Renald Bernier

Solide ensemble

6 Mai. 2019

Une des belles périodes de l’année est sans nul doute la rencontre printanière des groupements forestiers. À cette occasion, nous avons la chance de partager nos idées et de nous abreuver de l’expertise d’un groupe très dynamique, celui des groupements forestiers. Cette année ne fait pas exception.

Comme nous le savons tous, l’environnement d’affaires des groupements forestiers a énormément changé depuis les Opérations Dignités. D’une approche artisanale, notre action s’est hautement professionnalisée. Aujourd’hui, il faut chercher la performance partout où nous le pouvons. Nos processus doivent s’améliorer chaque jour et nos employés doivent être motivés et polyvalents. C’est l’évolution normale des choses et nous nous efforçons de le faire de la meilleure façon possible.

Toutefois, il faut chercher, regarder plus loin que cette évolution «normale». En effet, les conditions dans lesquelles nous œuvrons ont grandement changé. Les balises en matière d’environnement sont beaucoup plus exigeantes. La réglementation muni- cipale est aussi beaucoup plus impo- sante et, disons, diversifiée. Les processus administratifs se sont alourdis. Qui plus est, pour faire notre travail, il faut maintenant investir en technologie et équipements de haute performance. Finalement, la rareté de la main-d’œuvre fait aussi son œuvre.

Tous ces changements ont mis beaucoup de pression sur les finances de nos organisations. Pour s’en sortir, plusieurs stratégies ont été mises de l’avant, mais l’augmentation du chiffre d’affaires demeure la principale. La grande majorité des groupements forestiers ont décidé il y a bien longtemps d’utiliser l’expertise et la main-d’œuvre à leur disposition pour développer de nouveaux marchés. Parmi ceux-ci, notons la récolte de bois, le développement de filiales, l’acériculture, la transformation du bois et les travaux sur forêt publique. Encore une fois, ces efforts se sont transformés en succès.

Depuis notre création, cette approche s’est maintenue dans le temps. Ces nouveaux marchés ont permis de consolider le chiffre d’affaires des groupements forestiers évidemment. Ils ont aussi permis de consolider, de créer et d’améliorer des centaines d’emplois. Si nous pouvons offrir des emplois de qualité, c’est que nous avons un large éventail d’activités à proposer.

Dans un contexte où les groupements forestiers sont toujours à la recherche d’efficience afin de se donner les moyens de développer le secteur forestier, d’autres stratégies ont aussi été mises de l’avant. La consolidation des activités en est certainement une et elle est déjà utilisée dans notre réseau.

Une opportunité?

D’entrée de jeu, je vous informe que je ne crois pas aux solutions miracles ni aux solutions qui habillent tout le monde. Toutefois, je ne peux m’empêcher de regarder ce qui se passe actuellement dans le réseau et tenter de comprendre.

Lorsque l’on parle de fusion, nous avons souvent l’image d’organisations en difficulté qui tentent un ultime effort pour sauver leur peau. Or ce que j’observe est tout autre dans notre réseau. En effet, dans tous les projets qui ont vu le jour et qui sont en cours, ce que je vois est plutôt une stratégie pour se donner plus de moyens pour avancer rapidement.

Il y a des avantages évidemment. En parlant à ceux qui ont osé, je m’aperçois que du côté main-d’œuvre, il y a un grand plus. Commençons notamment par le fait qu’une telle approche nous donne les ressources pour engager les bonnes personnes au bon poste. On ne cherche plus de femmes ou d’hommes «orchestre».

Le recrutement semble aussi plus facile lorsque l’on peut offrir une perspective de progression dans l’entreprise. Qui plus est, nous sommes désormais en compétition pour la main-d’œuvre non seulement avec les entreprises de notre secteur, mais aussi, et surtout, avec celles d’autres secteurs. Dans bien des cas, cette approche permet de se donner les moyens de concurrencer les conditions d’embauches.

Un miracle?

Est-ce que cela peut se faire partout de la même manière? Probablement pas. Par contre, il y a certainement un avantage à collaborer d’une manière ou d’une autre entre groupements forestiers. Les défis de main-d’œuvre qui sont devant nous sont importants, mais peuvent rapidement se transformer en opportunités pour nous, tant et aussi longtemps que nous demeurons solides ensemble.