Renald Bernier

Je suis positif!

17 Fév. 2017

Au moment où vous lirez ces lignes, nous serons dans le temps des Fêtes ou juste après. En fait je devrais dire VOUS serez dans le temps des Fêtes car moi, ça fait assez longtemps que j’y suis. Bien oui, j’ai une conjointe qui prend cela très au sérieux. J’ai pratiquement bûché un lot au complet pour la fournir en branches. Mon salon est digne du village du père Noël. L’esprit des Fêtes, je connais ça et, ma foi, j’y ai pris goût !

Cet esprit euphorique m’accompagne depuis plusieurs semaines. Malgré certains nuages, je ne peux m’empêcher d’être positif. Dernièrement, le ministre Blanchette a annoncé des investissements importants en matière d’aménagement de la forêt publique et nous a laissé entendre que des annonces seraient faites sous peu en forêt privée. Bon signe!

Les groupements forestiers sont en voie de réaliser leurs engagements de livraison de bois en forêt privée, et ce, malgré l’apparition de plusieurs embûches en cours de route. Notons par exemple un marché déficient pour les bois de faible qualité, la disparition d’aide pour certains travaux, un calcul de taux qui défavorise fréquemment la récolte de bois et j’en passe. Un bel exploit!

RESAM et la FPFQ se sont unis afin de doter les producteurs privés d’un plan de match pour faire face à l’épidémie de TBE. La coopération et la coordination de nos actions respectives nous permettront de développer des outils afin d’absorber, en partie, le choc de cette catastrophe naturelle. Une collaboration qui nous mènera plus loin que l’on pense.

Des Nuages?

Bien sûr, le spectre du conflit du bois d’oeuvre plane au-dessus de nos têtes. L’imposition d’une taxe par les américains ne serait pas une bonne nouvelle. Il y a aussi l’absence de simplification administrative qui pourrait pourtant augmenter l’efficacité des mesures déjà disponibles.

Peut-être est-ce l’esprit des Fêtes mais malgré tout, je continue d’être optimiste. Je regarde le soleil plutôt que les nuages. Les preuves sont faites, les groupements forestiers sont engagés vers la mobilisation des bois.

Malheureusement, cette mobilisation ne peut cacher le fait qu’il manque le tiers des investissements afin de maintenir la possibilité forestière actuelle. En effet, si nous continuons sur la même lancée, des travaux devront être abandonnés et la possibilité forestière en souffrira. Au contraire, si, à l’instar de ce qui se passe en forêt publique, nous injections les ressources nécessaires pour réaliser les scénarios sylvicoles, c’est-à-dire de la préparation de terrain à la récolte, c’est tout un pan de l’économie régional qui serait amélioré. Si l’État investissait les 16 millions de dollars qui manquent actuellement pour aménager les propriétés des producteurs déjà impliqués, on pourrait avoir plusieurs bénéfices.

Premièrement, les deux millions de mètres cubes supplémentaires disponibles à court terme le seraient à perpétuité car la possibilité forestière serait maintenue. Deuxièmement, nous assisterions à une augmentation de près de 31% des emplois en forêt par rapport à ce que l’on pouvait observer en 2012. Il s’agit de plus de 8 000 emplois saisonniers. Ce n’est pas banal quand on sait que lors de la crise forestière les groupements forestiers ont été le rempart qui a permis de maintenir les travailleurs d’usines en région en offrant un emploi en forêt.

C’est toujours le temps des Fêtes. Je suis toujours optimiste et, je crois fermement que tous les astres sont réunis afin de doter le Québec d’un vrai plan de développement de la forêt privée.

Je vous souhaite un joyeux Noël et une bonne année 2017.