Marc Beaudoin

Travailler ensemble

6 Juil. 2022

Les deux dernières années ont été éprouvantes, c’est certain. Il aura fallu faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. On aura appris à concilier le concept de travail famille, c’est-à-dire de travailler en même temps que la famille tourne autour de nous. Nous avons aussi maitrisé l’art de gérer notre apparence sur un écran de 20 pouces. Le partage de dossiers et le suivi des actions à distance peut maintenant se faire beaucoup plus efficacement et nous avons tous aménagé un petit coin de bureau pour libérer la table de la salle à manger.
Ce passage aura laissé des traces. Parfois, ce sera de mauvais souvenirs, parfois de nouvelles façons de travailler. Il est certain que notre retour à la quasi-normalité ne se fera pas en copiant ce qui se faisait avant la pandémie.
La grande question qui se pose maintenant, ce n’est pas de savoir si nous sommes en mesure de travailler autrement, mais plutôt comment pouvons-nous continuer à travailler ensemble! Plusieurs chercheurs se posent la question et arrivent avec des propositions de travail hybride ou je ne sais quoi. Toutefois, cette réflexion m’a amené à repenser à ce que veut dire travailler ensemble.
À cet effet, je suis tombé sur un texte de Julien Godefroy qui m’a fait bien réfléchir :
« Se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite ». Cette phrase de Henry Ford montre comment arriver au stade de « travailler ensemble ». L’idée est de passer du stade d’individu à celui de groupe. Puis de celui de groupe à celui d’équipe. Enfin, la collaboration et la cohésion d’équipe permettront d’atteindre les objectifs fixés.
Travailler ensemble, c’est collaborer. C’est prendre les responsabilités qui sont les nôtres pour aller dans la même direction que ses collègues. C’est prendre et tenir sa place tout en étant vigilant aux besoins des autres. Le tout, avec comme seul et unique but d’atteindre les objectifs fixés.
La différence entre un groupe et une équipe, c’est l’objectif commun. Dans une équipe, chacun est focalisé sur l’objectif commun. Travailler ensemble, c’est donc être d’accord sur l’objectif et vouloir obtenir des résultats. »
Dans le réseau des groupements forestiers, nous avons cultivé cette approche de travailler ensemble depuis plusieurs années. Prenons, par exemple, le modèle d’affaires des groupements forestiers. C’est le groupe qui a décidé de mettre de l’avant les forces de notre collaboration et d’en assurer la pérennité en se dotant de règles communes de fonctionnement. Nous l’avons fait en visant tous un objectif commun, soit celui de s’assurer que les propriétaires regroupés aient les meilleurs outils pour mettre en valeur leur propriété.
Dans le même ordre d’idées, plusieurs développements technologiques se sont faits en collaboration. La mise en commun de nos expériences individuelles a permis de développer des outils de haute performance qui servent encore les besoins des propriétaires regroupés.
Le succès de ces projets repose sur plusieurs choses, mais une m’apparaît essentielle : viser le même objectif! Dans notre cas, c’est simple, il s’agit d’offrir le meilleur support aux propriétaires pour atteindre leurs objectifs de mise en valeur.
Beaucoup de travail a été réalisé dans les dernières années afin d’améliorer l’environnement d’affaires des producteurs forestiers. J’en suis ravi. Force est d’admettre qu’il en reste toujours à faire. Pensons, notamment, aux ressources nécessaires pour réaliser la recette sylvicole complète des producteurs reconnus et la nécessité de mobiliser de nouveau producteurs dans l’aménagement actif de leur propriété.
La solution réside probablement dans cette idée d’agir différemment comme le dit d’ailleurs si bien le thème du congrès de cette année! Plutôt que d’essayer de contraindre les propriétaires à agir d’une manière déterminée d’avance, comme partenaires, mettons-les plutôt au centre de nos préoccupations. Demandons-nous vraiment quels sont leurs objectifs et comment pouvons-nous les appuyer pour les atteindre?
Cette approche peut peut-être en inquiéter certains. La société a souvent l’habitude de dicter plutôt que d’écouter. Par contre, j’aimerais rappeler à nos partenaires qu’avant tout, les propriétaires de lots boisés sont des grands enthousiastes des milieux forestiers et qu’ils ont soif d’apprendre. Ils veulent que leur boisé soit respecté et bien aménagé pour atteindre une multitude d’objectifs. Pour y arriver, nous devrons apprendre à travailler tous ensemble!