Renald Bernier

Allocution du président de RESAM, Congrès 2017

21 Sep. 2017

« Distingués invités, partenaires, membres des groupements forestiers, mes chers amis. Une bienvenue spéciale à monsieur Blanchette, ministre des Forêts de la Faune et des Parcs et à tous les représentants politiques qui nous gratifient de leur présence. Messieurs, nous vous rencontrons régulièrement chaque année. Aujourd’hui, je suis particulièrement heureux de vous recevoir chez nous, dans ma famille, celle des groupements forestiers. Vous verrez, nous sommes sympathiques, dynamiques et heureux d’accueillir quiconque est prêt à mettre la main à la pâte.

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Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez- moi de remercier nos partenaires qui ont permis de faire de ce congrès, une activité particulièrement intéressante et productive. Je pense notamment à nos deux partenaires majeurs : Équipement ALPA et Komatsu; à nos partenaires principaux : le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, la Commission des Normes, de l’Équité, de la Santé et de la Sécurité du Travail (mieux connue sous l’acronyme CNESST), PRÉVIBOIS, BFL Canada risques et assurances, et la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (mieux connue aussi sous SOPFIM); sans oublier les autres commanditaires et exposants sans qui notre congrès n’aurait pu avoir cette envergure.

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Hier. Aujourd’hui. Demain. Le thème de notre congrès… C’est comme si c’était HIER, mais c’est la huitième fois que j’ai le privilège de m’adresser à vous lors du banquet annuel de RESAM. J’en suis très fier.

Comme le disait Balzac : « L’homme meurt une première fois à l’âge ou il perd l’enthousiasme ». Alors je suis jeune, car chaque année, je suis aussi enthousiaste qu’à la première occasion, même si les choses ont tellement changé… HIER. Nous parlions de récession, de programmes de soutien économique, de la crise structurelle de l’industrie, de redéploiement du secteur, de pertes d’emplois, etc.

HIER. L’État nous demandait de produire plus de bois. Je m’en souviens, plusieurs étaient sceptiques. Plusieurs ne croyaient pas que la forêt privée saurait relever le défi. D’aucuns croyaient même que les propriétaires de lots ne désiraient que se promener en quatre roues ou aller à la chasse. Soyons fiers! Le défi de la récolte de bois en forêt privée a été relevé. Nous avons démontré que le bois se mobilise en autant que tous y contribuent.

Nous savons aussi que les groupements forestiers sont des piliers non seulement du secteur de la forêt privée, mais aussi de l’ensemble des communautés forestières du Québec. Bravo!

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AUJOURD’HUI. Les groupements forestiers sont ailleurs, en avant de la parade. De l’approche artisanale d’il y a 40 ans, nous sommes devenus une source d’expertise hautement perfectionnée, une source de fierté. Les conditions ne sont pas parfaites, je le sais bien. Toutefois, elles nous permettent de regarder plus loin en avant. C’est dans cet état d’esprit que RESAM a abordé la dernière saison en s’appuyant notamment sur les travaux de notre nouvelle planification stratégique.

Nous mettons beaucoup d’efforts à regrouper nos forces, tant celles de notre équipe, de nos groupements forestiers que celles de nos partenaires. Ensemble, rien ne peut nous arrêter, nous l’avons démontré. Nous vous avons sollicités abondamment durant la dernière année et vous avez répondu! Nous avons pu donner une vue d’ensemble beaucoup plus juste et plus éclairée à tous les acteurs de notre secteur. Merci d’avoir contribué au dynamisme de votre association provinciale.

Comme on dit : « il faut savoir regarder en arrière, juste ce qu’il faut pour pouvoir aller de l’avant… » Nous travaillons de manière constructive avec nos partenaires en regardant l’avenir plutôt que le passé. Monsieur Gagnon, un grand merci de partager cette vision avec nous. Plusieurs dossiers ont pu évoluer de cette manière. Ainsi, une cellule d’urgence sur l’épidémie de TBE a été créée avec la FPFQ, à laquelle s’est adjoint le MFFP et le CIFQ par la suite. Une superbe preuve de synergie.

Cette approche a certainement contribué à aider notre ministre à obtenir un budget de 10 M$ pour la lutte contre la TBE. Félicitations et merci Monsieur Blanchette pour ce tour de force. D’autre part, beaucoup d’efforts ont été invertis dans la finalisation de deux dossiers à saveur légale, soit la reconnaissance du modèle d’affaires des groupements forestiers et la grille de taux en forêt privée. Dans le premier cas, je suis heureux de dire que tous les groupements forestiers sont conformes au modèle d’affaires à l’heure où je vous parle. Nous sommes en mesure de garantir au contribuable québécois que les sommes investies en forêt privée et utilisées par les groupements le sont pour et par les producteurs forestiers.

En ce qui concerne la grille de taux et le manuel de balises techniques, le dossier a cheminé, mais beaucoup de travail demeure à réaliser avant d’atteindre l’objectif final de donner une réelle latitude professionnelle, et ainsi, diriger les ressources vers la réalisation de travaux et non l’enrobage clérical. Ces dossiers sont d’une importance capitale et ne sont pas encore réglés. Il faudra une vigilance de la part de tous pour en assurer le succès. Finalement, nous avons modifié l’approche traditionnelle en augmentant l’offre de services. Des services financiers, d’assurances et de formation sont maintenant disponibles. Je vous enjoins à utiliser ces produits. Ils sont très concurrentiels et vous permettront d’accroître votre efficacité.

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DEMAIN. À quoi ressemblera demain? Ce serait prétentieux de dire que je le sais parfaitement. Par contre, je sais que l’avenir est rempli de promesses… et de travail. DEMAIN. Nous contribuerons encore une fois en augmentant notre apport aux approvisionnements des usines de transformation. Même si l’objectif est très ambitieux, même si le marché des bois est parfois vacillant, nous devons réussir.

DEMAIN. Tous les partenaires partageront l’objectif non pas de mettre plus de bois en marché, mais de réaliser la recette sylvicole en entier, comprenant la récolte. Nous avons démontré notre capacité à livrer la marchandise. Toutefois, nous ne pouvons pas mettre de côté les travaux non commerciaux de manière prolongée sans mettre en danger le potentiel de nos forêts, la pérennité de nos organisations et, surtout, nos travailleurs.

DEMAIN. Nous poursuivrons nos efforts afin que les groupements forestiers soient pleinement reconnus en obtenant une prévisibilité adéquate pour que l’on puisse investir dans l’amélioration de nos procédés.

DEMAIN. Nous aurons les ressources afin d’assurer la réalisation des travaux relatifs à l’épidémie de TBE.

DEMAIN. Les propriétaires regroupés seront plus que jamais la force motrice de la création de richesses en région.

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Ma vision vous semble peut-être utopique ? Pas du tout ! Quand je parle de demain, je ne parle pas au sens figuré, mais bien au sens propre. Les groupements forestiers sont prêts. Les groupements forestiers ont démontré leurs capacités. Les groupements forestiers veulent agir. Je demande à nos partenaires de s’engager dans cet objectif de réaliser la totalité de la recette sylvicole en forêt privée. Monsieur Blanchette, vous avez démontré que vous aviez la forêt privée à coeur.

J’ose vous demander de poursuivre votre travail de leadership en faisant vôtre, cet objectif ambitieux, car nous le savons maintenant, les défis ne vous font pas peur. Le travail sera ardu certainement, mais il commencera par une volonté commune d’y arriver et le courage de sortir des sentiers battus. Comme toujours Monsieur Blanchette, les groupements forestiers seront à vos côtés pour que le potentiel de la forêt privée contribue au maximum à la création de richesses du Québec.

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Mes amis, je terminerai en vous remerciant de toujours soutenir votre organisation provinciale. Nous avons la force de partager des visions communes. Encore une fois, vous faites la preuve que la recherche de consensus est beaucoup plus forte que l’isolement. Merci. »