Marc Beaudoin

Les petits lutins

3 Fév. 2015

Le temps passe vite! Mes enfants sont rendus à un âge où ils ne croient plus au père Noël. Je l’admets, une partie de la magie s’est dissipée avec la disparition de leurs illusions. Les conversations sont maintenant beaucoup plus franches. On ne fait plus dans la dentelle et la liste de cadeaux n’est plus remise au bonhomme habillé en rouge, mais au bonhomme tout court!

Par contre, nous gardons tous notre cœur d’enfant. Cette année, la folie des lutins s’est un peu emparée de la maisonnée. En fait, ces petits lutins nous permettent de jouer des tours à tout un chacun.

Ces lutins ont commencé par donner des barres de chocolat. Ensuite, le tiroir des bas s’est retrouvé dans le lit. Certains d’entre eux ont enroulé ma fille dans du papier de toilette! Finalement, ils se sont rebellés contre leur maître, et ma conjointe s’est retrouvée maquillée de manière plus ou moins habile. Lorsque ma fille m’a demandé, juste avant de se coucher, où étaient ses crayons Sharpie, j’ai su que je devais intervenir…

Un bilan difficile

J’ai parfois l’impression que les lutins du père Noël s’en sont donné à cœur joie avant la date officielle. Nous avons subi une diminution très importante des investissements à peine quelques semaines avant le début des travaux. Les processus sont demeurés les mêmes, si bien que cette baisse d’investissement s’est traduite par une baisse équivalente en travaux sylvicoles.

Pour être plus clair, une baisse dans la création de richesse. La dernière année a démontré encore une fois la résilience des groupements forestiers, qui rappelons-le encore, sont avant tout des organisations de propriétaires forestiers et non des entreprises à actionnariat unique.

Nous avons une fois de plus soutenu la main-d’œuvre et nous nous sommes engagés, avec le ministre, dans la production de bois. Nous croyons réellement que réside là une grande partie de la solution.

Par contre, le temps presse et des mesures doivent être mises en place rapidement, sinon, nous ferons face au même problème la saison prochaine.

Prévisibilité

Savoir ce que seront les investissements afin de préparer les opérations est une condition essentielle pour être efficace. Une multitude de rapports et de déclarations de différents gouvernements le prouvent sans aucun doute.

Par contre, il est illusoire de penser que cette planification se fera en quelques jours. Après les Fêtes, les équipes de planificateurs des groupements forestiers sont à pied d’œuvre pour évaluer les besoins en main-d’œuvre, les investissements en équipement, les contrats avec les producteurs, etc. Il est évident que sans direction quant aux investissements, les groupements ne peuvent faire leur travail de plani- fication efficacement.

Nous sommes conscients que monsieur LESSARD et son équipe de fonctionnaires mettent tous les efforts nécessaires afin de renouveler le programme de mise en va- leur de la forêt privée. Il est temps que l’ensemble de l’appareil gouvernemental se positionne aussi sur l’importance de la forêt privée et donne rapidement des directives claires.

Des processus à modifier

À la demande du ministre, les partenaires de la forêt privée ont fait parvenir des propositions afin d’améliorer des processus et libérer de l’argent pour la réalisation de travaux terrain. Il y a une réelle possibilité d’améliorer la situation.

Par contre, ces modifications pourront demander des ajustements aux différentes structures. Tout comme pour les groupements forestiers, les agences de mise en valeur doivent connaître l’étendue des changements afin qu’elles puissent se préparer en conséquence. Il sera impossible pour elles de modifier les processus en profondeur à quelques semaines d’avis. Il faut leur donner du temps pour faire la transition, sans quoi, les résultats ne seront pas au rendez- vous.

Des investissements suffisants

À l’instar de la forêt publique, la forêt privée doit jouir d’investissements suffisants pour permettre le déploiement de son plein potentiel. Actuellement, des groupements forestiers ont été amputés de plus de 35% de leur chiffre d’affaires alors que des entreprises en forêt publique on vu le leur augmenter de 15%. Comme société, nous devons poursuivre l’objectif de réaliser au moins les mêmes interventions que durant la saison 2013- 2014, et ce sera difficile avec un budget de 28,5 M$.

Il est impératif d’améliorer l’efficacité des processus et de chercher de nouveaux modes de financement.

Les lutins sont quand même gentils

Vous avez compris que j’ai pris soin d’éviter de me faire peinturer le visage avec des crayons Sharpie! Par contre, nous avons la chance d’avoir un ministre qui veut défendre la forêt privée et une équipe de fonctionnaires qui prennent les moyens pour y arriver. Il est désormais temps d’impliquer tous les partenaires afin de trouver les solutions pour la prochaine saison. Un joyeux temps des Fêtes à tous!