Marc Beaudoin

L’esprit de Noël

28 Jan. 2019

Honnêtement, j’adore le temps des Fêtes. Durant quelques semaines, je me retrouve en enfance, réellement en enfance. En fait, ma conjointe trouve que je suis le plus jeune de la famille durant cette période. Elle exagère un peu, je crois.

J’essaie vraiment de comprendre pourquoi. Peut-être est-ce parce que je prépare ma liste de cadeaux deux mois à l’avance ? Peut-être parce que je deviens excité à chaque fois qu’arrive une circulaire Canadian Tire ? Peut-être aussi que c’est parce que je veux voir mes cadeaux sous l’arbre uniquement le matin de Noël, en même temps que le verre de lait vide et les miettes de biscuits… Qui sait ?

UN PREMIER CADEAU

Tout cela pour dire qu’au moment d’écrire ces lignes, je me sens déjà dans l’esprit des Fêtes. À ce point que l’idée de chercher un stationnement durant une heure au centre commercial me paraît une très bonne idée ! Et je suis chanceux, j’ai déjà reçu un premier cadeau.

En effet, il y a quelques jours, j’ai eu la chance de travailler avec certains groupements forestiers d’une région afin d’étudier le projet de processus de vérification des travaux préparé par leur agence. Qui plus est, j’ai aussi eu la chance de participer à une rencontre avec le responsable de la vérification de l’agence. J’ai appris beaucoup… et je suis encouragé.

Pour participer à cette rencontre, je me suis préparé. J’ai pris connaissance du document et, pour être franc, j’ai émis plusieurs commentaires au départ. Pas toujours très positifs. Tous les groupements de la région ont fait de même. C’est donc bien préparé que nous avons attaqué la journée. Ligne par ligne, page par page, nous avons épluché le document. Mais sur quelle base faire nos recommandations ? Simplement sur ce que le ministère des Forêts de la Faune et des Parcs (MFFP) a inscrit dans son guide de références techniques, à savoir : Uniformisation, simplification et responsabilisation accrue de l’ingénieur forestier sont les trois grands objectifs poursuivis par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs avec le Cahier de références techniques en forêt privée, suivant ainsi les recommandations contenues dans le rapport du Chantier sur l’efficacité des mesures en forêt privée.

C’est là un virage important qui nécessite une étroite collaboration entre les agences régionales de mise en valeur des forêts privées et les conseillers forestiers accrédités. Le professionnalisme des conseillers demeure toutefois la pierre angulaire pour assurer la réussite de ce virage et l’atteinte de ces objectifs. Uniformisation, simplification et responsabilisation de l’ingénieur forestier devenaient la clé d’analyse et la base de nos recommandations. Toutefois, c’est lors de la rencontre avec le responsable de la vérification que la magie s’est opérée.

Non qu’il ait accepté nos idées. Il était venu entendre nos propositions et non pour négocier. Non, il nous a ouvert les yeux sur ses obligations. Et c’est à ce moment que la phrase du MFFP prenait toute son importance: «C’est là un virage important qui nécessite une étroite collaboration entre les agences régionales de mise en valeur des forêts privées et les conseillers forestiers accrédités. »

À ce titre certains éléments me semblent porteurs :

› Une vérification est essentielle pour garantir la saine utilisation des fonds publics ;

› Nous avons tout intérêt à utiliser le travail des organismes en place (i.e. CNESST, ministère de l’Envi- ronnement, OIFQ, etc.) plutôt que de substituer à eux ;

› La décision de prescrire un traitement sylvicole repose avant tout sur l’ingénieur forestier, on ne doit pas lui dire comment faire ;

› Il existe un certain écart entre ce qui est écrit et appliqué sur le terrain. Cet écart résulte probable- ment du fait que le cahier de vérifications date de plusieurs années et certains amendements ont été apportés avec le temps, mais il n’avait jamais été refait en regard des nouveaux objectifs ;

Il y a réellement une volonté de la part de tous les acteurs de trouver des mécanismes plus efficients. Oui mesdames et messieurs, le défi n’est pas d’imposer des règles qui font notre affaire ou celle de l’agence mais bien de trouver un moyen de créer une réelle synergie entre les partenaires de la forêt privée et leur agence.

Alors maintenant, le travail commence. Comment pouvons-nous faire en sorte que l’opération de vérification contribue à atteindre notre objectif de créer plus de richesses en forêt privée tout en uniformisant et simplifiant les processus et en responsabilisant l’ingénieur forestier. Peut-être suis-je trop dans l’esprit de Noël, mais moi, j’y crois.