Marc Beaudoin

Performant?

13 Mai. 2014

J’ai la chance d’avoir des enfants qui s’intéressent à plusieurs choses. Dans certains domaines, ils mettent beaucoup d’efforts pour devenir meilleurs, dans d’autres, bah! ils s’amusent tout simplement. Chose certaine, à mon grand plaisir je l’admets, je passe plusieurs heures à les suivre et à les encourager dans leurs activités.

L’autre jour, à l’aréna, dans une discussion légère, un parent que je ne connaissais pas m’a demandé à brûle-pourpoint si mon gars «performait»! Je sais que l’air ambiant des arénas agit sur le cerveau des gens et qu’il exacerbe le besoin de comparer leur progéniture respective, mais je l’avoue, je fus ébranlé par la charge directe. Après avoir retrouvé mes esprits, ma réponse fut toute simple : ça dépend de ce que tu entends par «performant »!

Des critères

Lors du Rendez-vous sur la forêt privée de mai 2011, il avait été convenu que le MRN mettrait en place une série de critères afin d’évaluer la performance des conseillers forestiers, histoire d’uniformiser la démarche. Un comité a été formé, mais malheureusement le MRN avait décidé de ne requérir que l’aide des agences de mise en valeur pour leurs travaux. Les partenaires allaient être consultés plus tard, nous disait-on. Bien sûr, nous avions mis en garde les autorités que leur travail pourrait être complètement inutile si inapplicable sur le terrain. Un travail préliminaire sera débattu à la mi-janvier. Un travail qui, à première vue, semble inadéquat. Mais il ne s’agit que de mon point de vue. Comment peut-on expliquer un tel écart de perception?

Des références

Je répondrai de la même manière que j’ai répondu à mon parent à l’aréna: «Ça dépend de ce que l’on attend des conseillers forestiers et, de prime abord, de ce que l’on attend du programme de mise en valeur.» Malheureusement, les objectifs du programme ne sont pas suffisamment clairs pour y arriver. Par exemple, veut-on servir le maximum de propriétaires ou concentrer nos efforts chez les plus «engagés»? Veut-on promouvoir la responsabilité professionnelle des ingénieurs forestiers ou bien voulons-nous suivre un cahier de normes de plus en plus volumineux? Voulons-nous créer de l’emploi en région ou bien produire du bois à tout prix? Voulons-nous avoir une multitude de conseillers ou quelques gros? La liste pourrait s’allonger sans fin. Sans réponse, il sera difficile d’aller beaucoup plus loin.

Dans mon livre à moi

Je crois réellement que ce que l’on attend des conseillers forestiers, c’est de réaliser des travaux sylvicoles de grande qualité, point à la ligne. Notre réflexion devrait s’arrêter là et nous devrions chercher des indicateurs qui reflètent cet objectif. Heureusement, nous disposons déjà de la vérification opérationnelle pour nous guider. Quelques ajustements en regard du service pourraient être apportés et cela nous servirait amplement. Les Groupements forestiers ont déjà investi beaucoup en temps et en argent pour remplir le mandat dans lequel ils se sont engagés. Maintenant, ils sont en attente que le MRN remplisse le leur avant de s’engager dans une autre aventure. Surtout, comme je le disais, que l’approche retenue est inadaptée.

Des travaux préalables

N’oublions pas que lors du Rendez-vous national sur la forêt québécoise, il a été décidé de mettre en oeuvre un chantier pour améliorer l’efficacité dans la livraison des programmes de forêt privée. À mon avis, avant de parler de critères de performance des conseillers forestiers, nous devons absolument attendre les résultats de ce chantier. En effet, ces travaux devraient nous permettre entre autres d’identifier des cibles de performance pour les agences de mise en valeur. Ce faisant, il sera beaucoup plus aisé d’identifier par la suite la performance attendue des conseillers forestiers. Qui plus est, l’heure n’est pas à alourdir la tâche des agences de mise en valeur par l’ajout de nouvelles données à collecter et à analyser. Les travaux du chantier devraient nous aider à fixer les balises en ce sens.

Joyeux Noël

Il reste encore beaucoup de travail avant d’accoucher de critères de performance pour les conseillers forestiers. Il faudra reprendre une grande partie du travail, mais cette fois avec l’aide des partenaires de la forêt privée. J’ai bon espoir que nous y arriverons. Entretemps, je vous souhaite tous un joyeux Noël et une bonne année 2014. Ce sera encore l’occasion de confirmer à l’ensemble de la communauté forestière que les groupements forestiers sont un actif important et essentiel au redéploiement de notre filière.