Martin Béland

Un congrès pour progresser

12 Mai. 2017

Je laisse le soin à notre directeur de commenter le concept des avantages coopératifs. Je vais plutôt m’attarder au reste du récent congrès tenu les 6 et 7 avril dernier à Lévis.

UNE RICHE EXPÉRIENCE

Cela fait plusieurs années que je suis dans le réseau. J’ai toujours participé aux congrès avec bonheur. D’une fois à l’autre, le plaisir de rencontrer les autres membres du réseau est toujours aussi intense. C’était une première pour moi de présider l’organisation pendant l’événement. C’est plus exigeant, mais c’est aussi sincèrement passionnant. Je vous partage quelques faits marquants.

UN MINISTRE DISPONIBLE

Nous avons eu la chance en conseil d’administration de faire le tour de plusieurs dossiers avec le ministre Luc Blanchette avant qu’il ne s’adresse aux congressistes. Malgré une longue route à faire après son passage, il a été entièrement disponible.

Il a ensuite échangé avec plusieurs personnes qui participaient au cocktail. Sa conférence a permis d’informer les congressistes sur plusieurs dossiers. Il est particulièrement fier de tout ce qui découle du récent Forum Innovation Bois, mais il est aussi fort préoccupé par le conflit du bois d’oeuvre. Comme il s’agit d’un dossier prioritaire, et qu’il veut être reconnu comme étant un ministre qui livre, il y a lieu d’espérer que le Québec va bien se défendre face à cette menace.

En tout cas, le ministre Blanchette a mobilisé les acteurs du secteur forestier pour contribuer à convaincre le gouvernement canadien d’être proactif pour aider le secteur forestier à traverser l’épreuve.

DES ACTIVITÉS PARALLÈLES STIMULANTES

La FQCF profite du congrès pour organiser des activités parallèles en profitant de la présence de plusieurs représentants de coopératives. Une délégation du MFFP et de Rexforêt a permis aux coopératives de faire le point pour préparer la prochaine saison sylvicole.

Nous avons eu de très bonnes nouvelles cette année parce que le BMMB a retenu plusieurs de nos propositions pour bonifier la grille des taux. Les changements sont intelligents et bien appuyés par l’étude sur les coûts de la sylviculture. Selon nos critères, rien n’est jamais parfait, mais le BMMB a réalisé un excellent travail pour faire évoluer la grille des taux en s’appuyant sur des faits solides.

La rencontre à huis clos des directeurs généraux est également un moment que j’apprécie de plus en plus. Ces directeurs vivent tous une situation semblable en étant à la fois le patron et l’employé des travailleurs membres de la coopérative. Il s’agit d’un travail ingrat et certains se sentent parfois isolés pour l’accomplir.

Le fait de partager le vécu des uns et des autres contribue à mieux faire comprendre la richesse de l’expérience coopérative et ses défis. Les directeurs ont été nombreux à souligner l’apport positif du nouvel outil développé par la FQCF qui s’appelle le Cycle de gestion.

COOPÉRATION ET PARTENARIAT

Les deux derniers faits marquants que je veux souligner sont les conférences présentées respectivement par Richard Lacasse et par le groupe venu raconter le fruit du partenariat entre des communautés en Abitibi.

SOCODEVI s’appuie maintenant sur une longue expérience de soutien à des partenaires du Sud. En implantant ou en renforçant des coopératives et des réseaux de coopératives, SOCODEVI est à même de constater les effets à long terme de ses actions. Plusieurs communautés ont réussi à s’organiser et à pénétrer de nouveaux marchés.

Dans certaines régions, comme la Bolivie, l’implantation d’une nouvelle culture a fait toute une différence pour les membres des coopératives qui n’avaient auparavant jamais cultivé d’origan. Aujourd’hui, ces coopératives exportent dans plusieurs pays.

L’action de SOCODEVI a permis à des coopératives de changer d’échelle en Afrique en créant des liens avec des multinationales pour commercialiser leur cacao. Les photos de Sébastien Émond, pris devant les mêmes arbres à plusieurs moments étalés sur une période de dix-sept ans sont vraiment impressionnantes. En plus, cette vigoureuse croissance, liée à l’introduction de méthodes plus efficaces provenant des coopératives forestières québécoises, a été suivie d’un développement industriel vigoureux.

Enfin, j’ai trouvé émouvante l’expérience de partenariat entre une coopérative traditionnelle et une coopérative de solidarité autochtone et leur communauté. Les différentes étapes exposées faisaient clairement ressortir que la formule coopérative, quand elle est bien comprise et bien encadrée, procure un développement qui crée et partage la richesse. Félicitations!