Claude Dupuis

Nos attentes électorales

13 Mai. 2014

À cause des élections imminentes, je vais traiter des enjeux forestiers et laisser le soin au directeur général, exceptionnellement cette année, de vous parler du congrès.

La Fédération a fait parvenir aux partis politiques ses attentes quant à leurs engagements pour la forêt. Vous pouvez trouver cette proposition sur le site Internet de la Fédération à l’adresse suivante : www.fqcf.coop/documentation- et-liens-utiles/. Elle comporte des nuances importantes pour les coopératives, mais elle vise surtout à nous assurer que les engagements pris pendant le Rendez-vous national de la forêt seront tenus. Les résultats des chantiers qui en découlent ne devront pas non plus être mis sur des tablettes.

Se doter d’une vision de développement forestier

Pour aller de l’avant et que nos efforts convergent, il faudra que le secteur forestier se dote d’une vision commune. Cette vision doit aussi servir à réhabiliter le secteur auprès de l’opinion publique. Le matériau bois comporte de précieux avantages dont notre société doit profiter. L’importance du respect de la biodiversité et la conservation d’espaces naturels n’est plus un débat à faire. Nos acquis à ce sujet sont majeurs, même si du travail reste à accomplir. Notre réseau d’aires protégées a une très grande valeur grâce à sa diversité. Soyons en fiers! Il est temps de faire rayonner les autres avantages environnementaux du bois. Il s’agit d’un matériau renouvelable qui contribue à la réduction des GES. Il capture le carbone et, comparativement, il nécessite beaucoup moins d’énergie que les autres matériaux. Il est aussi impossible de négliger l’effet structurant des activités forestières pour occuper dynamiquement notre territoire. Le prochain gouvernement doit s’engager à piloter un processus formel pour se doter d’une stratégie de production de bois partagée et intégrée et en faire la promotion.

Optimiser la chaîne de valeur des produits forestiers

Il est possible et nécessaire d’optimiser la chaîne de valeur des produits forestiers. Le maillon industriel vacille parce que les marchés traditionnels se transforment et nos avantages concurrentiels s’effritent. L’État doit contribuer à redonner de la vigueur à l’industrie en investissant de manière stratégique. Il faudra miser sur l’innovation technologique et sur l’ajout de valeur à nos produits. Le positionnement dans le marché des commodités en tant que cost leader ne devrait pas être encouragé. Il faut promouvoir les produits, procédés et marchés qui permettent de valoriser notre fibre. L’État doit également s’assurer d’avoir des solutions industrielles intégrées dans chaque région. Si une partie de l’arbre n’a pas d’utilisateur, la chaîne restera faible et vulnérable. Le développement du volet énergétique sera aussi déterminant. L’État devrait rendre disponible une partie de ses surplus d’électricité à des coûts plus compétitifs pour encourager cette industrie verte. Une meilleure intégration du maillon de l’aménagement forestier dans la chaîne de valeur est aussi indispensable. Il ne s’agit pas seulement d’un coût à compresser. Il comprend trois composantes. La planification est la plus stratégique. C’est elle qui influence le plus l’efficacité de la filière. Nous voulons une meilleure interface entre la planification forestière et les opérations. Le fournisseur-intégrateur doit jouer un rôle dynamique à cet égard. L’autre composante majeure est bien sûr l’approvisionnement. Elle doit ajouter de la valeur aux produits. L’avènement du libre marché des bois induit une très grande pression dans le système d’approvisionnement. Dans un contexte de forêt marginale à l’échelle nord-américaine, il ne doit pas favoriser uniquement la croissance des redevances pour l’État. L’argent qui va dans les coffres du gouvernement n’est plus disponible pour le secteur. Cela rend les entrepreneurs forestiers vulnérables. Alors que les industriels ont des garanties, les entrepreneurs sont sans filet. Dans un contexte tendu où les pratiques commerciales ont mal évoluées, il faut les sécuriser. La FQCF préconise d’offrir aux entrepreneurs forestiers des permis de récolte. C’est possible de le faire sans priver les industriels de leur garantie, cela rétablirait au moins partiellement le rapport de force. La dernière composante est la sylviculture. Elle sert à produire du bois de qualité en quantité suffisante. Cela prend une stratégie claire, une planification créative et des budgets suffisants et récurrents. Nous devons prendre le virage sylvicole dans chaque région pour créer de la valeur avec des interventions rentables. Nous souhaitons aussi plus de synergies avec les activités de récolte. Bonne chance à tous les candidats, mais quels sont vos engagements ?