprise a payé cher le prix d’une diversification trop prononcée qui avait été amorcée. Selon le directeur des ressources humaines, Jean Picard : « À l’époque, nous étions très diversifiés et nous fabriquions toutes sortes de produits en bois comme des composantes d’armoires, des bâtons de hockey, du bois ouvré sur spécifications, par exemple. Nous n’étions pas compétitifs dans plusieurs segments et nous étions mûrs pour une réévaluation de nos activités et un repositionnement sur les marchés.

Depuis l’acquisition par le Groupe Mono Serra, nous avons recentré notre production sur des items pour lesquels nous possédons un avantage compétitif par rapport à nos concurrents, plus particulièrement, dans le plancher de bois francs, les composantes de palettes et le bois débité sur spécifications. »

Une réorganisation efficace

L’acquisition par Mono Serra a donc entraîné une réorganisation des activités qui a aussi touché, par ricochet, d’autres usines du groupe. Ces remaniements ont ainsi conduit la compagnie Planchers Mistral, qui appartient également à la même organisation, à démanteler deux de ses lignes de moulurage de bois de plancher pour rapatrier ces opérations à l’usine de seconde transformation de Sainte-Monique.

« Nous produirons les grades de planchers de bois mouluré pour notre consœur, Planchers Mistral qui en fait la finition finale et l’expédition à nos entrepôts de Montréal.  De cette façon, nous maximisons notre chaîne logistique de fabrication et nous nous assurons d’aller chercher les gains de synergie dans nos opérations respectives. M. Louison Lavoie, directeur de opérations et son personnel chez Planchers MISTRAL ont un savoir-faire acquis depuis plusieurs années dans le domaine de la finition des planchers de bois francs. Cette filiale à l’intérieur du groupe est un partenaire important de « vigie » dans nos processus de fabrication afin d’assurer la constance des standards élevés de qualité de nos planchers de bois mouluré », relate M. Doucet.

Les aléas de la COVID-19

Le directeur de ressources humaines, Jean Picard, a vécu de l’intérieur toute la problématique causée par la COVID-19. « Nous avons été proactifs et avons élaboré notre plan de prévention rapidement. Il fallait déterminer qui porterait le masque, à quel endroit nous devions installer des murs de plexiglass, etc.  Nous avons procédé avec diligence pour nos deux usines », se remémore le dirigeant. « Comme plusieurs, nous avons dû arrêter notre production durant quatre semaines au début du premier confinement. Pour nous, cet arrêt n’a toutefois pas eu de conséquences dramatiques, mais ce que nous n’avons pas produit durant cette période est malheureusement perdu », déplore, de son côté, le directeur général Marc Doucet.  Le manque de main-d’œuvre force également l’entreprise à reporter la fabrication de certains produits comme les bûches densifiées écoénergétiques.

Un passé garant de l’avenir

Industries TLT possède une histoire impressionnante et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis sa fondation au début du 20e siècle. « Nos travailleurs ont connu des périodes très difficiles, mais ils ont toujours su se serrer les coudes et être résilients faces aux épreuves. Ils demeurent toujours notre richesse principale et les fondations solides de notre organisation. C’est bon de compter sur un noyau fidèle de travailleurs qui seront encore là pour le futur. » fait part M. Picard.

« Les conditions de succès du déploiement de notre vision de modernisation et d’innovation reposent, avant tout, sur la qualité et les compétences de nos employés. Nous avons besoin d’eux plus que jamais pour se projeter dans l’avenir », rassure Marc Doucet. Le futur se construira donc sur une base solide pour l’entreprise de Sainte-Monique. « Notre appartenance au Groupe Mono Serra nous apporte des moyens et une vision de grande entreprise. Nous avons de l’ambition et nous sortirons des sentiers battus pour se réinventer », conclut Jean Picard avec l’approbation de son complice Marc Doucet.