Jocelyn Lessard

Le mouvement coopératif en mouvement

1 Avr. 2015

Le 12 mars dernier, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) a déposé lors de son assemblée générale annuelle son plan stratégique des réseaux coopératifs et mutualistes du Québec 2015-2020.

Une première

C’est la première fois que tous les réseaux coopératifs s’associent pour présenter leur présence dans l’économie québécoise. Pour les Québécois qui ne connaissent pas les coopératives, ces chiffres impressionnent. Près de 100 000 emplois et un chiffre d’affaires de 33,4 milliards de dollars produisent un impact certain dans l’économie québécoise.

Le plus impressionnant est cependant que l’addition des stratégies de chacun des réseaux et la volonté d’accroître l’intercoopération au cours de la période permettent de viser des cibles ambitieuses : ajouter 20 000 emplois et une croissance du chiffre d’affaires de 11 milliards au cours des cinq prochaines années.

Les grandes lignes du plan

Afin de parvenir à ces résultats, le mouvement coopératif mise sur quatre orientations qui se déclinent en stratégies complémentaires. La première orientation vise la croissance durable et rentable. Le renforcement de la position des petites et moyennes coopératives et la création de nouvelles coopératives constituent la première stratégie. Les grands réseaux coopératifs déjà fortement implantés contribueront aussi solidement à la croissance. L’accroissement de la présence coopérative à Montréal complète ces stratégies.

La deuxième orientation porte sur le développement de partenariats. L’État continuera d’être un partenaire privilégié, surtout quand le mouvement coopératif peut prendre le relais pour offrir des services aux citoyens. Les coopératives ont aussi besoin d’un cadre légal optimal et des mesures fiscales adaptées.

Le mouvement coopératif ne veut surtout pas s’isoler et il poursuivra ses échanges avec les coopératives et mutuelles canadiennes et mondiales.

La troisième orientation porte sur le renforcement de l’expertise des réseaux et de la mise en commun de services. Les stratégies portent sur le partage de ressources et d’expertises et du financement des services. Les coopératives devront d’ailleurs s’impliquer davantage dans le financement de leur réseau.

Enfin, la dernière orientation concerne l’intercoopération. La stratégie principale consiste à s’assurer que tous les réseaux se mobilisent autour du plan. Une autre insiste sur l’importance déterminante de s’impliquer ensemble dans plusieurs activités de développement pour obtenir des synergies.

Le CQCM devra lui-même s’adapter à ce nouvel environnement en suivant de près la mise en oeuvre. Dans le fond, le changement qui aura le plus d’impact repose essen- tiellement sur la volonté des coopératives de travailler ensemble.

Certains diront que cela aurait toujours dû être le cas depuis longtemps, mais ce n’est jamais si simple. Tous les réseaux ont leurs propres défis à relever et certains sont même en concurrence directe. En acceptant de mettre en commun des stratégies d’affaires, les occasions de collaboration apparaîtront. Le partage et la mise en commun permettront aussi de rehausser le niveau de performance des coopératives. Il faut que le plan ait l’effet d’entraîner tous le mouvement vers le haut.

Une place pour les coopératives forestières ?

Elles font partie du mouvement coopératif et elles sont invitées à s’impliquer dans la mise en oeuvre du plan. Elles aussi doivent contribuer à la croissance. Ce n’est pas pour rien que la FQCF se dote aussi d’un plan stratégique pour la période 2015-2020. Nous allons vous en parler très sérieusement pendant le congrès. Ajoutons qu’en bien des domaines les coopératives forestières profiteront activement de partenariats avec les autres grands réseaux tant au niveau financier que stratégique, par exemple, avec notre entente avec la Coop fédérée pour le développement de la biomasse.

Deux grandes dames coopératives au CORIM

Je vous ai déjà parlé du dynamique duo composé de Pauline Green, la présidente de l’Alliance coopérative internationale, et de Monique Leroux, présidente du CQCM et du Mouvement Desjardins. Elles ont ensemble insufflé une énergie extraordinaire pendant les deux Sommets internationales des coopératives.

Elles étaient à nouveau réunies lors du dîner-conférence organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal. Devant un auditoire de quatre cents personnes comprenant plusieurs des élites montréalais, les deux grandes dames ont exposé l’am- pleur et la contribution du mouvement coopératif québécois et mondial. Elles sont particulièrement émouvantes quand elles insistent sur l’importance de donner une voie à plus d’un milliards de personnes en misant dorénavant sur la prospérité durable.